‹ Le code civil commenté à l'usage du clergé, dans ses rapports avec la théologie morale, le droit canon et l'économie politique (volume 2)Chapitre 7 sur 66 · VIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AVANT-PROPOS

« La connaissance des choses divines et humaines, la science du juste et de l'injuste. » Jurisprudentia est divinarum atque humanm^'uni rerunn notitia, justi atque injusti scientia (1).

S'il existe parfois quelques divergences entre les appréciations du Droit religieux et celles du Droit civil, cela vient uniquement de ce que la jurisprudence théologique, ayant pouvoir de scruter les consciences, y saisit l'acte jusque dans la pensée et l'intention de son auteur, pour le poser en face de la Loi éternelle de justice : c'est le for intérieur. Au contraire, la jurisprudence humaine est réduite à prendre l'homme à l'extérieur: elle n'a d'empire que sur ses actions externes ; c'est le for extérieur : elle doit, d'ordinaire, dans ses jugements, se baser uniquement sur des preuves et des présomptions qui peuvent ne pas être valables au for intérieur.

Enfin, on admet généralement, qu'en cas de silence de la loi, le magistrat doit se guider, dans la décision des procès, par des considérations d'équité naturelle. Mais on sait combien l'équité humaine est fragile. Au contraire, l'avocat et le juge qui se seront inspirés des grandes règles de la Théologie morale , auront pour leurs décisions à rendre d'après l'équité, une base inébranlable.

Il est donc nécessaire pour les hommes de loi, soucieux de leur religion, de connaître toutes les règles essentielles du Droit canonique dans les matières où elles sont en relation a^ec le Droit civil, ainsi que les solutions données par la Théologie morale aux questions de conscience que soulèvent bien des articles du Gode civil.

III. Il nous reste maintenant à dire quel plan nous avons suivi pour reprendre l'œuvre de Mgr Gousset.

(2) Justinlen, inttUute$, 1. 1, g i. - Cf. Ulpien, lO, 8 2, D., i, i.

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