‹ Le cœurChapitre 2 sur 21 · JUILLET · texte numérisé non relu

JUILLET

Celui qui sait le cœur de la femme possède la vie. Je ne connais rien, rien du tout, car je ne connais que le cœur de ma maîtresse juive. Au début de ce lamento d'amour, où veut se complaire dans le souvenir, . qui recommence le péché, ma rage inassouvie de baisers, ma chère d'antan ! j'éprouve un frisson. Soudain, il monte du cœur à mon cerveau dont,

semblable à un fluide électrique, il secoue

les circonvolutions. Puisque je suis écrivain, amuseur du public, je suis bien forcé, pour faire mon métier sincèrement, de mettre à nu devant lui mes pensées intimes, effarouchées comme des vierges, à la minute où l'épousé dévoile l'amoureuse, de rassembler quelques notes tracées, à la hâte, le soir, suivant mon habitude, certaines lettres que tu m'as rendues, de ranimer, de mémoire, afin d'en écrire le récit, notre amour décédé.

Oui, j'ai peur que, durant ces jeux dangereux, mon amour ne ressuscite, et je ne veux pas, mon adorée, je ne veux plus! On souffre trop, vois-tu, lorsqu'une passion agonise, et je tremble que, comme un cadavre décapité, elle n'ait encore, dans le panier taché de sang, d'atroces soubresauts.

Tu n'as pas de ces craintes, toi, car est trop bien mort ton amour pour moi, si jamais il exista, si jamais même un sentiment autre que l'égoïsme battit sous ton sein.

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