‹ Le collectionneur de monnaiesChapitre 45 sur 66 · COLLECTIONS VENDUES · texte numérisé non relu

COLLECTIONS VENDUES

Les collections les plus importantes qui au cours du XIX'-' siècle ont passé aux enchères publiques ( voir les catalogues détaillés qui en existent encore) sont indiquées ciaprès et par ordre clironologique des ventes :

Année. Nom du vendeur et ville.

1834 G. Heinricli v. l^ssen, l:lambour.L;. ' .

1836 Dickmans, \'iennc.

1839 V. Frank, Vienne.

1842 V. Brcttfeld-Chlumczanzkv, Vienne.

1843 V. Sallaba, Vienne.

1844 F. Sales Frank, Vienne.

1845, 46 et 47 Wclzl V. W'ellenheim, Vienne.

1846 ]\I. Oberndorffer, .Miinich.

J855 Raoul Rochette, Paris.

1857 Baron Ik'hr, Paris.

1857 L. de Traux, Vienne.

1857 ]\Iann llartwig, IJambourt^.

1863 et 64 Frh. Maretich de Riv. Alponin, Vienne.

1865 C'= Pourtalcs-Gorgicr, Paris.

1867 et 69 J. Gréau, Paris.

1867 Prospcr Dupré, Paris.

1868 J. C. Appel, ]lam])ourg.

1868 Th. Ma ver, \'ienne.

Année. Nom du vendeur et ville.

869 Badcigts de Labordc, Paris.

869 Ferd. Ockel, Berlin.

869 Frz. V. Klcbclsbero;, ^'icnnc.

869 San Giorgio, Paris.

869 Chr. Sedlmaicr, JNlunich.

0 Baart de La Taille, Amsterdam.

2 Aloys Heiss, Paris.

2 ^larquis de Moustier, Paris.

2 Jules Lommé, Paris.

2 C. Richard, Paris.

880 A. Crignon de Montigny, Paris.

881 Al. Colson de Xoyon, Paris.

881 et 93 Bart. Borghesi, Rome.

886 P. Charles Robert, Paris.

891 Friedr. v. Schennis, Francfort.

891 Lorenz Kôhler (Cassel), Francfort.

892 D^ Lippcrt (Sulzfeld), Francfort.

892 Df (7. J. Suhm (Constance), Francfort.

893 Giuscppe Tambosi (Rovereto), Francfort.

893 Dr Xik. Kosloff (St Petersbourg), Francfort.

894 Friedr. Och (Munich), INIunich.

894 Jul Meese (Hanovre), Munich.

804 Wilh. Schratz (Ratisbonne), Munich. 896 V. Donop (Wcimar), Francfort.

Suisse : Xikl. Harschcr, Bâle.

K. Lohner, Thoune.

Sal. Vôgclin, Zurich.

J. J. Schmid, l^âlc.

J. H. Schinz, Zurich.

J. j. Aniict. Soleurc.

Faesch, lîâlc.

Quiquerez, DélcMiiont.

Furger, Coire.

Wunderly, Zurich.

lUirki. Berne.

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Trouvailles. - C'est dans le pavs nicmc où clic aura ctc frappée qu'on aura, toutes choses égales d'ailleurs, le plus de chances de retrouver une monnaie ; à cet égard il convient de rappeler que plus la population était dense, plus le besoin de numéraire était grand, plus grande aussi la consommation de numéraire, et plus nombreuses les monnaies qui disparaissaient. Toutefois, et sans parler des monnaies romaines qui ont roulé si longtemps partout, une infinité de trouvailles de pièces anciennes ont été faites là où ces pièces avaient cours au moment de leur enfouissement ou de leur disparition. Les pièces de Darius circulaient bien au delà des frontières de son empire, les a Philippe d'or » de la Macédoine pénétraient jusque dans les plaines de la Russie d'alors et dans les pays qui constituent aujourd'hui la Pmsse ; l'argent d'x\lexandrie, de Marseille se répandait en Suisse ; les deniers d'Auguste étaient expédiés à Ceylan, comme passaient en Sibérie les monnaies des Arsacides, et en Hongrie les Tétradrachmes de Lysimaque. Tout le monde sait que le thaler de Marie-Thérèse était monnaie courante en Abyssinie, l'Alphonso d'Espagne et le Cruzado du Portugal dans les deux Amériques. Les trouvailles de monnaies anciennes peuvent se ramener à trois types : on ne trouve que des monnaies isolées, c'est le cas le plus fréquent, lors de la démolition d'un mur, d'un bain, d'une tour, ou lorsqu'on drague une rivière, un port, en un mot lorsqu'on fouille sur l'emplacement ou dans les parages d'un lieu de colonisation, d'une route commerciale ou militaire, d'un cimetière. Ou bien on tombe sur un trésor, tout au moins sur un monceau de pièces, souvent très bien conservées, parmi lesquelles gisent des spécimens neufs,, intacts ; le tout est renfermé dans une amphore ou quelque pot enfoui dans une période de troubles ou de

