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LA MONNAIE AU POINT DE VUE DE L'ÉCONOMIE POLITIQUE

(Généralités. — Toute trappe ou émission de monnaies doit se taire aujourd'hui d'après des principes déterminés, qui impliquent les règles suivantes : i'' La valeur intrinsèque d'une monnaie sera le plus possible adéquate à sa valeur nominale. 2'' L'alliage, soit la combinaison d'un métal avec d'autres métaux, n'aura d'autre but que de rendre le métal constitutif moins ductible, d'obvier par conséquent à une prompte usure de la pièce. 3" L'Etat doit en toutes circonstances être à même de retirer ses espèces' de la circulation et de les échanger contre de l'or. 4" On tendra à adopter un type monétaire uniforme. 5'' Le type sera celui qui se prêtera le plus difficilement à la contre-façon. 6'^ Le monnayage sera centralisé. 7" Les quantités de numéraire en circulation correspondront aux besoins.

Dans l'antiquité et au moyen âge la plupart de ces conditions n'existaient pas. Une émission nouvelle ne constituait le plus souvent pour l'autorité souveraine qu'un artifice pour se remettre à flot ; plus la situation financière était nécessiteuse, plus on fabriquait de mauvaise mon-

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ivMC. L:i diversité des types, par conséquent le défaut d'homogénéité des pièces, d'une part; d'autre part, la multiplicité des ateliers de monnavage, — chaque seigneur s'attribuant le droit de frappe, — par conséquent la confusion qui régnait, flicilitant d'autant les procédés frauduleux, créaient des conditions éminemment fàcheusçs. Rien n'était plus simple que de f;\briquer des bractéates, par exemple ; il suffisait pour cela de se munir d'un seul coin, d'un coin quelconque, et de la première feuille de métal venue.

Retirer de la circulation ou exclure du cours légal des pièces usées ou officiellement dépréciées est une opération connexe de celle qui consiste à émettre une monnaie nouvelle ou à décréter un cours fixe. Le retrait se fit aussi pour d'autres raisons. Ainsi après la mort de Caligula toutes les monnaies frappées sous ce prince furent retirées, afin que tout vestige qui pût rappeler le souvenir de l'homme abhorré disparût. Licinius L"" en agit de même pour les pièces d' or au type « Sarmatia devicta » de Constantin I"'. D'autres fois on prohibait la circulation de certaines pièces sur un territoire donné. Au moyen âge telles souverainetés locales refusaient le numéraire étranger pour autant qu'il était de « bas aloi. » Ainsi la ville de Zurich, en 141 9, n'admettait aucune monnaie de Berne, Soleure, Zofinigue, Rheinau, Waldshut, etc. Actuellement encore certaines pièces n'ont pas cours dans notre pays, soit parce que leur titre n'est pas adéquat au titre légal de nos pièces nationales, soit parce qu'elles circulent sans garanties de retrait de la part de l'Etat émetteur. Il en est qu'on retire d'office, afin de les rendre à l'Etat qui les a frappées, telles les pièces divisionnaires d'argent italiennes à l'effigie de Victor-Emmanuel.

IjS LE COLLECTIOWEUR DE MONNAIES

Edits monétaires. — Les gouvernements — princes, villes, confédérations, Etats — paraient au moyen âge, et en des temps plus récents, à l'instabilité du cours, soit à la fluctuation de la valeur des monnaies, et à l'insécurité générale de la circulation du numéraire, en promulguant des édits ou ordonnances qui constituaient de vrais tarifs monétaires. Les « Edits », ou « Mandats », « Miïn:(jnandale » dans l'empire germanique, impliquaient la fixation de la valeur nominale et du cours obligatoire de chacune des pièces nationales ou étrangères en circulation dans le pays ; ils indiquaient les pièces qui n'avaient pas cours, celles qui pour effectuer un payement avaient cours forcé, déterminaient la part qui, dans un payement, pouvait être réglée en monnaie d'appoint, et menaçaient les contrevenants des pénalités pré\i.ies pour les différents cas. En certains pays CQs tarifs étaient lus en chaire par l'ecclésiastique de l'endroit ; dans d'autres ils paraissaient, accompagnés partois de gravures, dans ces feuilles volantes et périodiques qui à cette époque tenaient lieu de journaux. Le plus ancien de ces imprimés taxant la monnaie est d'origine italienne et date de l'an 1500. Rien que pour la Suisse et pour le laps de temps compris de 1565 à 1799 on a compté 544 de ces rescrits. Comparez : « A. Geigy : « Gedruckte Schiuei:^. Mïin:imandatc. » Bàle 1896. Pour la France, consultez Engel et Serrure : « Répertoire des sources imprimées de la Numismatique française; » pour l'Allemagne, Hirsch : « Mïm:(archiv., » etc.

Contre-marques. — Cette tarification, pour beaucoup de monnaies, ne se faisait pas seulement ainsi qu'il vient d'être dit : on taxait encore, ou plutôt on marquait la pièce elle-

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Fig. 122. Titre d'un mandat monétaire allemand de 1694.

même en la revêtant d'un signe indiquant sa valeur nominale, ce qui s'opérait au moyen d'un contre-coin, soit d'un poinçon faisant office tout à la fois de contrôle et de contremarque.

Déjà au Y"" siècle avant J.-C. les monnaies avaient été parfois ainsi surchargées d'une contre-marque conventionnelle; chez les Grecs elle représentait une figure, une tête en face (voir figure 123) ou de profil, un animal, un emblème, etc.. Dans la règle on se contentait d'une seule contremarque ; d'autres fois, sur la même pièce on en frappait deux. C'était l'équivalence appliquée à un nombreux groupe

Fio-. 123. Contre-marque du droit. Fig. 124. Contre-marque du revers.

Tête de face. Tête de profil.

Monnaie grecque (argent).

Fig. 125. Contre-marque d'Auguste.

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