‹ Le coffret de SantalChapitre 67 sur 107 · A MADAME FANNY A. P · texte numérisé non relu

A MADAME FANNY A. P

Pour le surnaturel éclat des cheveux blonds, Pour la neige du cou, l'aurore de la bouche. Je rêve une peinture oh, frêle, chaque touche Soit un sourire, prix d'efforts fervents et longs.

Le fond, ciel de septembre où le soleil se couche.

Serait de saphirs bleus, de rubis vermillons.

Ma palette serait l'aile des papillons

Et mes pinceaux des brins (le huppe d'oiseau mouche.

Je graverais d'abord avec un diamant,

En traits fins, le sourcil, l'œil, la joue et l'oreille,

Conque rose écoutant mes vers malignement.

Puis la poussière d'or et de nacre, pareille Aux éclairs de V émail, au velours du pastel, Teinterait ce portrait, pâle auprès du réel.

Page 1