‹ Le cœur de Jésus; ascétisme et littératureChapitre 237 sur 306 · LH CŒUR DG JÈ8DS · texte numérisé non relu

LH CŒUR DG JÈ8DS

Qui quondam patrio lapsus ad æthere, Terras incoluit, nunc solio sedens ;

De nostris vel adkuc pectoribus créât Oordi delicias suo,

O cor perpetuis ignibus æstuans !

O cor perpetuis fontibus affluens !

Tu semper rénovas justitiæ sacram ,

Tu semper satias sitim.

Kt nos divus amor quos sibi consecrat, Gens ingrata Deo, friglda pectora,

Quid torpemus? iners cur retinet teporî Urget flammea charitas.

Sitlaus summa Patri , summaque Filio , Sit par, aime, tibi gloria, Spiritus,

Qui subjecta moves pectora, mutuas Da Christo référant vices.

Amen.

( EX BREVIAR. PARISIENS. )

Quæ latus Jesu cruenta Perforavit lancea,

Dives hæc nobis reclusit Pectoris sacrarium :

Orbis occurrat, salutis En patescit ostium.

Non, ut olim monte sancto, Hic Deus nos territat :

Inter ignés non minatur.

fiXGONDI PARTIS.

Jadis il descendit de son trône céleste pour converser avec nous sur la terre, et, maintenant , il règne dans la gloire. Mais jusque dans le sein de la félicité, nos cœurs font encore ses délices.

O cœur de Jésus ! fournaise toujours embrasée de l’amour le plus ardent ! O cœur de Jésus , source abondante qui ne tarit jamais; sans cesse vous renouvelez dans nos cœurs la soif divine de la justice, et sans cesse vous l’étanchez.

Et nous, que son, amour s’est lui-même consacrés, peuple ingrat! cœurs glacés! d’où nous vient cette langueur mortelle, cette tiédeur et cette insensibilité, alors que les ardeurs de la divine charité nous pressent de toutes parts?

Gloire souveraine au Père et au Fils; qu’une même gloire vous soit rendue, ô Esprit-Saint. Maître suprême des cœurs, soumettez les nôtres à vos douces impressions, et faites qu’ils rendent à Jésus-Christ amour pour amour.

Ainsi soit-il.

Le fer meurtrier qui perça le côté de Jésus, nous a dévoilé le riche sanctuaire de son cœiir; que l’univers accoure, car la porte du salut est ouverte.

Ici Dieu ne se montre pas terrible comme sur le mont Sinaï ; il ne menace pas au milieu des foudres et des éclairs; il est tout charité ; son cœur ne respire que l’amour le plus

Totns ecce chantas :

Spirat almum cor amorem, Gordis exposcens vices.

H inc fluunl torrentis instar Gratiarum flumina :

Hic salus ægris paratur, Flentibus solatium ;

Hic laborans snblevatur,

Hic beatus indigus.

Surge, quid rens moraris Hic thronus clementiæ; Voce cor Jesu diserta Orat indulgentiam :

Tela Natus jam vibrantem Patris exarmat manum.

Vana ne fiant amoris Tam stupendi pignora :

Tu rebellis, Christe, mentis Frange contumaciam ;

Quæ tuum pectus perurit, Urat et nos chantas.

Sit perennis laus Parenti, Qui creavit omnia, Filioque qui redemit Morte nos volens sua : Flaminique oujus almo Confovemur haiitu.

Amen.

SECONDE PARTIE. 345

tendre et le plus ardent ; il ne demande qu’à exercer les fonctions touchantes qui sont le propre du cœur.

Dans ce cœur sont des fleuves de grâces qui s’échappent comme par torrent ; là les infirmes trouvent leur salut, et ceux qui pleurent leur consolation; là toute peine est soulagée ; là toute douleur et toute indigence se transforment en félicité.

Levez-vous; pourquoi rester dans l’appréhension de la justice divine irritée par vos péchés? De ce trône de clémence , la voix éloquente du cœur de Jésus implore votre pardon; le Fils de Dieu désarme le bras de son Père céleste déjà levé pour nous frapper.

Mais afin que les témoignages d’un amour si étonnant ne restent pas sans effets, daignez, ô Christ! briser l’obstination de nos esprits rebelles, et que la flamme qui brûle votre cœur consume aussi les nôtres.

Louange éternelle soit au Père qui a créé tout ce qui existe, au Fils qui nous a rachetés par les tourments volontaires de sa mort, et au Saint-Esprit qui nous réchauffe de son souffle divin !

Ainsi soit-il.

LB OCBÜR DI rtSÜ8.