guerre. Au cours des invasions, des désastres, pendant l'époque sanglante de la guerre de trente ans, lors de la Ligue, de la Fronde, dans les premières années de la Révolution, les populations enfouissaient ainsi leur avoir, et, les propriétaires n'ayant pas reparu, la cachette, entre temps restée inviolée, attendait. On a retrouvé de ces fortunes un peu partout, jusqu'en Laponie. Le magot est constitué le plus souvent par des pièces qui avaient cours au moment de l'enfouissement; autant de documents chronologiques importants pour la numismatique historique. Le troisième type de trouvailles est celui où l'on à aftaire à un assemblage de monnaies hétérogènes ; le trésor est un mélange de provenances diverses, il tient de la collection et de la tire-lire, où l'avant droit versait, au fur et à mesure, ce qu'il acquerrait ou mettait de côté; souvent l'origine est suspecte en ce sens que l'argent peut provenir d'un vol, c'était peutêtre le contenu d'un tronc d'église, ou bien il représentait une part de butin.

L'offre et la demande. — La numismatique, elle aussi, a son marché où l'offre et la demande maintiennent le prix des monnaies en équilibre. L'offre croit en raison des trouvailles. Quant à la demande, elle tend à croître en raison de l'augmentation de la population et d'un degré supérieur de civilisation, parce que, aussi, concurremment à l'intérêt scientifique, la curiosité ou, si l'on veut, le goût d'un sport numismatique va grandissant. La demande de monnaies anciennes est plus marquée qu'il y a quelques années, là surtout où la culture est générale et la civilisation rathnée. Aucun pays ne possède un si grand nombre de belles collections publiques et privées que la I-rance, où les plus grandes richesses numismatiques du inonde entier ont al Hué.

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Estimation des monnaies. - - Le prix d'un objet représente la valeur de cette chose, mais la valeur est ce qu'on peut obtenir en échange de cette chose suivant une juste estimation. Outre la valeur usuelle il v a la valeur vénale, qui est le rapport de quantité existant entre les choses au point de vue de l'échange, et qui souvent est encore une valeur factice. La rareté d'un objet constitue un des éléments qui taxeront le prix ou la valeur. En tait de monnaies, il iaut tenir compte de tant de ditlerents facteurs, sans parler des facteurs ordinaires qui relèvent de l'ofiVe et de la demande, qu'il est très difficile, si ce n'est impossible, d'évaluer les monnaies, car nous manquons de bases sûres pour appuyer nos calculs. La rareté est la principale déterminante pour fixer la valeur d'une pièce, mais par elle-même elle n'est rien, car une pièce rare mais détériorée n'atteindra pas le prix d'une pièce très ordinaire, mais belle. La rareté doit donc aller de pair avec l'état de conservation d'une pièce. Somme toute les prix sont en général à la hausse, toutefois et grâce à de récentes trouvailles, — les trouvailles modi fient constamment les cours, une pièce cotée autrefois comme étant rare descend alors à un prix relativement bas, — - certaines catégories ou spécialités voient leur prix fléchir.

