‹ Le Code catholique, ou, Commentaire du catéchisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal et OttawaChapitre 150 sur 238 · Qu'est-ce qu'un sacrifice · texte numérisé non relu

Qu'est-ce qu'un sacrifice

— Un sacrifice est l'offrande extérieure 'un objet faice à Dieu seul, par un prêtre, vec la destruction ou un changement de et objet, pour reconnaître que Dieu est le réateur et le souverain maître de toutes hoses.

Le sacrifice tient le premier rang dans les ommages que nous devons à Dieu, et a été en onneur parmi les hommes, dès le commenceicnt du monde. Ainsi, nous voyons Abel, Noé, braham, choisir quelque chose, l'offrira Dieu, t le détruire ensuite pour montrer qu'ils le reardaient comme le Maître de la vie et de la lort, et le Souverain Seigneur de toutes cho-es. es offrandes étaient quelquefois des fruits, mais t 1>1 us souvent des animaux.

Lorsque les hommes commencèrent à perdre iconnaissaneedn vrai Dieu et à adorer les idoles, s continuèrent à offrir des sacrifices à ces faux ieux. Très souvent aussi, s'imaginant plaire avantage à ces divinité? fabuleuses, ils pouslient la barbarie jusqu'à leur immoler des vieilles humaines, et même leurs propres enfants. 1s croyaient qu'il y avait un dieu pour chaque :iose : le dieu de la mer, le dieu des vents, le

dieu du tonnerre, le dieu de la guerre, etc. ; et lorsqu'ils s'imaginaient que l'un de ces dieux était irrité contre eux, ils lui offraient des sacrifices pour l'apaiser et se le rendre favorable. Les païens avaient élevé à Rome un temple appelé le Panthéon, ou le temple de tous les dieux, qui renfermait les idoles de tous les dieux qu'ils avaient pu imaginer et inventer. Le peuple d'Athènes craignait tellement de négliger quelque dieu, et d'attirer par là sa colère sur lui, qu'il avait érigé un autel dédié au dieu inconnu. C'est pourquoi, lorsque saint Paul alla prêcher Pévangile dans cette ville païenne et vit cet autel, il dit à ceux qui Pécoutaient : " ayant regardé en passant les statues de vos dieux, j'ai trouvé même un autel sur lequel il est écrit : au dieu inconnu. C'est donc ce Dieu que vous adorez sans le connaître, que je vous annonce. (1) Il leur démontra l'existence d'un seul vrai Dieu, et plusieurs embrassèrent la foi, entre autres saint Denys, sénateur de l'Aréopage, qui devint plus tard le premier évêque de Paris, et fut martyrisé.

Les païens ne plaçaient pas dans leurs temples ces idoles de bois ou de pierre, pour la même raison que nous avons des statues ou des images dans nos églises et nos maisons. Ils croyaient q 1e ces idoles étaient réellement des dieux, et leur offraient des sacrifices. Nous, au contraire, nous savons parfaitement que nos statues et nos images sont façonnées par la main des hommes, n'ont pas de vie, ne sont pas des dieux, et représentent seulement Jésus-Christ, la sainte Vierge

(X) Actes des apôtres, XVII, 23.

:t les Saints. Il y avait dans les environs de érusalem une idole gigantesque, appelée le dieu rtoloch, auquel les parents offraient leurs enfants n sacrifice. Nous savons aussi par l'histoire, que es Indiens qui habitaient l'Amérique lors de sa lecouverte, lançaient, chaque année, du haut des hutes Niagara, un canot monté par une jeune ille choisie parmi les plus jolies, et offerte ainsi n sacrifice au dieu des chutes. Même de nos ours, des sacrifices humains sont encore offerts [ans certaines îles de 1 Océanie, ainsi que dans [uelques régions de l'Asie et de l'Afrique. Les >euples qui adorent les idoles, les animaux ou ['autres choses de ce genre, sont appelés indififéemment païens ou idolâtres.