(EX officio rothomàg. )

Christe, fons jugis salientis undæ,

Pectoris sacros aperi recessus,

Ut Deo plenos bibat ore puro Spiritus a urnes.

Hic latens blando placidus sopore,

Noxio mundi procul a tumultu,

Ebrius largo jacet affluentis Numinis haustu.

Igneis pectus jaculis feritur ;

Vulnus infligit Deus, ipse telum;

Lædit et sanat ferientis idem Ictus amoris.

Christe, quo ferves, cremer intus æstu;

' Corda fac zelus bene doctus urat;

Qui tuos rexit regat ilia nostroa Spiritus actus.

Pectoris sacri latebris sepulta Mens sibi sancte moritura vivat :

Vanadediscens, tibi, Christe , fida Serviat uni.

Qui pari sese redamant amore,

Summa laus Patri, Geni toque summa;

Laus tibi compar , utriusque sancte Nexus amoris. Amen1.

1 L'office parisien offre des variantes et des strophes supplémentaires pleines d'onction.

SECONDE PARTIE

O Jésus, source intarissable d’une eau qui rejaillit jusqu’à la vie éternelle, ouvrez-nous votre cœur sacré , afin que nous buvions avec une conscience pure aux fleuves de la divinité.

C’est là que, loin du tumulte du monde, l’âme, s’abandonnant à un doux repos, boit à longs traits la félicité et s’enivre au sein de la divinité de pures et ineffables délices.

Le cœur se sent percé d’un trait de flamme; Dieu lui-même est ce trait qui donne l’heureuse blessure; mais, comme c’est l’amour qui frappe, il guérit en môme temps qu’il blesse.

Faites, ô Jésus, que le feu dont votre cœur est embrasé consume les nôtres. Animez-nous d’un zèle pur et discret : que le même esprit qui dirigeait chacun de vos pas, dirige aussi tous nos actes.

Que nos âmes , ensevelies dans votre cœur sacré, ne vivent désormais que pour mourir saintement à elles-mêmes ; qu’elles renoncent à toutes les vanités du monde, et que, fidèles à votre amour, elles ne s’attachent qu’à vous servir.

Gloire souveraine au Père et au Fils, qui s’aiment d’un amour mutuel. Pareille louange vous soit rendue. Esprit divin, qui êtes le nœud sacré de leur amour.

Ainsi soit-il.

(EX variis eucolooiis. ) O cor amoris victima,

Cœli perenne gaudium , Mortalium solatium, Mortalium spes ultima.

Tu, Trinitatis gloria,

Jungit tibi se Filius,

In te quiescit Spiritus,

Tn te Patris sunt gaudia.

Tu sole puro purius ,

Verbi Dei sacrarium ,

Verbi Dei palatium , Templumque cœlo dignius.

Tu, digna sedes Numine, Fœcunda virtus Flaminis Illapsa in alvum Virginis, Puro creavit sanguine,

Cor dulce, cor amabile , Amore nostri saucium, Amore nostri languidum , Fac sis mihi placabile.

Vindex reis irascitur Deus; sed ut te respicit, Placatus iram abjicit Et fulmen obliviscitur.

SBOOSl» FA1TIX.

vm.

O cœur victime de l’amoar, vous êtes la joie étemelle des deux, la consolation des mortels et leur suprême espérance.

Vous êtes la gloire de l’auguste Trinité : le FDs s’unit i vous, le Père met en vous ses complaisances, et l’Esprit-Saint fixe en vous sa demeure.

Plus pur que l’éclat du soleil, vous êtes le sanctuaire et le palais du Verbe de Dieu, et le temple le plus auguste de la Jérusalem céleste.

O digne siège du Très-Haut, la vertu féconde du Saint- Esprit, descendue dans le sein de l'heureuse Vierge, vous créa de son sang le plus pur.

O cœur plan de douceur et d'amabilité, cœur divin que l’amour a blessé de ses traits, cœur languissant d’amour, laissez-vous fléchir en ma laveur.

Le Dieu vengeur s’irrite contre les coupables; mais son regard vient-il i se reposer sur vous, il s’apaise aussi tôt, rejette sa colite et oublie la foudre.

LE CCfiüR DE JÉSUS.

Grandi reclusum vulnere Amor dédit te pervium, Amor reclusit ostium , Hortatur et pervadere.

Quos abluisti sanguine, Venis apertis omnibus, Nos intimis recessibus, Semel receptos contine.

Jesu Patriscor unicum, Puris amicum mentibus , Puris amandum cordibus, In corde régnés omnium.

Amen.

