‹ Le Code catholique, ou, Commentaire du catéchisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal et OttawaChapitre 77 sur 238 · Jésus-Christ a-t-il toujours été lomme · texte numérisé non relu

Jésus-Christ a-t-il toujours été lomme

—Non, Jésus-Christ n'a pas toujours été lomme ; il l'est devenu au moment de son incarnation.

t 80.— Qu'entendez- vous par l'Incarnaion?

—L'Incarnation est l'union de la nature lumaine avec la nature divine dans la personne du Fils de Dieu.

t 81.— Comment s'est accompli le mystère de l'Incarnation ?

—Le mystère de l'Incarnation s'est ac- ;ompli dans le sein de la Bienheureuse Vierge Marie par l'opération du Saintïîsprit, c'est-à-dire par un miracle de la ioute-puissance divine.

t 82.— Pourquoi le Fils de Dieu s'est-il ait homme ?

—Le Fils de Dieu s'est fait homme pour ious racheter de l'esclavage du péché, lious délivrer des peines de l'enfer et nous aériter la vie éternelle.

83.— Le Fils de Dieu s'est-il fait homme nmédiatement après le péché de nos premiers parents ?

Non, il leur fut alors seulement promis omme Rédempteur.

Dieu n'avait pas dit à Adam à quelle époqu< viendrait le Rédempteur, et il s'écoula enviror 4000 ans entre sa venue et la promesse qui er avait été faite. Dieu laissa écouler ce long espac< de temps, afin que le genre humain pût sentir el comprendre combien grand est le péché, et queh maux innombrables il apporta sur la terre Pendant 4000 ans les hommes ne firent qu'empirer graduellement. Il vint même un temps,— environ 1600 ans après le péché d'Adam, — où ils étaient devenus si méchants, que Dieu les extermina par le déluge avec tous les êtres vivanl sur la terre, à l'exception de Noé, sa femme, ses trois fils et leurs femmes, et les animaux qu'il* firent entrer avec eux dans l'arche. (1)

Laissez-moi vous donner quelques détails sui ce terrible châtiment. Lorsque Dieu, par suite d( la méchanceté des hommes, eût pris la résolu tion de détruire tout ce qui vivait sur la terre, i] ordonna à Noé de bâtir une arche immense or bâtiment, pour lui-même, sa famille et un couple de tous les animaux de la terre. (2) Lorsque l'arche fut construite, Noé y entra avec se famille et un couple de tous les animaux que Dieu voulait sauver. Outre ces animaux, No< reçut l'ordre de faire entrer de plus, cinq indi vidus de chaque espèce d'animaux purs. Ur animal pur, suivant la loi de Dieu, était ui animal qui pouvait être mangé ou offert en sa crifice, comme le bœuf, le mouton, la chèvre, etc Il y avait donc dans l'arche sept animaux pur

(1) Genèse xi.

(2) Genèse vu.

de chaque espèce, et deux des autres espèces. Pourquoi sept animaux purs ? Pour en mettre deux en liberté avec les autres animaux quand la terre serait devenue sèche, et les cinq autres, pour servir de nourriture et être offerts en sacrifice. Noé mit cent ans à bâtir l'arche. Les hommes, à cette époque, atteignaient un âge beaucoup plus avancé qu'aujourd'hui. Adam vécut au-delà de 900 ans, et Mathusalem,le plus vieux de tous, avait 969 ans lorsqu'il mourut. Lorque la porte de l'arche fut fermée, Dieu fit pleuvoir pendant quarante jours et quarante nuits. Toutes les sources d'eau furent rompues et les rivières et les lacs débordèrent. Les hommes couraient çà et là vers les endroits élevés, niais l'eau montant toujours, couvrit le sommet des plus hautes montagne.*, et tout ce qui n'étaitpas dans l'arche fut noyé. L'arche demeura sur les eaux pendant une année environ ; car quoique la pluie eût cessé au bout de quarante jours, il est facile de s'imaginer la quantité d'eau qui était tombée. S'il pleuvait pendant tout le temps du carême, depuis le Mercredi des Cendres jusqu'à Pâques,— quarante jours, — l'eau ne baisserait et ne disparaîtrait qu'après un long espace de temps. Lorsque les eaux commencèrent à baisser, Noé voulant connaître si la terre était découverte quelque part, ouvrit une petite fenêtre et lâcha un corbeau qui ne revint pas. Cet oiseau qui se nourrit de chair, trouva des cadavres en quantité suffisante pour sa nourri- 'ture. Noé fit alors sortir une colombe qui revint javec un rameau d'olivier dans le bec. Noé connut par ce fait que la terre était devenue sèche. Quelques jours plus tard, l'arche s'arrêta sur 1©

