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« Hosli patriae honores detrahantur. »
« Parricidae honores détrahantur. »
« Parricida trahatur. »
« Hostis patriae, parricida, gladiatos in spoliario lanietur. »
« Que les honneurs soient refusés à l'ennemi de la patrie! Que les honneurs soient refusés au parricide ! etc., etc. Mais voici un passage encore plus caractéristique :
Juppiler optimè mazximé »,
Serva nobis Pertinacem ».
Fidei prætorianorum feliciter ».
Prætorüs cohortibus feliciter ».
Exercitibus Romanis feliciter ».
Pietati senatus feliciter »,
Parricida trahatur, rogamus, Auguste, parricida trahatur ». Hoc rogamus, parricida trahatur, exaudi Cœæsar ». Delatores ad leonem, exaudi Cæsar ».
Te salvo, delatores ad leonem ».
Te imperante, delatoribus fuslem ».
Exaudi Cæsar : carnifex unco trahatur ».
Carnifex senatus more majorum unco trahatur ».
Sævior Domitiano, impurior Nerone, sic fecit, sic patiatur ».
Nous ne croyons pas n icessaire de traduire, Même ceux de nos lecteurs, qui ne sauraient pas le latin, pourront remarquer que c'est le même mouvement, le même rythme que dans les litanies, et parfois les mêmes expressions.
Dans la vie d'Alexandre Sévère — p. chr. n. — 222-235, — par
Aelius Lampridius, — je trouve ce qui suit, aux chapîtres 6 et 11 :
« Pridie nonas Martias, cum senalus frequens in curiam (hoc est in ædem Concordiæ templumque inauguratum) convenisset, rogatusque esset Aurelius Alexander Caesar Augustus, ut ed veniret, ac primd recusasset, quod sciret de honoribus suis agendum, deindè postea venisset, adclamatum » — « La veille des nones de Mars, le sénat s'étant rassemblé dans la curie, c’est-à-dire dans la demeure et le temple de la Concorde, et ayant prié Aurèle Alexandre César Auguste d'y venir, celui-ci déclina d'abord l'invitation, sachant qu'on voulait lui rendre des honneurs, mais il s’y rendit ensuite, et fut ainsi acclamé :
« Auguste innocens, di te servent! »
« Alexander imperator, di te servent ! »
« Di te nobis dederunt, di conservent ! »
« Dile ex manibus impuri eripuerunt, di le perpetuent! »
Antonini nomen suscipias rogamus ».
Præsla bonis imperatoribus, ut Antoninus dicaris ». Nomen Antoninorum lu purifica ».…
Auguste innocent, que les dieux te conservent ! »
Alexandre empereur, que les dieux te conservent! »
Les dieux t'ont donné à nous, que les dieux te conservent ! »
Les dieux t'ont arraché des mains de l'impur, que les dieux te perpétuent ! »
« Nous vous en prions, prenez le nom d'Antonin ». etc.
— Également, dans la vie de Claude — P. chr. n. X'8-270, — par
Trebellius Pollion, au ch. IV estun autre passage du m!me genre, qu'il
serait, je pense, superflu de citer. Nous devons en avoir dit assez pour
prouver, en effet, que l'Eglise catholique, en introduisant, dans sa
liturgie, ces prières que l'on nomme litanies, n’a fait qu'utiliser pour
SU
son culte, et appliquer au vrai Dieu et à ses saints, des formules qui, pour la plupart, avaient cours dans le paganisme, et servaient à honorer les idoles et les empereurs. Ce n'est, certes, pas là le seul exemple de sage assimilation qu'elle nous ait donné.
Établie au cœur même de l'empire romain, — sifortement organisé, soumis à une discipline à la fois si savante et si pratique, administré avec un art si serein et si profond, — l'Eglise emprunta à ce grand corps des éléments qu'elle remania et adapta à sa vie propre. Il est vrai qu’elle tenait du Christ l'essence de sa constitution. Mais, puisque son divin Fondateur l'avait établie sous forme de vraie et parfaite
société, il n'y a rien eu que de normal à la voir se modeler, dans le
détail, sur le régime le plus admirablement hiérarchisé, le plus sa-
vamment constitué qui fut jamais. D'ailleurs, la Providence, qui avait voulu que le « grain de sénevé », semé par Jésus, en Palestine, fut transplanté dans la Rome des Empereurs, ne l'avait pas fait sans une intention profonde, que l’histoire de l'Eglise a suffisamment dévoilée. La Rome papale devait succéder à la Rome impériale. Les Romains avaient été, à travers le monde, les précurseurs inconscients de l'Evangile. Ils avaient, par leurs conquêtes et leur système de gouvernement, ouvert la voie à l'apostolat, et comme préparé les peuples à un règne supérieur et spirituel : celui de l'église.
