FRÉDÉRIC DE STOLBERG
Le comte de Stolberg est rangé avec raison parmi les princes de la littérature allemande contemporaine. L’histoire , l’ascétisme et la poésie se disputent avec un égal succès les faveurs de son génie. C’est à l’inspiration chrétienne que Stolberg est redevable de ses couronnes littéraires. On remarque dans ses écrits cette majestueuse simplicité , ces grandes images et ce lyrisme de foi et d’amour qui ne se puisent que dans la contemplation religieuse de la nature , et dans les divines révélations de
SECONDE PARTIE
l’ordre surnaturel ; ces qualités se révèlent au suprême degré dans le Chant du cygne, qui est peut-être le chefd’œuvre poétique de ce grand écrivain.
J’ignore quel est l’auteur de cette dernière hymne; c’est la plus connue et la plus populaire de toutes celles qui se chantent en Alsace dans les réunions pieuses en l’honneur du sacré cœur de Jésus.
/wDrid) imn SSyee.
2)ie ©ef^onô 3efu fïaget i ^ r c u #er jenébranb.
©ieid) frü^/ menn fiel) entjiinbet $)er nlbcvjreipe %a<\,
Unb unê bie @onn’ toerfunbet,
2Ba$ Dîadjtê oeiborgen lag :
£)ie £ieb’ in tneinom «êrvjen (Siit gfântmleln flecfct an,
ÎÊ^ôbrennt gleid) ciner Jtet}eti niemanb Kfdjen famt,
Unb fd)I«g’ id;’8 aud) in 2Binbe ©en Dfl unb ÜRotb fyinauô,
Dlict;t 31 ut? nod) 3ia fl id) ftnbe,
9ïid)t8 blaêt baê glammïein ait§.
D n?e1) ber Dual unb ^einen !
£So xotnV i d) miel) nun t)in?
Sûitl immerfort ttut metnen,
2Beil id) in ®d)mevgen bin.
SBann mieber bann entfïogen 2)er $ag $ut 9ïad?t t)inein,
Unb fid) gar tief gebogen ®ic ®onnc unb il)t ®d)eiit;
5)a8 glammleiu, fo midi quolet#
SSteibt nod; in ooüev ©tut,
SUT ®tunb, fo mel man jaf)(ct,
Sl?id?’ê immer brenneit tl)ut.
$aê glammlein fo id) ntetne,
3ji3efu füger 9îam’;
SECONDE PARTIE
FRÉDÉRIC DE 6PÉE.
L'âme se plaignant à Dieu de l'incendie d'amour qui la consume.
Le matin , quand brille l’aurore, annonçant de ses feux argentins l’éclat du soleil que la nuit retenait dans l’ombre, l’amour divin allume dans mon cœur une petite llamme qui me consume , pareille à un flambeau que personne ne peut éteindre.
Si je l’agite avec violence dans tous les sens pour étouffer son ardeur , je ne puis goûter de paix ni de repos; nul souffle ne peut vaincre cette petite flamme. O tourment de mon âme ! 6 angoisses du cœur! Que ferai-je? que deviendrai-je? Ah! pleurer, pleurer sans cesse , voilà mon unique désir, puisque je me vois livré à une douleur sans fin.
Tandis que le jour se plonge dans les ténèbres , tandis que le soleil incline ses rayons dans les profondeurs de la nuit , la petite flamme qui me tourmente conserve toute sa vivacité, et à chaque heure je mç sens dévoré par ses ardeurs.
La petite flamme dont je parle est le doux nom de Jésus; il pénètre dans le plus intime de mon âme , et me brûle d’une
(St jctjret OTavf îmb SBeine,
Unb bvcnnt gat tmntberfam.
0 ©üfjigîfit in ©djmerjen!
0 ©djimetj iu ©ügigfeit!
! Meibe bocfy int -êcrjett,
Sleib’ bodj in (Sreigfeit.
(St fdjnsinben jtvar in Dttalen «Die SetenStagc Çin,
ÏÏBann 3efu SPfeiP unb Stratjlen $urdjbringcn <§erj «nb ®lnnj 3efu Siebc jetjret ®aê J&crj, benn @inn nut fo,
0a|j fit gleidj triebet niiijret Unb glücftidj madjt unb fvo$.
0 glamtnlein füfi o^n' SKafett,
Unb bitter otjne 3M, î>u tnadjeji ntidj oerloffeit ®H* anbte greub’ uttb ©blet }
2)u jünbefl ntein ©emüttye,
SBringft mir grog .Çerjeleib, î)u füÇleji inetn ©eblüte,
Sringft audj (SrgSfctidjtelt.
8tbe! ju taufenb Sa^ren,
3)ir gute 9ladjt, o ©elt!
9fbe ! lag tnid) nuit fatyrett, î>u bifl ntir lângfi ttergSUt.
3n 3efu 8ieb’ id) lebe,
3# fng’ê sont -Çerjenîgrunb,
3n lauter greub’ id) fdjtoebe,
©enn gleldj ntein fer} ifl tvunb.
