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CHAPITRE I Le Collège Canadien à Rome

Ce fut Son Éminence le cardinal Howard, protecteur de la Compagnie de Saint-Sulpice, qui eut le premier, l'idée d’un collège ecclésiastique pour le Canada à Rome.

L'Amérique avait déjà deux inaisons de ce genre pour Ceux qui suivaient les cours des universités romaines: le Collège Américain du Nord, et le Collège Américain du Sud: Le Collège Canadien est venu compléter la liste des collèges d'Amérique à Rome.

Jusqu'alors, les ecclésiastiques du Canada, qui venaient à Rome pour y compléter leurs études, se retiraient presque tous dans les différents

collèges de la ville: ceux qui étaient de langue

française allaient d'ordinaire au Séminaire Fran-

ais —Sta Chiara où ils étaient reçus si cordiale men et dont ils ont gardé un si bon souvenir,

Pour réaliser son projet, le cardinal Howard pensa immédiatement aux Messieurs de $t- Sulpice qui avaient déjà, à Montréal, un Petit Séminaire un Séminaire de Philosophie ct un Grand Séminaire: un collège ecclésiastique à Rome ne pouvait que compléter l'enseignement qu'ils donnaient déjà, avec tant de succès, aux élèves qui leur venaient en foule du Canada et dés États-Unis. M. l'abbé Ls Colin, supérieur des Sulpiciens à Montréal, se mit en rapport avec NN.SS. les évêques du Canada, qui furent heureux d'approuver ce beau projet; et après des Pourparlers très bienveillants avc le BOuVernement du Canada et la Couronne d'Angleterre, il obtint l'autorisation voulue, et on s2 mit aussitôt à l'œuvre.

Le 24 février 1887 avait lieu la bénédiction de la première Pierre du Collège Canadien.

La cérémonie revêtit un caractère de solennité, qui

attachait

Marquait l'importance que l'on à cet évènement: c'était tout un pays

qui se rattachait ;

Rome par des liens plus étroits.

Ce fut le cardinal Howard qui présida la bénédiction.

Parmi les assistants on remarquait M.

l'abbé Icard, supérieur-général de Saint-Sulpice, Mgr Jacobini, secrétaire de la Propagande, plusieurs évêques, les recteurs des collèges anglais, irlandais, écossais, arménien, et quelques prêtres canadiens de passage à Rome

On dépe : dans la première pierre l'inscription suivante:

:NNO : CHRISTI : MDCCCLXXX VII DIE : 24: FEBRUARII ONE : XIII + PONTIFICE : MAXIMO VICTORIA : BRITANNIAE : MAIORIS : REGINA CANADENSIS : REGIONIS : DOMINA INDIARUM : IMPERATRICE EDU ARDUS :- HOWAR® CARD. : EPISCOPUS : TUSCULANUS SODALITATIS : PRESBYTERORUM : A : S.: SULPICIO PATRONUS SEMIN ARIO : CANADENSI SUB : PRAESIDIO : ET . TUTELA B. : PATRIARCHAE : IOSEPH AEDIFICANDO LAPIDEM : SACRUM : AUSPICALEM RITE :+ POSUIT

Puis, on continua de travailler à la construction du Collège Canadien, toujours d’après les plans de l'architecte Carimini. On sait que la Rome actuelle est bâtie sur des décombres, C’est pourquoi on fut obligé de creuser beau- COUP pour asseoir solidement les fondations du Collège. A l'automne de 1888 tout était à peu près tern ‘6.

La Semaine Kéligieuse de Montréal, dans son numéro du 8 décembre 1888," en donne la description suivante:

(L'extérieur, par ses arcades, ses larges galeries, son élégante colonnade, rappelle un peu le splendide palais de la Chancellerie. L'intérieur est admirablement distribué, et le confort C2 nos maisons Canadiennes s’y ajoute

aux splendeurs des beaux escaliers de pierre, des mosaïques romaines, des colonnes de marbre et de granit. Le réfectoire a quelque chose de monacal; la chapelle sera un véritable bijou.»

Le collège est sous le patronage de saint Joseph: il a déjà coûté aux Messieurs de Saint-

Sulpice de Montréal plus de quinze cent mille

1 Article de l'abbé Bruchési.

S. G. Mer CuaRLes-ÉnouarD FABRE Archerêque de Montréal, 1876-1896

ES, jee

francs. C'est un cadeau royal que l'illustre compagnie a fait au Canada catholique, qui est heureux de le proclamer à la suite de ses évêques.

Dans les derniers jours du mois d'octobre mil huit cent quatre-vingt huit, un matin, quelques prêtres can: liens arrivaient à Rome et descendaient à la gare di Termini: c'était quelques-uns des premiers élèves du Collège Canadien. Ils venaient, pleins d’ardeur, pour perfectionner leurs études ecclésiastiques à Rome même, le centre de l'unité catholique, la ville des Papes, la ville des souvenirs.

Le Collège n'était pas encore tout-à-fait terminé: on n'y pouvait loger. M. l'abbé Captier, procureur de Saint-Sulpice, voulut bien recevoir les prêtres canadiens avec ‘ne bienveillance charmante, et les inviter à uner à la Procure.

Dans l'après-midi, on se rendit chez les PP. Oblats: ils étaient installés depuis peu de temps dans leur nouvelle maison. Le P. Cassien Augier était alors procureur de la communauté ;

il reçut les prêtres Canadiens avec la plus granue bonté.

À cett® époque la rue dei Serpenti n'était Pas encore ouverte du côté du Colisée, près duquel est bâtie la Procure des PP. Oblats; on travaillait encore à tracer la rue Cavour, et le plus court chemin Pour aller à la Procure, c'était de mont r par l'escalier voûté qui débouche sur la place S. Pietro a Vincoli, sur laquelle s'élève la célèbre église du même nom.

Ce fut dans cette maison, tout près du Colisée, que les élèves du Collège Canadien résidèrent pendant plus de deux semaines, et ils se rappellent encore avec reconnaissance les attentions délicates que l’on eut pour eux.

Chaque matin, ils partaient pour suivre les cours des différentes universités de la ville de Rome. La plupart allaient à la Propagande où Mgr Satolli, alors archevêque de Lépante, enseignait le Dogme, dans l'après-midi, le professeur Lauri donnait des cours sur les Sacrements, et le regretté professeur Chechi enseignait la Morale. En philosophie, Mgr Lorenzelli donnait son cours.

Pendant ce temps, les ouvriers achevaient

de fermer les grandes fenêtres ou plutôt les

vitraux du réfectoire du Collège Canadien: les autres menus travaux, qui restaient à faire, ne pouvaient empêcher les élèves de s’y installer: ils le firent avant l'inauguration qui devait avoir lieu le 10 novembre 1888.

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