SCÈNE XVII
Les Précédées , POUDRET.
POUDRET.
Eh bien î. . . Monsieur. . . Dieu ! que vois-je ! encore une pratique qu'il m'enlève... ma dernière, ma plus fidèle pratique. . . et vous aussi, tu quoque , M. Desroches , vous m'abandonnez !
DESROCHES
Non , mon cher Poudret ; calmez-vous.. . c'est un essai que je veux faire* . . allez vite chercher à Monsieur un fer à papillottes et de la pommade.
POUDRET.
O comble d'outrage I moi lui servir de second ! moi lui donner des armes pour me couper l'herbe sous le pied! pour saper , jusque dans ses fondemens , cette coiffure qui , depuis trente ans... {voyant Alcibiade qui touche la coiffure) Dieu ! . . . il ose attaquer l'aile gâche ! , . . N'y touchez pas , n'y touchez pas. . . Les Vandales ! ils feraient tout tomber sous leurs ciseaux destructeurs 5 c'est la bande noire de la coiffure.
DESROCHES
Je vous dis, Poudret, de rester tranquille.
POUDRET.
Eh! le puis-je?... quand je vois porter une main usurpatrice sur ma propriété; car votre tète m'appartient... elle est à moi. . . il n'y a pas là un seul cheveu que , depuis trente ans , je n'aie frisé ? pommadé et poudré tant en général qu'en particidier. . . et je les verrais passer en d'autres mains! dans les mains d'un ignorant : car ce n'est pas la un perruquier.
desroches , se levant.
Précisément.. . je m'en doutais.. . et c'est pour cela que je vous prie de vous taire, et d'aller exécuter mes ordres. . . V ite le fer à papillottes et la pommade. . . ou je vous donne congé.
POUDRET.
O dernier outrage réserve à ma vieillesse ! (à Justine ) Et vous, Mademoiselle, marchez devant moi : je ne veux pas que vous restiez ici , pour irafeon à'mdi connue... (à
Desroches) Vous le voulez, monsieur, je reviens dans Tinstant. . . Moi ! le doyen de la houppe , le vétéran de la savonnette. . . Dieu ! quelle humiliation pour le corps des perruquiers ! Courbons la tête puisqu'il le faut. ( à Justine , qu'il voit en sortant ) Et vous , mademoiselle , marchez devant moi.
[Il sort avec Justine. )