(EX OFFICIO ROTHOMÀG. )

Non tingat aras jam pecudum cruor En immolatur dignior hostia :

Flammis adustum cor supemis Ecce Deo Deus ipse libat.

Unotus perenni chrismate Pontife* Ad sancta templi nos vocat intima :

Quid thura legis? thure pectus Pontificis meliore fumât.

Agnum su b ara perpetuus sacri Fornax amoria confioit ignibus Una litandum cœde natum Jugis amor sine cæde mactat.

SECONDE PARTIE. 381

L’amour vous a fait une large blessure, pour nous ouvrir une retraite ; et ce même amour , qui nous a procuré un asile si doux, nous presse de nous y réfugier.

Vous avez ouvert toutes vos veines, pour nous purifier dans le bain salutaire de votre sang; recevez-nous en ce jour, et renfermez-nous pour jamais dans cette source vie.

Cœur de Jésus , objet unique de l’amour du Père , cœur ami des cœurs purs, cœur digne de toutes leurs affections, régnez à jamais sur tous nos cœurs.

Ainsi soit-il.

Disparaissez, viotimes imparfaites; une plus noble hostie succède aux anciens sacrifices. Le Fils du Très-haut, Dieu lui-méme, offre à son Père un cœur digne de lui, et les feux du divin amour consument i’holooauste.

Ce Pontife, oint du chrême éternel, nous invite à pénétrer dans le nouveau sanctuaire ; n’envions pas l’encens offert par l'ancienne loi ; le cœur enflammé de notre Pontife exhale lin parfum mille fois plus précieux.

Le feu perpétuel de l'amour dévore sur l’autel cet agneau divin; la charité infinie qui l’immola sur le Calvaire dans des flots de sang, l’immole encore tous les jours , bien que d’une manière non sanglante.

Tu par Parenti quæ Pater imperat Promptus statuto tempore perficis; Descripta vivit les patema In tabulis animata cordis.

Laus summa Patri, summaque Filio, Sanctoque compar gloria Flamini ; Da, Christe, sacri cordis instar, Pacificos humilesque sensus.

Amen.

(EX OFFICIO ROTHOMi.fi.)

Sit qui tonantem, Christe, canat manum, Sit mille cinctum qui radiis caput.

Cor nos sacratum charitatis Perpetuæ veneramur aram.

Hac nempe carnis pars melior tuæ,

Hac Area magni çonscia lœderis ,

Quam Numen implet, quam treraenti Angelicum tegit agmen ala.

Altis quot ignés visceribus latent Amoris et quot divitiæ tui !

Æterna nostræ spes salutis,

Inde sacer cruor usque manat.

Tu, sæcla nondum currere cœperant.

Tu, nos amabas : dum cadimus nece

SECONDE PARTIE

O Fils du Très-haut, quoique vous soyez égal à votre Père, chacune de ses volontés trouve en vous une prompte obéissance, et sa loi, plus solidement gravée que sur des tables de pierre, vit et se conserve au fond de votre cœur.

Gloire souveraine au Père, gloire souveraine au Fils ; qu’une égale gloire soit rendue au Saint-Esprit ! Répandez dans nos cœurs, ô Jésus, les sentiments de douceur et d’humilité dont le vôtre est le parfait modèle.

Ainsi soit-il.

Que d’autres, ô Roi de gloire ! prennent pour objet de leurs chants votre droite armée de la foudre; qu’ils célèbrent dans leurs cantiques votre front couronné de gloire et de splendeur; pour nous, aimable Jésus, c’est à votre cœur, siège de la plus tendre charité , que nous adressons nos vœux et nos hommages.

Eh! quel sujet plus digne de nos chants, que ce cœur sacré, la plus auguste partie de votre corps adorable ! C’est l’arche sainte dépositaire de la nouvelle alliance, ofi réside la plénitude de la divinité, et qu’une troupe innomblable d’esprits célestes, saisis d’une sainte frayeur, couvrent respectueusement de leurs ailes.

Quelles flammes célestes consument ce cœur divin ! et quelles richesses d’amour il renferme î De là coule sans cesse un sang précieux, source éternelle de nos espérances, gage consolant de notre salut.

Rien ne marquait encore la succession des siècles : et déjà vous nous aimiez avec tendresse. Le premier homme nous

Omnes paterna , dum minatur Fulmen, ades, loquerisque pacem.

Ex orbis ipsa cæsus origine Prodis Redemptor : jam cupidum sitit Mortem, dolores, probra pectus.

Quid nimio ftimis est amori?

Pandens cruenta quos cruce parturis, Ardente gestas nuncque foves sinu; Adhuc et insons pro nocente Cor gemitu rogat çfficaci.

