DE CRAINTE QUE TROP TOT
D crainte que trop tot la coupe ne Se vide
Mieux vaut dès à présent y boire le plaisir.
C'est quand le jeune fruit s'offee à la lèvre avide
Qu'à l'arbre de la Vie il nous faut le saisir.
Aimons l'amour naïf aux sincères Caresses
Qui nous frôle, enfant blond aux pensers pe subtils L1
Profitons bien de nos fugitives 1Vre8$es
Et de tous nos bonheurs, modestes semblent-ils.
Refuses-tu vraiment, dédaigneux ou timide, D'odorer l'églantine au buisson matinal?
Prends garde qu'au bouton suave, frais, humide, Ne survive demain que l'épine du mal,
Peu souvent le plaisir est égal à la peine Ici-bas, sournoise, où nous guette la douleur. Hätons-nous de cueillir un peu de joie humaine
Lorsque li Volupté nous tend sa joue en fleur.
Tout appel de FAmour est noble, magnifique, À mon cœur chaleureux de jeunesse chargé.
Que fais-tu, pale amant du beau Rêve mystique?
Tu méprises la Vie; elle peut se venger.
Bientôt peut triompher l’implacable souffrance, Et tu n'auras pas su les vives voluptés Que prodigue l'amour dans son exubérance,
— Regrette bien, hélas! tes jours déshérités. —