‹ Le cœur de Jésus; ascétisme et littératureChapitre 185 sur 306 · LA FLAMME ARDENTE · texte numérisé non relu

LA FLAMME ARDENTE

Quis illad cor lam valneratam non diligat ? quis tam amantem non redamet ?

(In Vinea mystica, attribuée 11 S. Bernard.)

Un jour que j'étais devant le saint sacrement , dit la vénérable Marguerite-Marie... Jésus-Christ mon divin Maître se présenta à moi tout éclatant de joie , avec cinq plaies brillantes comme cinq soleils. De son humanité sacrée sortaient des flammes de toutes parts, mais surtout de son adorable poitrine, qui ressemblait à une fournaise. Au milieu de cette fournaise ardente, il jne fit voir son tout aimable cœur, qui était la source de ces flammes. Ce fut alors qu'il me découvrit

les merveilles inexplicables de son amour, et jusqu'à quel excès il l'avait porté , en aimant les hommes dont il ne recevait que de la méconnaissance et des ingratitudes : a C'est là, dit-il, ce qui m'est plus sensible que tout ce que j'ai souffert dans ma passion; d'autant que s'ils rendaient du retour à mon amour, je compterais pour peu de chose tout ce que j'ai fait pour eux , et je voudrais , s'il se pouvait, faire encore davantage. Mais ils n’ont que des froideurs et du rebut pour tous mes empressements à leur faire du bien. Du moins , ajouta-t-il, donne-moi ce plaisir de suppléer à leur ingratitude autant que tu pourras en être capable. » Je lui remontrai alors mon impuissance. A quoi il répondit : «Tiens, voilà de quoi suppléer à tout ce qui te manque; x> et en même temps son divin cœur s'étant ouvert, il en sortit une flamme si ardente, que je pensai en devoir être consumée. J'en fus toute pénétrée, et ne pouvant la soutenir , je lui demandai d'avoir pitié de ma faiblesse. «Je serai taiorce, dit-il, ne crains rien,

mais sois attentive à ce que je te demande Premièrement,

tu me recevras dans le saint sacrement autant de fois que l'obéissance te le permettra... Tu communieras de plus tous les premiers vendredis de chaque mois; et toutes les nuits du jeudi au vendredi, je te ferai participer à cette mortelle tristesse que j'ai bien voulu ressentir au jardin des Olives. » ( Écrits de la Vén. Marguerite- Marie. )

Hélas! pour tant d’amour épanché sur le monde Où trouves-tu, Seigneur, un cœur qui te réponde?...

Où sont ceux qui t’aiment, Seigneur?

La foule te délaisse ou te jette l’outrage ,

Et ton cœur insulté la bénit au passage,

Tout en pleurant sur son malheur.

(Etch*vjïbiiy, S. J., la Lyre angélique)

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