SAINT BON AVENTURE
Les âmes contemplatives aiment la nature ; un oiseau , une fleur, un papillon, toute créature , en un mot, leur prie de Dieu , leur raconte ses bienfaits, son amour, sa providence, leur dit sa sagesse ou ses grandeurs; et ce langage naïf allume en elles des flammes divines. Saint Grégoire de Nazianze , saint Çernard , saint François d’Assise, saint Ignace de Loyola , sainte Térèse et surtout sgint François de Sales nourrissaient dans leur cœur d’inti-» mes sympthiespour la nature, qu’ils considéraient comme le miroir de Dieu, ou comme des échelons pur s’élever jusqu’à lui. Saint Bonaventure , enfant de saint François d’Assise, avait hérité du séraphique patriarche de ce don si précieux et si consolant de converser avec toutes les petites créatures du bon Dieu. Dans son opuscule intitulé Philom'ene, il décrit, d’après l’opinion ppulaire, les mœurs de cet oiseau mystérieux, et les applique à l’âme dévote; imitant dans ses pieuses contemplations la gradation touchante des mélodies de Philomène, cette âme repasse la vie du divin Sauveur, sa tendresse, ses bienfaits, ses sacrifices.
SECONDE PARTIE
et s’enflamme à chaque considération d’un amour toujours plus vif et plus ardent. Cette pièce nous révèle tout ce que renfermait de naïf et d’aimant l’âme du Docteur séraphique , qui fut en même temps l’un des plus profonds métaphysiciens de son siècle , et peut-être le plus grand maître de la vie spirituelle.
SIDRONIUS HOSSCHIUS ,
De la compagnie de Jésus.
On a publié de ce saint religieux de nombreuses poésies latines dont la plupart furent composées pendant qu’il professait les belles-lettres dans les collèges de la société de Jésus. Elles sont en général d’une latinité et d’une élégance si remarquables que Baillet n’a pas craint de dire, dans les Jugements des savants, que leur auteur égalait les premiers poètes de Rome , et qu’il eût été digne des siècles les plus florissants de la littérature classique. Il avait une tendre dévotion pour la sainte Vierge, qui l’avait guéri miraculeusement , et pour la passion du Sauveur , dont il repassait à toutes les heures quelques-uns des mystères douloureux. Il fit de ces deux sujets la matière privilégiée de ses poésies. L’élégie que nous donnons est la quinzième du quatrième livre de ses œuvres.
l£ (XKCR DE JÉSUS.
IV