‹ Le coffret de SantalChapitre 57 sur 107 · A MA MÈRE · texte numérisé non relu

A MA MÈRE

La blessée est contre un coussin Trempé du sang de la blessure Qu elle porte au-dessous du sein.

Qu'elle est blanche/ Le médecin N'a pas un seul mot qui rassure.

Ceux qui l'aiment, disent : « Ce soir, Sera-t-elle vivante ou morte? »

Les pauvres dont elle est l'espoir Regardent au trou de la porte.

0 France, ainsi tes jours joyeux Avaient fui dans la nuit profonde.

Ainsi nous avons cru tes yeux A jamais fermés pour le monde.

La blessée est sauvée et dort Dans son lit blanc, tout amaigrie.

Elle a frôlé de près la mort; On lui défend de parler fort, On craint même qu'elle ne rie.

Mais dehors un vent attiédi Verdit déjà les noires cimes.

Comme elle s'ennuie, à midi, Des tisanes et des régimes I

0 France, ainsi tes jours joyeux Avaient fui (ians la nuit profonde , Mais l'aube renaît et tes yeux Se sont entr' ouvei'ts sur le monde.

La blessée enfin ce matin A trompé sa garde-malade.

Elle part d'un pas incertain.

Elle a voidu sentir le thym Dans ce sentier quelle escalade.

Ses bras ne sont plus si fluets.

DRAMES ET FANTAISIES l63

Elle est plus forte. « Oh! la prairie! » Elle cueille et met des bleuets Dans ses cheveux. Elle est guérie!

0 France, ainsi tes jours joyeux Avaient fui dans la nuit profonde.

Mais, voici le soleil! Tes yeux Restent grands ouverts sur le monde.

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