sommet du mont Ararat, en Arménie. Lorsque les eaux eurent complètement disparu, Noé, sr famille et tous les animaux sortirent de l'arche Il offrit un sacrifice d'actions de grâces et s'éta blit de nouveau sur la terre avec sa famille Pendant quelque temps les descendants de Noé restèrent bons, mais lorsqu'ils furent nombreux, ils oublièrent le châtiment du déluge et rede vinrent méchants. Un grand nombre oublièrent complètement le vrai Dieu et commencèrent à adorer le soleil, la lune et les étoiles. D'autres rendirent un culte aux animaux et à des idoles de bois ou de pierre. Ils offrirent en sacrifice des victimes humaines et commirent tous les péchés les plus désagréables à Dieu. Beaucoup étaient esclaves, les maîtres étaient cruels, et les choses allèrent chaque jour de mal en pis jusqu'à la venue de Notre-Seigneur, époque à laquelle le monde était plongé dans un terrible abîme de misères et de péchés. Les législateurs essayèrent de remédier au mal par des lois, et les professeurs, par l'enseignement, mais tout fut inutile ; Dieu seul pouvait sauver le monde.

Dieu avait promis plusieurs fois irn Rédempteur. La première promesse avait éV*. faite à nos premiers parents dans le Paradis ter? estre. Dieu avait dit au serpent : "Je mettrai l'inimitié entre toi et la femme,1' (1) c'est-à-dire, ent 'e le démon ei la Bienheureuse Vierge, que les Êkintes Ecri« tures appellent la seconde Eve ; j*arceque, de même que la première Eve a été la cause de notre perte, la seconde Eve nous a hidés à noua relever. La seconde promesse frt faite à

(1) Genèse m, 15,

Abraham. (1) Une troisième fut faite à Isaac, et une dernière à Jacob ; et plus tard les prophètes renouvelèrent fréquemment ces promesses, de sorte que pendant ces 4000 ans écoulés depuis le commencement du monde, Dieu encouragea les bons en leur rappelant de temps en temps la promesse d'un Rédempteur.

Quelques-uns des prophètes annoncèrent à l'avance le nom de la famille à laquelle il appartiendrait, le temps de sa naissance, la nature des souffrances qu'il devait endurer, la date et le genre de mort qu'il subirait. Ils annoncèrent aussi les signes qui devaient se manifester au moment de l'avènement du Messie,. (2) pour que les peuples pussent connaître que les temps du Messie étaient arrivés. Aussi, à l'avènement de Notre-Se;gneur, le monde était dans l'attente du Rédempteur promis, parceque les signes prédits étaient apparus ou apparaissaient au moment même. Mais la plupart ne reconnurent pas Notre-Seigneur au moment de sa venue sur la terre, parcequ'il naquit dans la pauvreté et la plus extrême abjection. Les hommes s'attendaient à voir venir le Rédempteur dans un appareil plus magnifique que la gloire de Salomon, et ils se trompaient en cela. S'ils avaient étudié ou compris les Saintes Ecritures, ils auraient su qu'il devait naître pauvre et humble.

84. Comment ceux qui vivaient avant l'Incarration du Fils de Dieu ont-ils pu se sauver ?

(1) G-'nèse xv.

(2) Genèse, xlix, 10.

