‹ Le cœur de Jésus; ascétisme et littératureChapitre 220 sur 306 · UNE CHRONIQUE FRANCISCAINE · texte numérisé non relu

UNE CHRONIQUE FRANCISCAINE

Quand il voit mon Urne en langueur,

Et que quelque mal l'endommage,

Il la remet en sa vigueur,

Et me restaure le courage.

(S. Franç. de Salss.)

On lit dans les chroniques de Tordre de Saint-François, qu'un homme de qualité se fit religieux dans un monastère de Tordre; mais , que ne pouvant s’habituer à Tabsence des biens et des plaisirs qu'il avait quittés, il résolut de reprendre les livrées du siècle. Sa tentation fut si violente qu'aucune considération ne put le faire changer de sentiment. Toutefois ses yeux étant tombés sur un crucifix placé dans un lieu par où il passait en se retirant, il se mit à genoux pour implorer la miséricorde du Sauveur. Il n'eut pas plutôt achevé sa prière

Cor Jesu miserorum præsidium, miserefe nobis.

Cor Jesu pro peccatoribus semper sollicitura, miserere nobis.

Cor Jesu afflictorum solatium?

miserere nobis.

Cor Jesu charitas immensa , miserere nobis.

Cor Jesu pro tuis inimicis patientiæ plénum, miser, nobis.

Cor Jesu amicis tuis ûdelissimum, miserere nobis.

Cor Jesu humilitatis et dulcedi* nis exerapiar, miser, nobis.

Agnus Dei , etc.

qu'il se sentit élevé en oraison jusqu'à l'extase. Notre-Seignem* lui apparut accompagné de sa bienheureuse Mère et lui adressa ces paroles : « Mon fils , pourquoi abandonnez* vous votre sainte vocation? — Seigneur, répondit-il avec franchise, accoutumé à vivre délicatement, je ne puis supporter l'austérité de la règle. » Alors le divin Sauveur, lui montrant la blessure de son coté, le consola, et lui dit: «Portez ici votre main, mon fils, et marquez-la du sang qui découle de ma plaie divine ; vous trouverez que toutes choses vous Seront aisées, quelques difficiles qu'elles paraissent d'abord à vos yeux. » Le novice obéit : depuis lors, quand la tentation ou le dégoût assiégeait son âme, il Considérait en esprit la passion du Fils de Dieu et l'amoureuse plaie de son cœur , et par la vertu de cette contemplation toutes ses peines se transformaient en délices. ( Chron 2e part.,1. IV. )

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