‹ Le cœur de Jésus; ascétisme et littératureChapitre 134 sur 306 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

L'apostolat de la prière en union avec les cœurs de Jésus et de Marie.

Qui non zelat non amat.

(S. Augustin.)

I. Il y a deux genres d'apostolat : le premier est celui de la parole, qui a fait l'occupation de notre divin Maître durant les trois années de sa vie publique, et que ses ministres continuent d'exercer en son nom ; le second est celui de la prière, auquel notre divin Sauveur a exclusivement consacré les trente premières années de sa vie mortelle , et qu'il continue encore dans sa vie glorieuse au ciel, ainsi que dans sa vie de sacrifice au saint tabernacle. Ce dernier apostolat, d'où le premier tire son efficacité, fut celui de la sainte Vierge , de saint Joseph, et de cette foule innombrable d'âmes cachées aux yeux des hommes, mais puissantes auprès de Dieu, qui n'ont pas moins fait pour la défense de l'Église et le salut des hommes, que tous les docteurs par leurs écrits, et tous les prédicateurs par leur éloquence. L'apostolat de la prière appelle donc tous les chrétiens à s'unir à cette vie in»

time, à cet apostolat divin du sacré cœur de Jésus et du oœur immaculé de Marie ; il les appelle à prendre une part active aux luttes de l’Église, aux travaux des ministres du Seigneur, h la grande œuvre de la Providence , au salut des âmes ; il les appelle enfin à raviver au sein des sociétés l’élément vitaj. de la foi , et à faire descendre les lumières et les grâces du ciel sur tant de nations encore assises dans l’ombre de la mort.

U. Cet apostolat de la prière peut s’exercer continuellement, puisque , selon le grand Apôtre, nous devons prier sans interruption. Celui-là prie toujours , dit saint Basile, qui fait bien toutes ses actions . Nous adressons donc à Dieu une excellente prière 9 lorsque nous rapportons à son honneur et à sa gloire nos actions même les plus indifférentes . A plus forte raison devonsnous donner le nom de prière à nos exercices de piété, à nos saints désirs , à nos sacrifices , à notre constance dans la correction de nos défauts et en générai à toute pratique de vertu.

III. Le Vén. P. de la Colombière, ce guide si expérimenté dans les voies spirituelles, a laissé une touchante instruction sur la pratique et les merveilleux effets de l’apostolat de la prière , dans son éloquent et pieux sermon sur la Pentecôte. « Tout chrétien, dit-il d'après saint Chrysostome, doit être dans le monde comme un levain qui échauffe, qui dilate, qui donne une nouvelle forme à toute la masse où il est mêlé. Mais un chrétien, ajoute-t-il, qui a reçu le Saint- Esprit s’acquitte comme naturellement de ce devoir. Tous ses discours, tous ses entretiens sont édifiants. Tout prêche en lui, son air, ses habits, son maintien, son silence; il prêche par son aumône, par son assiduité et par sa modestie dans les églises. Il prêche per les, ferventes prières

LE OECE DB JÉJüS.

qu’il offre à Dieu pour la conversion des pécheurs et pour la persévérance des justes : par là il fait quelquefois plus de fruit que tous les prédicateurs ensemble ; mais c’est souvent à ses prières secrètes qu’est dû tout le fruit qu’on attribue aux plus célèbres prédicateurs. »

Il fut révélé à sainte Térèse que ses seules prières avaient converti plusieurs milliers d’indiens.

IV. Dans la pratique de l’apostolat de la prière , on pourra distribuer ses intentions d’après la méthode indiquée dans le cours de ce chapitre. Le divin cœur de Jésus, dans sa tendresse pour son Église et pour les âmes rachetées par son sang, vous désigne à chaque paragraphe un objet spécial de sa sollicitude, et vous invite à vous unir à lui ainsi qu’à sa sainte Mère, afin de fléchir son Père céleste. Prenez part à ses sentiments d’amour et de zèle, et rendez-vous à ses vœnx en coopérant à son mystérieux apostolat. Puisse ce pieux exercice donner plus de ferveur à nos prières, plus d’élan à nos saint» désirs, et une direction surnaturelle à toutes nos actions. Rappelons-nous surtout, pour stimuler notre zèle, cette consolante parole de saint Augustin : « Salvasti animant , prcedestinasti tuam; en sauvant une âme, vous avez assuré la prédestination de la vôtre. »

1" Intention : souverain pontife et clergé.

Jésus, -a Mon enfant, si vous avez de l’amour pour moi, vous vous unirez à mon cœur très-aimant et au cœur immaculé de ma tendre Mère, afin d’obtenir de Dieu, pour te souverain Pontife, les évêques, les missionnaires et tout le clergé, les grâces abondantes qui leur sont si nécessaires dans leur sublime vocation.

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