O cor amandum quis mihi simplicis Alas columbæ, quis dabit ut tuos Petam recessus, sic amantem Ut docear redamare Christum?

Laus summa Patri summaque Filio, Sit summa sancto gloria Flamini, Tu fac adurat dedicatum,

Christe, tibi tua flamma pectus. Amen.

(EX OFFIGIO ÀUCT0R1T. RR. DD. DE BEAUMONT EDITO.) Hoc unde, Patris unice,

Quod, sede lapsus ætheris,

Cœli triumphos deseris,

Nobisque tradis cor tuum?

WSGONI>H PARTIE» 355

entraîne dans sa chute; la foudre gronde; vous paraissez, et la paix est conclue.

Immolé dès l'origine du monde dans les desseins de votre amour, vous venez Sur la terre accomplir le grand ouvrage de notre rédemption. Votre cœur est à peine formé, qu'il soupire après les douleurs, les opprobres, la mort. Peut-il y avoir trop de sacrifices pour un amour sans bornes?

O aimable Rédempteur, après nous avoir donné sur la croix une naissance nouvelle et toute divine dans les flots de votre sang, vous nous portez et vous nous réchauffez sur votre sein. L'homme allume-t-il la vengeance divine par ses péchés, votre cœur fait entendre la voix de son innocence; il soupire, il demande grâce pour Je coupable, et sa prière est exaucée.

O le plus aimable de tous les cœurs! qui me donnera les ailes de la colombe pour m'élancer vers vous? Qui m'aidera à pénétrer dans cette retraite où. l'amour fait sa demeure, pour y apprendre à aimer Jésus-Christ comme il nous a aimés le premier ?

Gloire souveraine au Père et au Fils : qu'une égale gloire soit rendue à l'Esprit*Saiut ! O Jésus, embrasez de vos célestes flammes mon cœur qui se consacre à votre amour !

Ainsi soit-il.

O Fils unique du Père, qui vous a fait descendre de votre trône de gloire, et déserter les triomphes du ciel ? qui vous a inspiré de nous donner votre cœur?,»,

Cor, vera lux fidelium,

Mentis fuga caliginem,

Imis ut una lex tua Insculpta vivat cordibus.

Legi paternæ te lubens Ad usque mortem subjicis ;

Amore nostrum fac tuis Subdatur et cor legibus.

Quibus, Redemptor, æstuat Amore nostri Cor tuum,

Sacris amoris æmuli Adure pectus ignibus.

Nos urget ingratum genus Immensa Cbristi chantas :

Se sponte nobis tradidit ;

Litemus illi cordibus.

Sit ldus Patri, laus Filio,

Qui cordis alto vulnere Nos sanat; et quo pectora Fervent, sit æqua Flamini. Amen.

(ex eodem officio.)

Sic amas ut quos amasti,

Christe, nunquam deseras;

Arte mira fis propinquus;

Ipse nobis jungeris :

Ter, quater nos o beati,

Tarn sacro commercio!

SECONDE PARTIE

O cœur, vraie lumière des âmes fidèles , dissipez les ténèbres de notre esprit, et gravez au fond de nos cœurs votre loi sainte, afin qu'elle y règne en souveraine.

Par amour pour nous, vous vous êtes soumis avec joie aux ordres de votre Père jusqu'à accepter la mort. Ah! faites que par amour pour vous, nos cœurs se soumettent à leur tour à vos douces lois.

O aimable Rédempteur! que les flammes sacrées qui consument votre cœur divin embrasent les nôtres d'un amour qui, par sa tendresse et sa vivacité, soit le rivai de votre saint amour.

L'immense charité de Jésus-Christ nous presse de toutes parts. Ingrats que nous sommes ! puisqu'il s'est sacrifié spontanément pour nous, répondons à un si grand amour par l'offrande de nos cœurs.

Gloire au Père; gloire au Fils qui, par les blessures profondes de son cœur, guérit tous nos maux. Gloire à vous, Esprit-Saint, qui répandez dans les cœurs les flammes de l'amour. Ainsi soit-il.

Votre amour, ô Jésus, est si constant que vous ne pouvez vous résoudre à quitter ceux que vous aimez. Par une admirable invention de votre amour , vous demeurez auprès de nous; et vous daignez même vous unir à nos âmes, heureuses et mille fois heureuses dans ce commerce divin.

Hinc fluunt, torrentis instar, Gratiarum flumina :

Corda quæ non colliquescant His amoris ignibus !

Inquinatus quis reçu set Hoclavari sanguitiê?