Quoi d'étonnant, dès lors, de retrouver, dans les pratiques de cette Eglise, dans ses lois, dans son fonctionnement, dans sa manière de gouverner, des choses évidemment inspirées du pouvoir souverain qui l'avait précédée, et sur les débris duquel elle devait établir son immortelle royauté ? Dieu se sert de tout. Et souvent les hommes se font, sans le vouloir le moins du monde, sans même s'en douter, les instruments de son action.
— Voilà les considérations qui me sont suggérées par ces vieux textes latins, dans lesquels il faut chercher, je crois, l'origine, l'idée première de nos litanies. Je remercie cordialement M. Greene de me les avoir signalés. Tout le mérite de cette trouvaille, — si trouvaille ilya,
— lui revient. Et nos lecteurs s'empresseront, tout comme nous, de lui en faire compliment (x).
(1) Nous ne voulons pas absolument donner ceci comme une découverte, précicuse en liturgie. C'était, en tout cas, une révélation pour nous, Aucun des auteurs que nous avons sous la main, Cabrol, Leclercq, et autres, — ne traite cette question d'archéologie chrétienne. M. Greene aime tout ce qui se rattache aux choses liturgiques. L'un des livres de sa bibliothèque, qu'il a le plus de plaisir à feuilleter, est un vieux missol romain. Cette disposition d'esprit est assez curieuse chez un homme, excellent d’ailleurs, mais qui n'appartient pas au catholicisme.
PROGRAMMES D'ÉTUDES — LES DEGRÉS UNE LECON D'ÉCRITURE SAINTE LE ‘COLLEGE LIBRARY”
Samedi 4 avril
Que de matières l'on enseigne à Brown! Je crois vraiment que toutes les branches des connaissances humaines figurent au programme. Qu'on en juge pas l'énumération suivante :
— Histoire de l'art ancien et moderne; théorie des beaux-arts; leçons de dessin, de peinture, de sculpture, d'architecture ; l’art de la Renaissance est spécialement étudié.
—- Les diverses espèces d'astronomie.
— Littérature et histoire bibliques : cela comprend l’hébreu, l'arabe, la littérature hébraïque, la critique textuelle de l'ancien et du nouveau testament, l'histoire et la littérature juives, l'histoire et la littérature
chrétiennes des premiers siècles, principes de critique et de recherches historiques.
— La Botanique.
— Toute la chimie.
— Toutes les formes du génie civil.
— L'anatomie comparée.
— Science économique.
— L'anglais, comme langue et comme littérature. — La biologie.
— Langues et littératures germaniques.
— Histoire et littérature de la Grèce.
— Histoire de l'Europe, depuis le Moyen Age jusqu'à nos jours.
Histoire politique et constitutionnelle des États-Unis. Cours général d'histoire américaine. Principes de critique et de recherche historiques.
— Philologie indo-européenne.
— Toutes les branches des mathématiques.
— La mécanique.
— La philosophie, et, sous cette rubrique, l'on comprend la logique, la psychologie théorique et expérimentale, l’histoire de la philosophie, l'éthique, la philosophie de la religion. M. Meiklejohn donne un cours spécial de philosophie kantiste et post-kantiste. La « Crilique de la raison pure » ÿ est étudiée en tant que source de l'idéalisme allemand.
— L'éducation : Son histoire. Étude critique de l'éducation
moderne. Principes fondamentaux de l'éducation. Psychologie et hygiène de l'éducation. Méthodes pratiques d'enseignement,
— La physique.
— L'électricité,
— Histoire et littérature romaines.
— Langues et littératures romanes : on entend par là les trois littératures espagnole, italienne’et française.
— Science politique et sociale.
— Enfin, la culture physique.