168 LE CODE CATHOLIQNE.

—Ceux qui vivaient avant l'Incarnation du Fils de Dieu ont pu se sauver par la foi au Rédempteur à venir, et par l'observation de la foi naturelle écrite dans leur cœur, avec la grâce accordée en vue du Rédempteur futur.

Nous avons dit que Dieu avait promis le Rédempteur pendant quatre mille ans. Ceux qui croyaient à ces promesses, qui observaient tous les commandements de Dieu, qui obéissaient à ses lois en autant qu'il les connaissaient, pouvaient être sauvés. Ils ne pouvaient, à la vérité, entrer dans le ciel immédiatement après leur mort ; mais ils attendaient dans les Limbes, sans souffrances, jusqu'à ce que Notre-Seigneur leur en eût ouvert les portes. Ils étaient sauvés seulement par les mérites de Notre-Seigneur.

Mais comment cela pouvait-il se faire, puisque Notre-Seigneur n'était pas encore né ?

On sait ce que c'est qu'un billet promissoire. Lorsqu'un homme est incapable de payer actuellement ses dettes, et qu'il pense devenir capable de le faire plus tard, il donne à ses créanciers un billet promissoire, c'est-à-dire une promesse écrite de les payer dans un temps fixé. Ainsi, ceux qui mouraient avant la naissance de Notre-Seigneur, avaient la promesse faite par les Saintes Ecritures que le Christ paierait pour eux et leurs péchés lorsqu'il viendrait sur la terre. Dieu les sauvait à raison de cette promesse et les délivrait de toute souffrance jusqu'à l'arrivée de Notre-Seigneur. Si quelqu'un mourait dans sa première enfance, les parents répondaient pour lui, comme aujourd'hui les parrains et marraines répondent pour les enfants au baptême.

t 85. Quel jour le Fils de Dieu s'est-il fait homme ?

— Le Fils de Dieu s'est fait homme dans le sein de la Bienheureuse Vierge Marie, à Nazareth, le jour de l'Annonciation, lorsque l'archange Gabriel annonça à la Sainte Vierge qu'elle serait mère de Dieu.

Le jour de l'Annonciation tombe le 25 mars. Il est aisé de se rappeler cette fête. Tout le monde connaît la fête de saint Patrice, qui tombe le 17 mars, huit jours avant l'Annonciation. Il y a encore une autre fête qui se trouve entre les deux précédentes, c'est celle de saint Joseph, le 19 mars. Il est donc aisé de se rappeler que ces trois fêtes se rencontrent presque à la même date dans le mois de mars. Annonciation est le nom donné à ce jour après que l'ange fût venu, mais il n'était pas appelé ainsi avant cet événement. Annonciation signifie : dire ou faire connaître, et c'est le jour où l'ange fit connaître à la Bienheureuse Vierge Marie qu'elle avait été appelée à l'honneur insigne d'être la mère de Dieu. La sainte Vierge attendait le Messie et priait probablement pour hâter sa venue comme le reste de son peuple, lorsque l'ange se présenta tout-àcoup et lui dit: Je vous salue pleine de grâces. Nazareth est une petite ville de la Galilée où séjourna Notre-Seigneur pendant les premières années de sa vie, et c'est pourquoi on l'appelle quelquefois Jésus de Nazareth. A l'endroit où, suivant la' tradition non interrompue, l'ange Gabriel apparut à Marie pour lui annoncer qu'elle serait la mère du Sauveur, il y a une

église catholique dite de l'Annonciation, et les Franciscains ont une chapelle sur l'emplacement de la maison qui servait d'atelier à saint Joseph.

t 86.— Quel jour Notre-Seigneur est-il ne?

—Jésus-Christ est né le jour de Noël, à Bethléem, dans une étable.

Le jour de Noël tombe le 25 décembre, une semaine avant le jour de l'an. On l'appelle ainsi depuis la naissance de Notre-Seigneur, c'est-àdire depuis bientôt dix-neuf cents ans.

