‹ Le Cœur des SportifsChapitre 4 sur 48 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

C’est aux environs de 1890 qu'il faut placer le

début du sport en France. À cette époque, impor tant d'Angleterre des jeux qui pour la plupart à étaient d'origine française, les PRAABETE « clubs » se fondèrent. Ë Certes, on pratiquait depuis longtemps cer-

tains exercices, surtout dans les milieux militaires,

mais la notion du « sport », tel que les Anglais l'ont admirablement compris et appliqué, remonte à cette période. Depuis cette modeste apparition Le + . sport s’est développé sans cesse chez nous, et l’on né saurait nier son importance actuelle dans tous les

domaines.

a, du À ce développement du Fo. se rattache le nom te + 4 de deux Français. L'un est universellement connu, 5 y | c'est le boxeur Pierre de Coubertin (1863-1937), se- 0e crétaire général de l'Union des Sports Athlétiques. een le restaurateur en 1896 des Jeux Olympiques ; l’au- Cr tre, de renommée plus modeste, ne saurait être LME EAU

: passé ici sous silence ; d’une part il fut l’un des pro-

en ;

moteurs les plus importants de l'introduction et du développement du sport en France ; d'autre part, ce fut un médecin, membre du Corps hospitalier de l’Assistance Publique de Paris, le D’ Paul Michaux, chirurgien des hôpitaux (1854-1923).

À l’époque même où Pierre de Coubertin entreprenait la Restauration des Jeux Olympiques, c'est-à-dire dès 1897, Michaux entreprenait de développer la culture physique, la gymnastique et l’usage des sports dans les patronages catholiques. Quelques chiffres montreront la marche ascensionniste de la Fédération gymnastige et sportive des patronages de France (F.G.S.P.F.) et donneront une idée de son importance dans le développement du goût sportif dans notre pays.

En 1899, Michaux présentait à Paris 1.200 gYmMnastes ; en 1900, ceux-ci étaient au nombre de 1.800 ; ils étaient 2.500 en 1903, 4.000 en 1904. Hs seront sept ans plus tard 10.000 à Nancy en 1911 : on les compte 15.000 à Strasbourg en 1921. En 1923, c'est au nombre de 30.000 qu'ils défileront à travers Paris.

Le 2 août 1914, 60.000 des membres de la F.G. S.P,F. étaient appelés sous les drapeaux. De 1914 à 1918, ils étaient 120,000 à être mobilisés. A l’armistice, 25,000 d’entre eux avaient été tués, 70.000

blessés, En 1923, à la mort de Michaux, la Fédération comptait 300.000 membres actifs, répartis en 2.300 sociétés, b5 unions régionales. À l'heure actuelle, 1938, le nombre des membres a doublé : il se monte à 600.000.

Il était impossible au début de cette thèse consacrée aux sports, et entreprise avec la collaboration empressée et bienveillante d’un certain nombre d’entre eux, de ne pas mentionner brièvement le souvenir de cet homme de bien, de ce médecin trop méconnu, et de signaler son rôle dans le dévelop: pement du sport en France.

Bien entendu, en même temps, bien qu'à un rythme moindre, d’autres groupements se fondaient et généralisaient ainsi le goût du sport parmi la jeunesse.

Bientôt les matches, les grandes rencontres internationales, après avoir attiré la foule, ont fait comprendre aux jeunes que leur place n'était pas dans les tribunes, mais sur le stade. L'appel a été entendu principalement dans les grandes villes où le besoin de s’ébattre au grand air est plus impérieux que partout ailleurs.

Les médecins ont compris dès le début l’intérêt qu'il y avait à étudier la question. Il suffit en effet de considérer l’importante bibliographie mé-

dicale sportive pour s’en rendre compte. Mais le

problème est complexe et les conclusions sont fréquemment divergentes.

L'étude du sport peut se faire de deux manières. On peut la concevoir comme une étude de physiologie expérimentale : c’est alors au Laboratoire que se fait le travail. On peut aussi en faire une

étude pratique en se plaçant dans les conditions où

le sport est habituellement exercé, sur le terrain. C'est cette dernière étude que nous avons entreprise. Basée certes sur la physiologie, elle permet davantage d'aboutir à des conclusions pratiques.

On conçoit mal que le sport, qui a pour but final‘un développement harmonieux de l'individu, un accroissement de ses forces physiques, psychiques et mêmes morales, puisse aboutir à un résultat diamétralement opposé à celui que l’on était en droit d'en attendre. C’est pourtant malheureusement un fait qui est loin d'être rare. Aussi est-ce au médecin qu'incombera, presque uniquement, le soin d'éviter un pareil mécompte, par les directives qu'il suggéra comme par la surveillance qu’il exercera. L'orientation de ses études le rend apte,

plus que tout autre, à connaître le fonctionnement.

de l’organisme humain, à savoir la mesure de ses

besoins, à estimer la limite de ses possibilités.

- Nous ne nous sommes pas contenté de vingttrois observations que nous avons pu recueillir dans

le Service de notre maître, le D' René Bénard, où

de celles qu'il avait pu prendre comme médeciu

consultant d’un de nos grands Réseaux de la S.N. C.F., observations qu'il a bien voulu nous communiquer, et que l’on trouvera à la fin de ce travail.

Selon son conseil, nous nous sommes rendus

sur les terrains même de sport et dans les salles de

gymnastique ; aussi pouvons-nous joindre aux 23

observations précitées, les observations de 60 spor Le tifs se répartissant en 47 gymnastes, 8 coureurs à pied et 5 joueurs de rugby, dont les âges s’échelonnent entre 10 et 60 ans, mais avec une grande

prédominance entre 15 et 30 ans.

La réaction du sport sur l’organisme a fait l’ob-

jet de nombreux travaux. Le sujet n’en est pas moins extrêmement vaste et complexe. L'une des

raisons de cette complexité tient pour une part importante aux conditions mêmes dans lesquelles doit se faire l’observation. Lorsqu'un sujet malade vient nous consulter, il se prête facilement, cela se conçoit, à notre examen, car il espère que de cet examen peut découler un diagnostic dont dépendront directement son intérêt et sa santé. Mais qu’un sujet bien bâti et bien portant soit sollicité par un médecin de se laisser examiner uniquement dans l'in-

térêt de la science : on comprendrait aisément qu'i! soit tenté de répondre à cette sollicitation par une fin de non-recevoir. Et il y a lieu d'ajouter, d’autre part, que les milieux sportifs sont assez fermés. Aussi est-ce pour nous un devoir de rappeler ici la bienveillance avec laquelle nous vimes s'ouvrir devant nous les portes du Bon-Conseil, et de la Nicolaïte, l’un et l’autre de la F.G.S.P.F., du Club Olympique d’Aubervilliers et du Racing Club de France ; en remerciant leurs directeurs, il nous est agréable d'y ajouter notre gratitude pour la bonne grâce avec laquelle 60 de leurs membres se prêtèrent à notre examen.

Vouloir tirer des conclusions précises et définitives d'un examen pratiqué dans des. conditions forcément déplorables d’un petit nombre de sportifs serait une erreur. Contribuer à l'étude du retentissement du sport sur l'appareil cardio-vasculaire, et en dégager des directives pratiques pour surveiller, doser, et éviter le résultat néfaste du sport : telles furent nos intentions.

Ce travail se divise naturellement en trois parties :

I. — Le retentissement normal, habituel du sport sur l'organisme ; nous étudierons dans des

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