L'on estimera, sans doute, que cette liste est assez longue. Voilà un programme bien rempli. Il y en a pour tous les goûts et toutes les aptitudes. L'on aurait, en effet, bien tort de s'imaginer que les étudiants doivent s'initier à toutes ces diverses branches du savoir humain. Cela serait d'abord matériellement impossible. Ou trouver, dans les quatre années de cours, le temps de faire de tout cela à la fois ? Aucun cerveau n'y pourrait tenir. Et puis, quel génie serait assez universel pour embrasser des matières si diamétralement oppo-
sées, — la bible et la mécanique, — l'histoire littéraire et l'électricité, la philosophie de Kant et le génie civil, — assez souple pour passer, sans effort, de l'une à l'autre ? Et où mèneraient des études si différentes ? Quel en serait le fruit ?
Les Américains sont, certes, trop pratiques pour courir après de pareilles impossibilités. Voici, au contraire, ce qui se passe, et comment l'on procède.
L'Université Brown confère divers degrés. On peut y obtenir le titre de « Bachelier-ès-arts », — « Bachelier-en-Philosophie », — « Bachelier-ès Sciences », — (génie civil, mécanique, ou électricité). Nous laisserons de cité, pour le moment, les grades supérieurs de « Maitre-ès-arts », — « maitre-ès-Sciences », et de « Docteur en Philosophie ». — Ce dernier litre est le plus élevé qui soit accordé ici, — l’Université n'ayant pas encore de Faculté de Droit ni de Médecine. Et l'on peut se demander si elle en aura jamais, si elle ajoutera jamais ces deux départements à la liste de ses cours déjà si nombreux ? — La chose est fort douteuse. L'établissement d'une Faculté de médecine coûterait, à lui seul, plusieurs millions. Car, si l'on faisait tant qu'en fonder une, il faudrait de suite la mettre sur un pied qui lui permît de rivaliser avec sa voisine, celle de Harvard. Or, cela demanderait des sommes fabuleuses, — celle de Harvard étant l'une des plus belles et des mieux outillées du monde. Inutile d'y songer, donc. Et d'ailleurs, à quoi bon ? — Harvard est à la porte. Et de même, pour la Faculté de droit. Il ÿ en a suffisamment, dans la Nouvelle-Angleterre. Le moment n'est pas venu d'en ouvrir une nouvelle, ni d'entrer en concurrence avec celles qui existent déjà, et qui répondent amplement aux besoins de la nation.
L'on ne court donc aucun risque à prédire que, d'ici bien des années, Brown s'en tiendra à ses facultés actuelles, — quitte à les renforcer des acquisitions les plus récentes, dans les domaines qui leur sont propres, et à hausser toujours le niveau intellectuel de son corps enseignant.
Maintenant, lorsqu'un jeune homme donne son nom comme élève de Brown, et se fait enregistrer comme tel, il doit dire pour quel diplôme il a l'intention de concourir, dans quelle spécialité il désire se fixer. Ceci fait, on l'inscrit comme candidat à tel ou tel degré. Alors viennent ce que l'on appelle les « entrance requirements », — examens préalables à l'admission définitive, examens qui supposent des études antérieures sérieuses et étendues, une culture littéraire et scientifique assez complète. Toutefois, les certificats émanés des collèges « affiliés » tiennent lieu d'examens, et attestent, aux yeux des autorités de Brown, que le sujet en question a la compétence voulue pour se livrer à des études plus hautes, dont le résultat sera un titre universitaire.
Que ce soit pour un degré ou pour l'autre, le cours est de quatre années : Freshman-Sophomore-Junior-Senior. On ne dit pas étudiant de première ou de deuxième année, par exemple, mais « Freshman, Sophomore », etc. Évidemment, la matière des cours varie, suivant les départements. De l'élève qui se prépare au Baccalauréat-ès-arts » l'on exige d'autres études que de celui qui veut simplement décrocher un diplôme de « bachelier-ès-sciences ». Chaque étudiant doit suivre quinze heures de cours par semaine. Il y a, pour chaque département, les cours obligatoires, et il y a aussi le fameux système des cours facultatifs, — elective studies, — inventé, je crois, par M. le Président Charles Elliot, de Harvard, en tout cas vulgarisé par lui, à tel point qu'il est maintenant en vigueur dans presque tous les collèges de l'Union.
Et voici en quoi cela consiste. Le nombre de cours obligatoires, dans la « freshman year », par exemple, prendra, mettons, dix heures
sur les quinze qui sont de règle. Les cinq heures qui lui restent, et qu'il doit, de toute nécessité, remplir, l'élève pourra assister à tel et tel cours qu'il voudra, choisis parmi parmi une longue liste.