L'histoire de la naissance de Notre-Seigneur est bien triste à tous les points de vue. La sainte Vierge et saint Joseph demeuraient en Palestine, qui est aussi appelée la Terre-Sainte depuis que Notre-Seigneur y a vécu. La Palestine était alors habitée par les Juifs, qui étaient le peuple de Dieu ; et à l'époque dont nous parlons, elle était sous la domination des empereurs romains qui y envoyaient leurs soldats et leurs gouverneurs. L'empereur d'alors désirant connaître le nombre de ceux qui l'habitaient, ordonna d'en faire le recensement (1). Aujourd'hui le recensement se fait d'une manière qui diffère beaucoup de celle d'autrefois. Le gouvernement autorise certaines personnes à aller de maison en maison pour inscrire les noms ; mais en Palestine, chacun était obligé, quelque fût l'endroit où il demeurât, de se rendre à la ville où ses ancêtres

(1) S. Luc, il.

avaient vécu, et d'y enregistrer son nom avec ceux de sa famille ou de sa tribu. Comme les aïeux de saint Joseph et de la sainte Vierge appartenaient à la petite ville de Bethléem, ils durent quitter Nazareth, où ils vivaient alors, pour se rendre à Bethléem. Ceci se passait peu de temps avant Noël. Lorsqu'ils arrivèrent à Bethléem, trouvant la place remplie de gens venus pour inscrire leurs noms, ils allèrent à l'hôtellerie pour y passer la nuit. Les hôtels de ce temps ne ressemblaient pas aux nôtres : c'étaient simplement de larges constructions contenant de petites chambres sans ameublement, et appelées caravansérails. Ces hôtels étaient sous les soins d'une personne qui, moyennant paiement, accordait l'usage d'une chambrette. On n'y vendait aucunes provisions, et les voyageurs, avant leur départ, devaient faire cuire et apporter avec eux tout ce qui leur était nécessaire. Lorsque la sainte Vierge et saint Joseph se présentèrent, ils trouvèrent toutes les chambres de l'hôtellerie occupées, et parcoururent toutes les rues de la ville pour trouver un endroit où passer la nuit. Mais, chose triste à dire, ils frappèrent en vain à toutes les portes et personne ne voulut les recevoir; saint Joseph était vieux et pauvre, et n'avait pas d'argent ou n'en avait pas suffisamment pour payer son logement. Que faire ? Il commençait à faire nuit ; la petite ville de Bethléem allait bientôt être plongée dans les ténèbres, et voir fermer ses portes. On sait que les anciennes villes ne ressemblaient guère à la plupart de nos cités modernes, qui s'étendent en dehors de leurs limites légales, envahissent les campagnes avoisinantes,et qu'elles

étaient généralement entourées, comme la cité de Québec, de murailles destinées à les protéger contre l'ennemi.

Le peuple entrait dans la ville par de larges portes, fermées et gardées soigneusement pendant la nuit. Presque tout le monde résidait dans l'enceinte des murs, et la campagne était solitaire et à peu près déserte ; les bergers seuls y séjournaient sous des tentes qu'ils transportaient de place en place, comme les soldats en temps de guerre.

Telle était la campagne des environs de Bethléem. Saint Joseph et la sainte Vierge ne pouvant trouver un asile dans la ville, durent donc en sortir et gagner la campagne. Il est permis de supposer qu'ils furent en proie à une légitime fraveur, car les environs de Bethléem étaient infestés de loups et d'animaux sauvages tellement féroces, qu'il leur arrivait quelquefois de pénétrer dans les villes et d'attaquer les habitants dans les rues. Il y avait, de plus, des bandes de voleurs qui rôdaient constamment, épiant le moment de faire quelque victime.

La Palestine est un pays montagneux, et il y avait dans le flanc de quelques-unes de ses montagnes de profondes cavernes où les voleurs allaient se réfugier et partager leur butin. Comme les bergers s'y réfugiaient quelquefois avec leurs animaux, surtout lorsque le temps était mauvais, on leur donnait le nom d'étables. C'est dans une de ces étables froides et obscures, où le sainte Vierge et saint Joseph étaient entrés pour y passer la nuit, que naquit Notre-Seigneur.

