‹ Le cœur de Jésus; ascétisme et littératureChapitre 239 sur 306 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

Chantons avec allégresse lès louanges du ccôür de Jésus. Entonnons des cantiques divins !

C'est en ce jour solennel que nous adorons et que nous louons l'ineffable tendresse du Père.

Que tous les cœurs aiment ardemment le cœur aimable de Jésus, fontaine de miel, source d'amour!

Que toute langue célèbre le cœur glorieux du souverain Roi; ce cœur qui est l'Ame et la vie de la nouvelle alliance !

Que la louange soit parfaite, qu'elle soit sans mesure, qu'elle soit éternelle, qu'elle soit dictée pAr l'ardeür de notre amour !

Que tout l'univers le loue et le bénisse; que chacun le serve, que chacun l'aime de toutes ses forces et de tout son pouvoir !

Que notre bouche, que nos mains, que tous nos sens, que notre foi la plus vive, que notre amour le plus ardent exaltent l'excellence de ce cœur adorable !

Que nos cœurs brûlants d'un feu sacré, que toutes nos voix, que tous nos actes célèbrent à l'envi ce cœur plein d'amour !

Cor mirandum Redemptoris, Coadunans terram cœlis, Unitatis spéculum !

Digna sedes Trinitatis , Plenitudo Deitatis,

Amoris miraculum!

Amoris evangelium ,

Puri cordis incendium, Magna Dei gloria î

Cœli nectar vivificans,

Cordis manna deificans,

Amor et lætitia!

Cleri sacri præsidium ,

Rector benigne cordium, Nostra rege pectora.

Fons æternæ pietatis,

Ardens fornax charitatis.

Corda flammis dévora.

Domus amoris aurea,

Turris amantum flammea, Cœtus nostri lex ignea,

Fons perennis gratiæ.

Cor thésaurus sanctitatis.

Abyssus humilitatis,

Thronus Dei voluntatis,

Et centrum clementiæ.

SECONDE PARTIE. 365

Ce cœur admirable du Rédempteur qui unit la terre au ciel, et qui est le miroir de 1'unité,

Ce cœur, que l'auguste Trinité a choisi pour trône, ce cœur en qui réside la plénitude de la divinité, et qui est un miracle d'amour.

Ce cœur, qui est l’évangile de la charité, l'incendie des cœurs purs et la gloire de Dieu par excellence,

Ce cœur enfin, qui est le nectar céleste qui vivifie, la manne qui divinise, la source de tout amour et de toute joie !

O cœur divin, ferme appui du sacerdoce, aimable guide des cœurs, daignez conduire les nôtres !

Source d'éternelle clémence, fournaise ardente de charité, dévorez nos cœurs de vos saintes flammes.

O cœur sacré, riche palais de l'amour, forteresse enflammée de ceux qui vous aiment, loi d'amour qui embrasez nos âmes, fontaine de grâce étemelle ,

Trésor de sainteté et de sagesse, abime d'humilité, trône de la volonté divine, foyer de miséricorde ,

Paradisus beatorum, Consolator afflictorum,

Pax et salus peccatorum,

Cor omnibus omnia.

O Jesu raptor cordium,

Amore flagrans mentium.

Cor tuum trahat omnium, Mentes et præcordia.

O cor summa benignitas, Immensa liberalitas, Incomprehensa charitas,

Cordis vera félicitas Cor esto supplicibus.

Fac nos, Jesu, flammescentem Cordis tui charitatem.

Et divinam pietatem , Summam quoque sanctitatem; Sanctis sequi moribus.

O beata Trinitas,

Cordis Jesu charitas,

Immensæ clementiæ Immensæ sint gratiæ ,

Æterna sit gloria;

Amen dicant omnia ,

Amen. Alléluia.

SECONDE PARTIE* 3fa7

Vous êtes le paradis des bienheureux, la consolation des affligés, le salut des pécheurs et leur douce paix; ù cœur divin, vous êtes tout pour chacun de nos cœurs.

O Jésus, aimable ravisseur des âm.es, vous brûlez d'un ardent amour pour nous! que votre cœur sacré attire à lui toutes nos pensées et toutes uos affections !