Les Israélites qui honoraient le vrai Dieu et lui feraient des sacrifices; parce qu'ils savaient par a révélation que telle était sa volonté formelle, ,vaient quatre genres de sacrifices. Le premier tait offert pour adorer Dieu; le second, pour olliciter'le pardon des péchés ; le troisième, pour e remercier des bienfaits reçu3 ; et le quatrième >our lui demander ses grâces. C'est justement >our ces quatre fins principales que nous offrons e saint sacrifice de la messe. Dans les premiers emps les sacrifices étaient offeits par le chef de a famille, -comme fit Noé lorsqu'il sortit de Parhe. Mais lorsque, plus tard, Dieu donna ses ommandements à Moïse, il choisit lui-même les prêtTes chargés du culte divin et de lui offrir les sacrifices. Le premier grand prêtre fut Aaron, e frère de Moïse ; et après lui ses descendants xercèrent les mêmes fonctions. Lorsque Notre- !eigneur vint sur la terre, et substitua aux sarifices de l'ancienne Loi le sacrifice de la nou-

velle Loi, il institua le sacerdoce, chargea ses Apôtres d'offrir ce nouveau sacrifice, et dans la personne des Apôtres, tous leurs successeurs légitimes. Les sacrifices de l'ancienne Loi n'étaient que la figure du sacrifice de la nouvelle Loi, qui devait les remplacer un jour ; et partir du moment où les anciens sacrifices ont été abolis, le sacerdoce ancien a également pris fin.

t 281. — Le sacrifice de la messe est-il le même que le sacrifice de la croix ?

—Oui, le sacrifice de la messe est le même que le sacrifice de la croix.

Les deux sacrifices sont absolument la même chose. La seule différence, comme nous le verrons plus loin, consiste seulement dans la manière de les offrir.

282. Comment le sacrifice de la messe est-il le même que le sacrifice de la croix ?

—Le sacrifice de la messe est le même que le sacrifice de la croix, parce que c'est la même offrande et le même prêtre, Notre-Seigneur Jésus-Christ, et aussi parce que les fins pour lesquelles le sacrifice de la messe est offert, sont les mêmes que celles du sacrifice de la croix.

Sur la croix, l'offrande était le corps et le sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; le sacrificateur était Notre Seigneur ; le sacrifice était offert pour satisfaire à la justice de Dieu pour les péchés des

BtJ SAORiFICE DE LA MESSE. 433

ommes ; et celui â qui il Poffrait était son Père ui est dans les cieux. Il en est de même du acrilice de la messe. L'offrande est le corps et 3 sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ; le sacri- .cateur est Notre-Seigneur lui-même, par le miiistère du prêtre; le sacrifice delà messe est ffert pour satisfaire à la justice de Dieu pour les téchés des hommes ; et celui à qui il est offert st Notre Père qui est dans les cieux. La seule lifférence. c'est que sur la croix, Jésus-Christ 'est offert d'une manière visible et a répandu on sang ; au lieu qu'à la messe il s'y offre sous es espèces ou apparences du pain et du vin et ans répandre son sang.

283.— Pour quelles fins le sacrifice de a messe fut-il offert ?

—Le sacrifice de la messe fut offert : L° pour glorifier Dieu : 2° pour le remer- ;ier de toutes les grâces accordées au nonde entier ; 3° pour satisfaire à la ustice pour les péchés des hommes ; 4° pour obtenir des grâces.

284.— Quelle différence y a-t-il entre les ieux sacrifices de la messe et de la îroix ?

—La seule différence entre les deux sacrifices consiste en ce que, sur la croix, Jésus-Christ s'est offert lui-même en répandant son sang ; au lieu qu'à la messe, 1 s'y offre par le ministère des prêtres 3ans répandre son sang et sans mourir.

285.— Comment la mort de Jésus-Christ sur la croix est-elle représentée dans la messe ?

— La mort de Jésus-Christ sur la croi est représentée dans la messe par la con sécration séparée qui est faite du pain et du vin.

f 286. — Comment devons-nous assister à la messe ?