Comme on était alors en décembre, l'Enfant- Jésus dut souffrir beaucoup du froid. Si cette

étable, du moins, avait été confortable comme celés que nous voyons de nos jours; mais loin de la, eJ e était froide, noire et misérable, et celui auquelelleservit.de berceau était Notre-Seicmeur le Roi du ciel et de la terre. Il se rencontre rarement des gens assez pauvres pour être réduits ^ vivre dans des cavernes, et l'on doit par conséquent admirer l'incomparable humilité de JNotre-Seigneui. Il aurait pu naître, s'il l'eût voulu, dans un de ces somptueux palais bâtis par la main des hommes, et avoir à son service les milliers d'anges qui sont ses serviteurs dans le ciel, mais il a préféré une naissance humble et obscure pour nous servir d'exemple. Quelle impression cette manière d'agir ne doit-elle pas faire suri esprit de ceux qui ont trop d'amour pour la toilette et déploient trop de luxe dans i aménagement de leurs maisons !

Les prophètes avaient annoncé que Notre- Seigneur naîtrait à Bethléem. Cependant ses parents demeuraient encore à Nazareth à la veille de ce grand événement.

C'est alors que l'empereur romain publia un décret ordonnant un recensement général oui obligea les parents de Notre-Seigneur à se rendre a Bethléem où Notre-Seigneur vint au monde conformément aux prédictions des prophètes qui se trouvèrent ainsi recevoir leur accomplissement. On voit, par là, comment Dieu dispose toutes choses pour l'accomplissement de ses desseins, et comme il procède en tout par des voies naturelles. Tout le monde, et l'empereur luimême ignorait que cet édit concourait à l'accomplissement des prophéties et des promesses le Dieu. C est ainsi qu'il arrive souvent que les

hommes travaillent, sans le savoir, à la réalisation des desseins de Dieu. Nous ne devrions donc jamais nous plaindre, ni travailler avec répugnance, quelle que soit notre tâche, puisque notre travail peut être voulu par Dieu pour une fin toute spéciale. Si nous examinons le passé, nous pouvons constater que Dieu nous a guidés et dirigés en beaucoup d'occasions.

Lorsque Jésus fut né à Bethléem, des Mages vinrent de l'Est, — peut-être de la Perse ou de l'Arabie, — pour l'adorer. Guidés par une étoile, ils quittèrent leur pays et se rendirent en Palestine. Arrivés à Jérusalem, ils allèrent trouver le roi Hérode, et lui demandèrent où était né le nouveau roi des Juifs. Hérode, troublé, parcequ'il craignait d'être détrôné par ce nouveau roi, convoqua les princes des prêtres et s'enquit d'eux où devait naître le Christ. Ceux-ci lui répondirent que, selon les prophéties, le Sauveur devait naître à Bethléem.

Les Mages virent briller l'étoile de nouveau, et ils la suivirent jusqu'à Bethléem, où elle s'arrêta au dessus de l'étable dans laquelle était né Notre- Seigneur. Ils entrèrent, adorèrent l'Enfant- Jésus et lui offrirent des présents. Hérode leur avait recommandé, aussitôt qu'ils auraient trouvé le Roi nouveau-né, de retourner le voir pour l'«l informer afin qu'il pût aller lui-même l'adorer. Telle n'était pas son intention ; il ne voulait pas l'adorer, mais le faire mourir. Les méchants prétendent quelquefois vouloir faire le bien, mais c'est seulement pour tromper et séduire, et noua devons toujours être sur nos gardes lorsque nous suspectons avec raison la droiture de leurs intentions. Cependant Dieu qui connaît ce qui

se passe dans le cœur des hommes ne pouvait être trompé, et il avertit les Mages de ne pas retourner vers Hérode, mais de s'en aller dans leur pays pas un autre chemin : ce qu'ils firent. Le jour où les Mages adorèrent l'Enfant-Jésus, est fêté le jour de l' Epiphanie (six jours après le jour de l'an). Voyant que les Mages ne revenaient pas auprès de lui, Hérode comprit qu'ils l'avaient trompé. Il entra donc dans une grande colère, et pour être sûr de faire mourir l'Enfant- Jésus, il ordonna de massacrer tous les enfants de deux ans et au dessous, qui se trouvaient à Bethléem et dans les environs. Ces premiers martyrs sont honorés le jour de la fête des saints Innocent* — trois jours après Noël.