Conditions idéales des monnaies de collection. — Pour qu'on puisse dire d'une pièce qu'elle est belle, il tant : i" que les coins aient été gravés d'une façon irréprochable et qu'ils n'aient pas présenté de Assures, ce qui était assez fréquent et ce dont on se rend facilement compte en examinant soigneusement l'empreinte. 2"" Que la frappe ait été opérée correctement, c'est-à-dire que le type dans son ensemble : l'effigie, la légende, les signes, ressortent à l'état

de complet relief, ce qui ne peut avoir eu lieu que si le flan a été frappé selon les règles de l'art, y Que la forme de la pièce, c'est-à-dire le rond ou pourtour, soit intacte. Un coup de marteau donné à faux suthsait pour faire dévier le flan qui glissait alors vers la périphérie ; la pièce était inégalement formée, parfois l'eftigie se trouvait doublée par accident, et les bords étaient irréguliers, souvent comme déchiquetés. 4° Que le bord de la pièce ne présente aucune trace de rognure ou de limure. 5° Qu'elle n'ait été ni dorée ni argentée. S"" Qu'elle ne présente ni trou ni œillet de suspension. 7° La surface sera complètement intacte, elle n'aura été ni grattée, ni noircie, ni corrodée par le feu ou les acides. 8° Enfin, la pièce ne doit pas être trop usée. Ces nombreux desiderata se résument en ceci que le collectionneur recherchera avant tout les pièces présentant autant que possible l'état de neuf. L'éclat du neuf, (« fleur de coin » ), (ail. « Stempelglanz » ) implique l'état idéal d'une monnaie.

Valeur marchande des monnaies. — Quant au prix des difterentes monnaies nous ne pouvons en donner un aperçu, même approximatif. Mionnet taxait en 1827 une pièce d'or de l'empereur Laelianus, 300 fr. ; Cohen, en 1886, la taxait de 1500 à 1800 fr. ; elle atteignit 2700 fr. à la vente Ponton. Mionnet et Cohen évaluaient une pièce d'or de Nigrinien à 400 fr., respectivement à 2000 tr. ; on la vendit 4050 fr. Un Brutus en or taxé 1500 fr. en 1880, fit 3400 fr. A cette même vente, un Constantin L' en or trouva preneur à i o 800 fr. Les monnaies romaines en argent sont d'un prix relativement modique ; il faut monter, lorsqu'il s'agit d'un exemplaire de souverains n'ayant régné que peu de temps: un Othon, un Macrin, un Balbin, un Pupien, par exemple, valent de 10 à 20 fr. Pour 20 à 50 fr. on peut

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acheter un Caliguki, une Aquilia, un Maxime h', un Macrien, un Quietus, etc. ; un Pertinax, un julien 1"% un Gordien I"', un Gordien II, etc., valent de 50 à 100 tV. Pour d'autres empereurs, certaines impératrices, tels princes, il tant compter par cent et par mille. Consultez : Cohen, « Description des monnaies frappées sous Tempire romain, » 2' éd.; et Gnecchi, Monete romane, p. 168-173. Les monnaies de l'époque prémédiévale sont d'un prix très élevé. Les sous d'or mérovingiens coûtent de 700 à 800 fr. pièce. Consultez dans Blanchet, J. (voir Bibliographie) l'aperçu sur la valeur marchande des monnaies, etc., p. 499- 505. On v trouve les prix des monnaies Mérovingiennes, Carolingiennes, de la troisième race, les monnaies féodales, etc.

Commerce de monnaies. — Qui dit collection, dit marchands. A l'époque où l'on commençait x recueillir les monnaies, les antiquaires et les orfèvres s'occupaient de tout ce qui concernait la vente ou les achats. Aujourd'hui le commerce des monnaies est de\enu une spécialité. Certaines maisons l'exploitent systématiquement. On en trouve partout. En 1894, ^^^ numismates F. et E. Gnecchi, de Milan, avaient fait le recensement des collectionneurs, des marchands et des raisons sociales relatives au commerce en question; ils avaient pu ainsi rassembler 4792 adresses. Ce chifire est au-dessous de la réalité. (Guida mimisniatica universale de F. et E. Gnecchi. Milan, Cogliati, 1894.)

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