O cœur de Jésus , bonté infinie, libéralité sans bornes, charité incompréhensible, soyez la vraie félicité de ceux qui vous adorent et qui vous prient.

Faites, ô doux Jésus, que noua imitions l'immense charité de votre cœur et sa miséricorde divine, et que, par la sainteté de notre conduite, nous retracions en nous votre sainteté infinie.

O ineffable Trinité ! ô charité du cœur de Jésus ! grâces infinies et gloire éternelle soient rendues à votre immense miséricorde , et qu'à ce cantique d amour toutes les créatures répondent sans cesse. Amen.

Ainsi soit-il. Alléluia.

le a*nt DE JÉSUS.

(ex offigio rothomag.) Quicumqae certum queritis Rebus levamen asperis Seu culpa mordet anxia Seu pcena vos premit cornes,

Jesu, qui ut agnus innocens Sese immolandum tradidit.

Ad cor reclusum vulnere,

Ad mite cor accedite.

Auditis, ut suavissimis Invitet omnes vocibus :

Yenite quos gravat labor Premitque pondus criminum.

Quid corde Jesu mitius?

Jesum cruci qui affixerant Excusât et Patrem rogat Ne perdat ultor impios.

O cor voluptas cœlitum Cor, fida spes mortalium En hisce tracti vocibus Ad te venimus supplices.

Tu nostra terge vulnera Ex te fluente sanguine :

Tu da novum cor omnibus Qui te gementes invocant.

Amen,

SECONDE PARTIE

O vous qui cherchez un remède à vos maux , soit que le péché vous oppresse ou que le remords vous tourmente ;

C'est à Jésus, qui s’est livré pour nous comme un innocent agneau, c’est à son cœur percé, d’où s’épanchent les miséricordes, qu’il faut avoir recours.

Écoutez; sa douce voix vous appelle: Venez à moi, vous tous que la douleur accable et qui succombez sous le poids de vos fautes.

Est-il un cœur plus miséricordieux que le cœur de Jésus?... Jésus excuse ceux qui l’ont attaché à la croix , il supplie la justice de son Père de ne point exterminer les coupables.

O cœur sacré ! délices des bienheureux ! O cœur, notre plus sûre espérance, nous cédons à vos tendres invitations, nous venons à vous, écoutez nos prières !

Que le sang que vous répandez lave nos propres blessures, et donnez un cœur nouveau à ceux qui font monter vers vous leurs gémissements et leurs prières.

Ainsi soit-il.

(ex paradis, anim. horstiano l.)

O Salvator somme bonus >

Ad parcendum mire promis^

Heu qui ita laniatus !

Cur flagellis sic aratus Cruce pendes horrida?

Ecce latus Salvatoris ,

In quo latet vis amoris ,

Unda manans et cruore ,

Sacro beat nos liquore,

Corda rigans arida.

Ecce latus quod palpavit,

Fide Thomas dum nutavit.

Eia nobis hic jucunda Porta patet ad fœcunda Salvatoris pàscua.

Hue anhelans appropinquo i Qui in multîs, heu! delinquo;

Sed qua miser ausim fronte,

Si non ipse boni fonte Traherer ad arduaT

O fons dulcis super vinum.

Virus peliens serpentinum I Qui sititis hue venite ,

Et gaudentes hinc haurite,

Dum fons vitæ scaturit.

1 Le fond de cette hymne et de la suivante est attribué à saint Bernard.

SECONDS PARTIE

O mon Sauveur! vous la bonté même, et dont le cœur est merveilleusement enclin à pardonner, hélas! pourquoi donc vois-je aujourd’hui votre chair en lambeaux, votre corps meurtri par les supplices et suspendu & ce bois sanglant?

Voilà ce flanc sacré, source d’un amour immense, d’où s’épanchent sur nous l’eau et le sang précieux qui ravissent nos âmes et fécondent nos cœurs arides.

Voilà ce flanc sacré que touche l’incrédule disciple et qui raffermit sa foi chancelante ; c’est la voie de l’amour; c’est la porte des pâturages fertiles de mon Sauveur !

C’est vers elle que, lassé, haletant sous le poids de mes fautes , je me dirige enfin; mais comment oserais-je m’approcher, si l’amour lui-même de mon Jésus ne m’attirait à des hauteurs si escarpées?