O satis nunquam dolendus.

Cordis humani stupor !

Nostra te, vel gloriosum,

Heu! cruentant crimina :

Judicem te, te parentem.

Impii lacescimus.

Morte victa qui triumphas, Cogimus rursum mori :

Morte piacasti Parentem ;

Ilia mors niMl proderit :

Yana sic erunt amoris Sempiterni pignora.

Tu rebellis, Christé, mentis Frange contumaciam :

Sit pudor te sic amantem Corde toto non sequi,

Tamque pulchræ charitati Non vicem rependere !

Laus, honor, virtus, potestas, Et suprema gloria,

Qui creavit nos Parenti,

Qui redemit Filio :

Qui redemptôs nos gubernas, Par tibi laus, Spiritus. Amen,

De ce mystère cl'amour coulent à grands flots sur nous des fleuves de grâces. Quel cœur ne se fondrait à ces flammes célestes? Quelle âme souillée refuserait de se purifier dans ce sang divin ?

Oh! qui déplorera comme il convient l'insensibilité du cœur de l'homme? Nos crimes, ô mon Jésus, vous ensanglantent en quelque sorte jusque dans le sein de votre gloire : ni votre qualité de Père, ni votre titre de juge ne vous peuvent soustraire à nos cruautés sacrilèges.

Vous avez triomphé de la mort par votre résurrection glorieuse, et nous vous faisons pour ainsi dire expirer de nouveau : votre mort désarma la fureur de votre Père, et nous la rendons inutile ! C'est ainsi que nous détruisons les gages de votre amour éternel.

O Jésus! domptez enfin l'opiniâtre résistance dé nés cœurs, et triomphez de leurs révoltes* Que nous rougissions d'être si avares de notre amour envers un Dieu qui nous aime si tendrement, et de correspondre si froidement aux ardeurs d'une si admirable charité !

Louange , honneur, vertu , puissance et gloire éternelle au Père qui nous a créés, au Fils qui nous a rachetés. Esprit divin qui daignez, après notre rédemption, nous diriger dans les voies du ciel, gloire pareille vous soit rendue maintenant et dans l'éternité. Ainsi soit-il.

(ex eodem officio;)

0 quam digna coli cantibus æmulis Quae Ghristi latitant corde sub intimo!

Patris progenies, Christus homo Deus, Quantis dignus honoribus !

In templum Genitor pectoris intima Præsens ipse suo numine consecrat, Dum votis Genitus supplicibus Patrem Cultu non colit impari.

Ardens interius, qui, sacer artifex.

Tantum finxit opus, spiritus insidet; Perlustrans operis grande decus sui; Mirum quam sibi complacet !

In Christo quot opes, dona scientiæ Quot præcelsa Pater prodigus abdidit !

O quam dives adest in penetralibus Thésaurus sapientiæ !

At quam fausto aperit vulnere lancea, Quo nos parturiat, pectus amabile !

Isto fonte fluens nos aqua, nos cruor Sanat, récréât, abluit.

0, vitæ latices, vivida flumina!

0 sacros aditus pectoris intimi !

Da nos, Christe, piis muneribus tui Cordis perpetuo frui.

Amen.

SECONDE PARTIE

De quelles louanges et de quels honneurs ne sont point dignes les perfections infinies du cœur de Jésus ! O Fils unique du Père, ô Jésus, Homme-Dieu, quels hommages vous rendrons-nous?

Le Père étemel remplit ce cœur de sa divinité; il le consacre, il en fait son temple. Là, le Verbe incarné vient lui rendre enfin, par ses vœux suppliants, un culte proportionné à sa majesté infinie.

Le divin ouvrier qui accomplit ce chef-d'œuvre, l'Esprit- Saint, a fixé sa demeure dans ce sanctuaire d'amour ; il contemple sans cesse la beauté de son ouvrage , et quels charmes n'y trouve-t-il pas?

Quelles richesses en effet dans le cœur de Jésus!... Quelle profondeur de science, quels trésors de sagesse le Père céleste n'a-t-il pas renfermés en ce cœur dans sa divine libéralité?

Oh ! l'heureuse blessure qui nous découvre ce cœur sacré ! ô précieuse plaie par où cet aimable cœur nous enfante! L'eau et le sang qui s'épanchent de cette source merveilleuse guérissent, purifient et alimentent nos âmes.

O sources de la vie! ô fleuves de grâces! ouverture sacrée de cet auguste sanctuaire !... ô Jésus, faites-nous jouir à jamais des dons admirables que nous offre vôtre cœur.

Ainsi soit-il.

LE CtàÜft Dl fÊStfê.

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