‹ Le cœur de Jésus; ascétisme et littératureChapitre 27 sur 306 · SAINT BONAVENTURE · texte numérisé non relu

SAINT BONAVENTURE

« O aimables plaies ! c'est par vous que je suis arrivé jusque dans les entrailles les plus intimes de la charité de Jésus- Christ. C'est là que je fais ma demeure... Là je trouve une si grande abondance de consolations , que je ne puis l'exprimer, O aveuglement des enfants d'Adam qui ne savent pas entrer en Jésus-Christ par ces plaies sacrées? Voilà la félicité des anges qui nous est ouverte; la muraille qui en fermait l'entrée est rompue, et on néglige d'v entrer! Croyez-moi, hommes aveugles, si vous saviez entrer en Jésus par ces sacrées ouvertures, vous y trouveriez non-seulement une douceur admirable pour votre âme, mais encore un doux repos pour votre corps. Mais si le corps lui-même y trouve son repos , considérez quelle doit être la suavité que l'esprit goûte en s'unissant par ces plaies au cœur de Jésus? Je n'ai pas de paroles pour l'expliquer, mais faites-en l'expérience; vous y trouverez un trésor de toute espèce de biens... Voilà la porte du paradis ouverte. Le glaive qui en fermait l'entrée a été écarté par la lance du soldat. Le trésor de la sagesse et de la charité éternelle est ouvert : entrez-y donc par l'ouverture de ces plaies divines. O heureuse lance , qui a mérité de faire une telle ouverture! Oh! si j'avais été à la place de cette lance , je n'aurais jamais voulu sortir du côté de Jésus-Christ,

et j’aurais dit : voici le lieu de mon repos pour toujours , j’y demeurerai parce que je l’ai choisi.

« O âme fidèle, voilà votre aimable époux qui, par un excès d’amour, vous a ouvert son côté afin de pouvoir vous donner son cœur. » ( Aiguillon du divin amour , c. I.)

Page 1