‹ Le cœur en exil [microforme]Chapitre 18 sur 55 · ES · texte numérisé non relu

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PAYSAGES POLAIRES

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PAYSAGES POLAIRES

Au poèle Guy Delahaye.

I E firmament arctique étoile sa coupole, 1 Le vent glacé des nuits halène irrégulier

Et fait étinceler tous les astres du Pôle, Le Cygne crucial, la Chèvre, le Bélier.

Rideau de gaze en sa transparence hyaline,

Les écharpes de l'air flottent dans les lointains, Comme un disque argenté, la Lune cristalline Plonge dans l’Océan ses deux grands yeux éteints.

Telle que nous la montre, étrange architecture

De neige et de glaçons étagés par degrés,

Sur la page de pulpe ou sur la couverture,

Le dessin suggestif des livres illustrés,

Géante elle apparait, manoir ou cathédrale, La banquise polaire avec grottes à Jour, Comme un magique écran de clarté sépulcrale,

Où l'on voit s'ériger les créneaux d'une tour.

Elle a porche sur mer à sa vaste muraille Avec des escaliers de larges monceaux vifs Où nul pas ne se pose et que la lame taille

Et qui sont, émergés, de somptueux récifs,

Edifice branlant d'assises colossales Aux colonnes d'azur, aux piliers anguleux, J'y vois des corridors et de profondes salles

Où pendent par milliers cristaux et lustres bleus,

Trésors inexplorés de fausses Pierreries, Aiguilles et joyaux, métal immaculé, Parmi leur amas clair les marines féeries Jadis ont déposé la coupe de Thulé.

PAYSAGES POLAIRES

Li, bien loin, du cèté des étoiles polaires, Se dresse l'enfer froid des hauts caps convulsifs, Et je crois voir les flottilles crépusculaires

Errantes sur le globe aux âges primitifs.

Monts à pie Gitubant sur une mer étale, Cascades d'argent pur dont le saut fait un lac. Dolmens bruts avec leurs tables horizontales,

Mevhirs et tumuli, vastes champs de Carnac,

Par bandes les surs blanes seront expiatoires; L'ecume aux dents, lascfs ils biulleront d'ennui Tandis qu'à Fhorizon, au 14s des promontoires

Brillera, globe d'or, le soleil de miauit,

Les fiers Aveñturiers, captifs de la banquise, En leurs tombeaux de glace à jamais exilés,

Avaent rêvé que leur gloire S'immortalise :

Le Pôle comme un Sphinx demeure inviolé,

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Sur une ile neiseuse, avouant la défaite EL l'amertume au cour, sans vivres, sans espoir, [ls cravèrent leurs noms, homicide conquête,

EU tristes, résiwnés, moururent dans le soir,

Les voiles luxueux d'aurores magnétiques,

Déroulant sur le soutfre immense du Chaos

Leurs franges de couleurs aux éclairs prismatiques

Ont enchanté Ja fin tragique des Iéros,

Leur sang se congela, plus de feux dans les tentes, Dans un songe livide ont-ils revu là-bas Par delà la mer sourde et les ulaces flottantes

Le clocher du village où l'on sonne les glas ?

Et, regrets superflus germés dans les Erèbes, La vigne ensoleillée au pan du toit natal, Le miracle, à lPété fertile, de la vlebe,

Avec le cendrier, F'âtre familial ?

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