Après le départ des Mages, Dieu envoya un ange à saint Joseph pour l'avertir des desseins criminels d 'Hérode et lui dire de s'enfuir en Egypte avec Jésus et Marie. Saint Joseph partit donc immédiatement pour l'Egypte avec la sainte Vierge et l'Enfant- Jésus, sans demander à l'ange combien de temps il devait y demeurer, et sans même demander la permission de différer son départ jusqu'au mutin. Il obéit sur le champ, se ileva dans la nuit et partit immédiatement, nous donnant par là un grand exemple d'obéissance. |Us durent éprouver beaucoup de fatigue le long de la route, souffrir de la faim, du froid, etc. N'osnnt pas suivre les meilleure? routes, puisqu'ils devaient supposer qu'Hérode y avait placé des gardes pour arrêter ceux qui tenteraient de s'échapper, ils durent prendre le chemin le plus difficile et le plus long. Ils se trouvèrent en Egypte au milieu d'étrangers, et il était très difficile à un pauvre vieux charpentier comme saint

Joseph d'y trouver de l'ouvrage ; aussi la Sainte Famille dût-elle, parfois, manquer du nécessaire. Ils demeurèrent sept ans en Egypte, et retournèrent à Nazareth après la mort d'Hérode. (1)

A l'âge de douze ans, Jésus accompagna ses parents à Jérusalem, à l'occasion de la fête de Pâques. (2)

Il retourna ensuite à Nazareth, et pendant une période de dix-huit ans. —appelée sa vie cachée, — on n'entendit point parler de lui. Il est probable qu'il travailla comme charpentier dans la boutique de saint Joseph, son père nourricier.

A l'âge de trente ans, (3) Notre-Seigneur commença sa vie publique, c'est-à-dire sa prédication, ses miracles, etc. Elle dura un peu plus de trois ans, et se termina par sa mort sur le Calvaire.

87.— Pourquoi Jésus-Christ passa-t-il trente-trois ans sur la terre ?

— Jésus-Christ passa trente -trois ans sur la terre pour nous montrer le chemin du ciel par ses exemples et par ses enseignements, et nous mériter des grâces.

Jésus-Christ a passé par tous les âges de la vie, afin que chacun pût avoir un modèle ; il a été enfant, adolescent, puis, homme mûr. Il n'est pas devenu vieux pour servir d'exemple aux vieillards, parce que si les hommes l'imitent dans

(1) S. Mfttt., II.

(2) S. Luc, II, 42.

(3) S. Luo, III, 23.

leur jeunesse et leur âge mûr, ils seront bons chrétiens dans leur vieillesse. Le temps de la jeunesse est le temps le plus important pour apprendre à bien faire. Si vous voulez qu'un arbre pousse droit, vous devez le maintenir droit lorsqu'il n'est encore qu'un faible arbuste. On ne peut redresser un chêne quia penché en grandissant. Ainsi on doit apprendre à bien faire dans sa jeunesse, si on veut faire bien dans sa vieillesse. Comme nous l'avons dit, nous ne connaissons rien de la vie cachée ou privée de Notre- Seigneur, si ce n'est qu'il fût soumis à ses parents, parcequ'il voulait donner un exemple à ces pieux chrétiens qui vivent retirés du monde et mènent une vie cachée. Certains auteurs ont raconté ce que Notre-Seigneur avait fait à l'école, mais ces histoires sont romanesques, et tout ce que nous connaissons de Notre-Seigneur nous vient de la Sainte Ecriture, des enseignements de l'Eglise et des révélations que Dieu a faites aux saints. Nous devons donc nous rappeler que l'exemple est le meilleur des enseignements, et bien surveiller notre conduite extérieure.

Page 1