O breuvage qui surpasses en douceur le vin le plus exquis ! ô sources délectables... Celui qui s’y abreuve voit disparaître de son cœur le venin contagieux du mal. Vous tous qui avez soif, accourez , puisez avec confiance tandis que la fontaine de vie répaud ses ondes salutaires.

Plaga rubens aperire;

Fac cor meum te sentire :

0 si detur introire,

Quid tune amplius sitire De terrenis poterit?

0 quam dulcis sapor iste , Quo gustaris, JesuChriste!

Hoc imbuta mens sapore , Mirum si non ex amore Camis rumpit vincula.

Tuum latus en contingo;

Et ardenter ad me stringo.

Juxta te me, Jesu, pone,

Nam sic luctans cum dracone Non timebo jacula.

In hac. fossa me reconde; Induc meum cor profunde; Ubi degens convalescam,

Et in pace requiescam Vi securus hostium.

Hora mortis fac reatus Expers, tuum petam latus, Cui jungar cum Beatis,

Nec involvar præparatis Laqueis venantium.

Amen.

SECONDE PARTIE

O plaie sanglante, ouvre-toi ! fais éprouver à mon âme tes mystérieuses douleurs. Ah ! s’il m'est donné de pénétrer une fois dans le sanctuaire de cet amour céleste, comment mon cœur pourra-t-il soupirer désormais vers des objets mortels?

Oh ! quelle suavité vous répandez dans l'âme qui se nourrit de votre amour, ô mon Jésus ! et par quel prodige cette âme enivrée d'amour ne rompt-elle point les liens qui l'enchatnent à un corps périssable ?

O cœur sacré, c'est à vous que je m'attache pour jamais; Je m'unis à vous par une invincible étreinte; ô Jésus, placezmoi près de votre divin cœur, et dans la lutte spirituelle j'affronterai les traits empoisonnés de l'enfer.

Oh ! cachez mon cœur dans ce cœur sacré ! plongez-moi dans cet abîme d'amour 1 c'est là que je veux vivre , c'est là que je veux reposer en paix, loin des poursuites des méchants.

Faites qu'à mon heure dernière je ne tombe pas dans les filets de mes ennemis; mais qu'ayant trouvé grâce devant votre justice, je puisse entrer pour jamais dans votre cœur, et avec tous les bienheureux m'unir à lui dans les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

xvn.

(EX PABADIS. AN1M. HORSTIANO.)

O divinum cor, aveto !

Te saluto corde læto,

Te complectime delectat;

Istud unum quod affectât Cor ad Deum sitiens.

O quis amor cor urebat !

Quis te zelus tune urgebat !

Cum te prorsus exhaurires,

Ut te nobis impartires O fons indeficiens?

O mors dira ! mors amara!

Vah immitis et avara,

Quæ nec Jesum præteristi;

Quin hune telo feris tristi, Rumpens cor dulcissimum.

Oh! per mortem quam tulisti, 1 Et cor fodi permisisti,

Meum, precor, intellectum,

Redde simul et affectum Cordi suo consonum.

In medullam cordis mei,

O fac summæ dator spei !

Tuus amor inseratur ;

Meus in te transferatur His caducis altior.

SECONDE PARTIE

Je vous salue, ô cœur divin! je vous salue dans la joie de mon Aine; oh! que je me plais à vous environner de mes tendresses! Le cœur qui a soif de Dieu peut-il ambitionner un autre bonheur?

Quel amour brûlait votre cœur, 6 Jésus! et quel zèle ardent vous pressait, lorsque vous vous épuisiez en quelque sorte pour vous donner à nous, ô source intarissable de tout bien?

O mort barbare ! ô mort pleine d’amertume ! oh! la cruelle et l’avare, qui n’as pas épargné même Jésus, et qui as porté la rage jusqu’à percer d’un trait sanglant le plus doux des cœurs.

O Jésus, par la mort que vous avez daigné subir, par la blessure que vous avez consenti à recevoir dans votre cœur, rendez, je vous en conjure, mes pensées et mes affections conformes à ce cœur divin !

O vous qui agrandissez nos Ames par les plus hautes espérances, faites descendre votre divin amour dans le plus intime de mon cœur; que mes affections, s’élevant au-dessus des choses terrestres, se transforment en votre saint amour !