SECONDE PARTIE. 537
manière merveilleuse. O douceur dans la souffrance ! ô souffrance dans la douceur ! Ah ! restez , restez toujours dans mon cœur, restez pour l’éternité !
Les jours de la vie s’écoulent ainsi au milieu de la souffrance , lorsque Jésus darde ses rayons sur le cœur et sur les sens, ou qu’il les perce de ses flèches brûlantes; mais, tout en consumant le cœur et les sens, Jésus les conserve, les réjouit et les enivre de bonheur.
O petite flamme ! qui est tout à la fois d’une amertume infinie et d’une douceur sans bornes , tu me dégoûtes pour jamais de tout plaisir et de tout amusement terrestre... Il est vrai, tu consumes mon âme , tu blesses mon cœur, mais ne lui donnes-tu pas en même temps le don précieux de la paix, et ne lui apportes-tu pas la félicité?
Adieu monde, adieu pour toujours; laisse-moi! voilà trop longtemps que tu m’es à charge. Désormais je ne vis que dans l’amour de Jésus, et, malgré la blessure de mon cœur, je nage, oui, je le déclare avec sincérité, je nage dans l’allégresse.
/rûn3 «Jaovr t&emunger.
t ieb gum fjéiligften Bergen 3efu.
O füM#ev$| bie $inttwf n^igfit ©or bir fitf; ttrf uub brten an,
Uub mmroer lojfen fie un? fcfytwigett,
<So Iang fi» 2Runb bid; (obéit faim.
O fftjjeô J&crj! bie tiefe SBuube 5)iebidj, buvdjtjotjrt, grBffnrt ÇStt,
®ifct Dont ©evîaitgen faute Jtunbe 2ln bid; gu gieljeit atie SBeft.
rDrum fei ge(o6t, gctenebeif,
©elie&t, geetyrt ju jebev 3?it,
«gergSeju, DueU’ ber (Seligfeit,
®ie tyler uub bort un? clnft erfreut 3n fëmigfett.
O fupeô £evg! bie ©uvburquelte,
2) ie fîd; fo reid; au? bir ergiejît,
®ie tilget uiifve (Sünbenfatte,
Uub jebe ©nabe iljv entfHeÇt.
O jufjeé «êerg! bie $ornenfvone,
£ie bief; umfd;fingt mit 6iit’rev&ual,
@ie geigt, baji bu mit ^immetêmonne ©erfüfjeft unfer XÿrAitenfÿaf.
5)rum fet ge(o6t K. jc.
D fü£e$ £erg! ba? ÆreugeôgeicÇen,
3) aS ffamntcnb fid) au? bir erÇebt,
3eigt, baf? be? «&eile3 geinbe meidjeit
©or bern, ber biv bereinigt lebt.
SECONDE PARTIE
FRANÇOIS- XAVIER WENNINOER.
Stances au coenr de Jésus.
O doux cœur de Jésus ! les cieux s'inclinent devant vous ; ils vous adorent avec respect, et sollicitent sans cesse en votre honneur les louanges de la terre.
O doux cœur de Jésus ! la blessure profonde qui vous tient toujours ouvert à nos yeux , nous rappelle sans cesse votre ardent désir d'attirer à vous tous les cœurs.
Soyez donc loué, béni, aimé , honoré à jamais, cœur de Jésus, qui êtes pour le temps et pour l'éternité la source de notre béatitude !
O doux cœur de Jésus ! les flots de pourpre que vous épan chez avec tant de profusion sur nos âmes , effacent les souillures de nos péchés; chacune des grâces que votre miséricorde répand sur nous jaillit de cette source féconde.
O doux cœur de Jésus ! la couronne qui vous entoure de ses cruelles épines ne nous annonce-t-elle pas que vous adoucissez par les délices du ciel les ennuis de cette vallée de larmes?
Soyez donc loué, béni , etc.
O doux cœur de Jésus ! la croix qui s'élève du milieu des flammes comme un étendard , n'est-elle pas un gage de victoire, et ne nous dit-elle pas que l'âme qui s'unit à vous mettra en fuite tous ses ennemis?
D füjjfô .§«$! bu @i$ ber gmibe,
©u emig jung unb etoig ncu,
GS bieibt jum îtofl in jebem Vdoc llnê eii'tg beine Siebe tren.
©tutu fei gelobt ». ic.
O füfjeê •Çcrj ! bu ©nabenfonne ,
©u flra^Iefi Seben uns unb -Jtraft, Grfütleft un« mit J&lmmelôu'onne «tuf unfrer trûben SPilgerfdjaft.
D füjjeS -Çerj! bu X$ron ber Siebe, ©ie munberbar unb gSttlid; fiammt, © ISut’re unfre ■ÇerjenStriebe 3nt Çeuer, baS soin «Çlmrnel fiammt,
©rum fei gelcbt ». ».