—Nous devons assister à la messe avec beaucoup de recueillement intérieur, avec une grande piété, et avec toutes les marques extérieures de respect et de dévotion.

Si nous étions admh en la présence d'un empereur, d'un roi ou du Souverain Pontife, nous observerions scrupuleusement le cérémonial de rigueur en pareille circonstance, et nous prendrions bien garde de manquer aux convenances ou au respect que nous lui devons. Nous ne passerions pas le temps de l'audience à promener nos regards à droite et à gauche, mais nous tiendrions les yeux constamment fixés sur le grand personnage qui nous reçoit. Telle devrait être notre tenue à la sainte messe, lorsque nous sommes en présence de Notre- Seigneur Jésus-Christ, le Roi des rois. Il devrait seul absorber toute notre attention. Combien doit lui être désagréable la conduite de certains fidèles en sa présence, qui s'occupent si peu de lui, et qui repartent souvent sans avoir eu pour lui une pensée ou un regard ! Si nous agissions en présence de n'importe quel

►rince de la terre, avec la même désinvolture ue nous agissons quelquefois en présence de ïotre-Seigneur présent sur l'autel, nous serions ertainement éconduits, avec l'intimation de ne )lus jan ais nous présenter. Mais Nctre-Seigneur ndure tout cela avec patience et douceur, bien [u'il ne puisse laisser ce manque de îespect im- >uni, dans ce monde ou dans l'autre. Ce: !, >our cela qu'un grand nombre de personnes )ieuses offrent leurs prières et la sainte commuîion en réparation des insultes et des outrages lue Notre-Seigneur reçoit tous les jours dans la Sainte eucharistie. C'est une des fins principales )our lesquelles ont été fondées certaines assortions, telles que l'Apostolat de la prière, la Ligue du Sacré-Cœur et la Communion répararice. Tous les bons chrétiens doivent s'affilier à quelqu'une de ces associations, ou au moins, aire privément ce que font les membres de ces sociétés.

Sous l'Ancienne Loi le peuple apportait au ,emple les différents dons qu'il désirait faire offrir pour lui par les prêtres. Ces offrandes, aous l'avons déjà dit, étaient quelquefois les prémices des fruits de la terre, mais le plus souvent ies animaux choisis parmi les plus précieux. Dans les premiers âges du Christianisme, les fidèles apportaient également aux prêtres le pain Bt le vin qui devaient être offerts et consacrés à la messe. Aujourd'hui, comme le pain et le vin en usage pour le saint sacrifice de la messe, doivent réunir certaines conditions particulières prescrites par l'Eglise, les prêtres achètent euxmêmes ces chopes, et les fidèles leur donnent un honoraire, fixé par l'Ordinaire de chaque diocèse,

lorsqu'ils demandent une messe à leur intention. Cette légère indemnité en argent n'est pas destinée à payer la messe, mais à pourvoir à l'entretien du prêtre ou à lui permettre de se procurer toutes les choses nécessaires pour célébrer la sainte messe, telles que les cierges, les ornements, les vases sacrés, etc.

La vente ou l'achat d'une chose sainte quelconque, est un péché de simonie, ainsi appelé du nom de Simon le magicien qui, témoin des prodiges opérés sur ceux qui avaient reçu le Saint- Esprit, osa aspirer au pouvoir d;imposer les mains, et présenta de l'argent aux Apôtres en leur disant: " Donnez-moi le pouvoir que vous avez, afin que ceux à qui j'imposerai les mains reçoivent le Saint-Esprit." Il est permis cependant d'acheter et de vendre des objets bénits, tels que chapelets, médailles, etc., pourvu que l'on paie seulement la valeur de ces objets, et que l'on n'ait pas l'intention de vendre ou d'acheter la bénédiction et les indulgences dont ils sont enrichis.

Les fruits du saint sacrifice de la messe, sont au nombre de quatre: Le premier est pour le célébrant lui-même; le second, pour celui à l'intention duquel la messe est dite ; le troisième, pour ceux qui sont présents à la messe, et le quatrième pour tous les fidèles du monde entier.

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