Quisquis amat, sed sincere Hoc quod loquor, sentit vere :

Nullus modus est amori :

Pro dilecto cogit mori Àmor morte fortior.

Amans vivit per amorem Nescit moras, vincit morem.

Quidquid jubet Prædilectus, Promptus capit hoc affectus, Nulli cedens aspero.

Sit hæc prima mihi cura.

Ut te mente quæram pura.

O quam vere tune lætabor !

O quam felix gloriabor!

Jesum cum possedero.

Pande cordis tui sinum ;

Sois queis meum sit vicinum.

En, mi Jesu, cor paratum Cape, ne vis potestatum, Caro, mundus capiat.

Hoc anhelat, hue movetur, Ubi cubet etmorelur.

Nil pie Jesu lubet scire,

Nec terrenum quid ambire,

Ut te solum sapiat.

Amen,

SECONDE PARTIE

Celui qui aime d'un amour sincère a le délicieux sentiment de ce que je dis: l'amour ne connaît pas de mesure; plus fort que la mort elle-même, l'amour sait mourir pour l'objet aimé.

L'amour est toute la vie de celui qui aime. Le cœur aimant ne connaît aucun retard, il triomphe dè tout obstacle. A la voix de son bien-aimé, il accourt, il agit, et toute difficulté s'abaisse devant son affection.

O Jésus , que ma plus chère sollicitude soit de vous chercher avec un cœur pur ! Oh ! quelle sera ma joie ! oh ! quelle sera ma gloire, lorsque je posséderai Jésus!

O vous qui savez quels objets assiègent continuellement mon cœur , ouvrez-moi le sanctuaire du vôtre. Voilà mon cœur, ô mon Jésus! prenez-le, de peur que les puissances des ténèbres, que la chair et le monde ne viennent à me le ravir !

C'est vers vous qu'il soupire, c'est vers vous qu'il s'élance. Ah! qu'il repose en vous, qu'il demeure en vous, qu'il ne veuille rien savoir que Jésus, et qu'il ne recherche aucun bien périssable, afin de ne goûter jamais que vous.

Ainsi soit-il.

Lfi Gffltnt JÈSÜS.

(ex MANÜÀL. SCHAUENBURGIANO.)

Cor Jesu , cor purissimum,

Cor ara sanctitatis.

Cor meum purga sordidum Infectum totpeccatis.

Qui movet tibi vomituin Auferto hinc teporem , Infunde novum spiritum Et spiritus fervorem.

Cor mite, cor humillimum.

Cor plénum bonitatis,

Cor .tuo da simillimum,

Da ignem charitatis.

Sed quid ? si vel seraphico Amore cor flagraret,

Non tamen hoc incendio Non satis te amaret.

Ut ergo te diligere ,

Cor Jesu , possim satis , Immensum da quo amas te Ardorem charitatis.

Hoc hoc amoris jaculo Cor meum accendatur,

Et hujus ab incendio In cineres solvatur.

SECONDE PARTIE

Cœur de Jésus, cœur très-pur* autel de la sainteté, effacez de mon cœur les souillures contractées par mes innombrables offenses.

Bannissez-en la tiédeur qui excite vos répulsions et vos dégoûts, animez- le d'un esprit nouveau; excitez en lui l'esprit de ferveur.

Cœur plein de mansuétude et d'humilité e cœur plein de tendresse, que mon cœur soit votre copie la plus parfaite ; embrasez-moi du feu de votre amour.

Mais que dis-je ? quand mon cœur brûlerait d'un amour séraphique, non, ce ne serait pas encore assez d'ardeur pour vous aimer comme vous le méritez.

Ah! pour que je puisse vous aimer convenablement, ô cœur de mon Jésus , prêtez-moi l'ardente charité dont vous vous aimez vous-même.

Oui, jetez cette flèche d’amour dans mon cœur, qu'il s'enflamme et qu'il se réduise en cendres au milieu de ses ardeurs.

0 mors exoptatissima ,

Sic mori vi amoris !

Amoris sic cor victima Pro corde Redemptoris !

Amore tui moriar ,

Cor Jesu , amor meus !

Ut novo corde ordiar Amare te, o Deus!

Amen.

Page 1