‹ Le coffret de SantalChapitre 11 sur 107 · L'ARCHET · texte numérisé non relu

L'ARCHET

A MADEMOISELLE HJARDEMAAL

Elle avait de beaux cheveux, blonds Comme une moisson d'août, si longs Qu'ils lui tombaient jusqu'aux talons.

Elle avait une voix étrange,

Musicale, de fée ou d'ange.

Des yeux verts sous leur noire frange.

CHANSONS PERPÉTUELLES 3l

Lui, ne craignait pas de rival, Quand il traversait mont ou val, En l'emportant sur son cheval.

Car, pour tous ceux de la contrée^ Allier e elle s'était montrée, Jusqu'au jour quil l'eut rencontrée.

L'amour la prit si fort au cœur.

Que pour un sourire moqueur, Il lui vint un mal de langueur.

Et dans ses dernières caresses :

« Fais un archet avec mes tresses^ Pour charmer tes autres maîtresses. >.

Puis, dans un long baiser nerveux, Elle mourut. Sttivant ses vœux, Il fit l'archet de ses cheveux.

Comme un aveugle qui marmonne.

Sur un violon de Crémone Il jouait, demandant l'aumône.

Tous avaient d'enivrants frissons A r écouter. Car dans ces sons Vivaient la morte et ses chansons.

Le roi, charmé, fit sa fortune.

Lui, sut plaire à la reine brune Et l'enlever au clair de lune.

Mais, chaque fois qu'il y touchait Pour plaire à la reine, l'archet Tristement le lui reprochait.

Au son du funèbre langage, Ils moururent à mi-voynge.

Et la morte reprit son gage.

Elle reprit ses cheveux, blonds Comme une moisson d'août, si longs Qu'ils lui tombaient jusqu'aux talons.

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