Il en est de même les autres années, avec cette différence, toutefois, que, à mesure qu'on avance, diminuent les heures à donner aux cours
obligatoires, et que l'on peut consacrer toujours plus de temps à suivre des cours facultatifs. J'ai écrit, tout à l'heure, qu'il y avait, pour chaque département, des « elective studies ». Cette affirmation était trop absolue, et je tiens à la corriger de suite. En réalité, seuls les étudiants qui se destinent au « Baccalauréat-ès-arts », ou au « Baccalauréat en Philosophie », jouissent de droit, du privilège, assez original, de pouvoir se porter à des cours de leur choix. Les autres, c'est-à-dire les aspirants au titre de « B.-helicr-ès-sciences », mécanique ou électrique, sont astreints à de: cou ia pivpert techniques, et qui prennent tout leur temps. cndaat les 4 sophom re », ou élèves de deuxième année, peuvent : : l'agrément «2 leu Lhef de départeinent, choisir quelque autre eu, re etranger à | vécialité, non inscrit sur leur programme d'étuil Lsinss, il arrive qu'un futur ingénieur-électricien peut aller se r poser de ia sécheresse de ses expériences positives, dans l'audition d'une l:çon sur Dante ou sur Molière.
— Tous ces détails sont un peu arides. Mais comment les omettre dans une étude sur une université? N'en composent-ils pas l'essence ? N'en sont-ils pas l'âme même ? Je ne pouvais insister moins longuement là-dessus, et n'est-il pas urgent non plus qu'on s'y attarde davantage. Cela doit suffire pour faire comprendre tout ce qu'a de particulier, et même d'un peu étrange, pour un esprit européen, le fonctionnement de cette grande institution.
J'ajouterai seulement, au sujet du « doctorat-en-philosophie », titre suprême que l'on puisse obtenir ici, — un renseignement qui peut avoir sa valeur. Quiconque, ayant franchi avec succès les épreuves du Baccalauréat et du Magistériat ès-arts ou ès-sciences, se spécialise dans une branche quelconque des connaissances humaines, — arts, lettres, sciences, — et en arrive à posséder à fond sa matière, à la maîtriser complètement, peut parvenir au doctorat, après un examen oral très sérieux, et une thèse écrite sur le sujet de son choix. Cette thèse, des-
tinée à l'impression, doit présenter, en corps de doctrine, toutes les
recherches, et, s'il s'agit de physique et de chimie, toutes les expériences que le candidat a pu faire, dans l'ordre de connaissances auquel il s'est borné, toutes les idées nouvelles qu'il a pu acquérir sur ce point. Cette thèse doit être la synthèse où se concentre le travail de plusieurs années.
Le titre de Ph. D. — signifie donc une supériorité, officiellement reconnue et attestée, dans l’un ou l'autre domaine du savoir humain. « Philosophie » est pris ici tout à fait dans son sens étymologique et littéral. Docteur-en-philosophie veut dire que, quelque soit le genre d'études auquel on s’est donné, l'on possède « sagesse éminente » en cette spécialité, on la connaît, non pas seulement par le dehors, de façon peut-être brillante et pourtant superficielle, mais dans son fond, dans sa nature, dans ses causes les plus lointaines et les plus profondes : « Philosophia est scientia rerum per altissimas causas.
Hier matin, au sortir du « Sayles Hall », l'on m'avait présenté à M. le D' Henry Thatcher Fowler, Ph. D., Professeur de littérature et d'histoire bibliques. Et ce dernier avait bien voulu m'inviter à assister à son cours de ce matin. A l'heure dite, 4ix heures et quart, je vais donc le prendre au « Seminary » (i) biblique, et nous nous rendons ensemble à la salle de cours.
M. Fowler est très versé en Ecriture-Sainte. Il a publié, sur des questions d'histoire et d'exégèse, des ouvrages pleins d'érudition. Le manuel dont se servent ses élèves, cette année, est de lui. Il est intitulé : « Outlines of Biblical History and Literature ». 11 l'a préparé en collaboration avec le D' Sanders, célèbre professeur de Yale. C'est un travail de précision, tout en dates et en faits.
Le cours de ce matin roule sur les voyages de S. Paul. On étudie la
(1) L'on appelle « Seminary », une salle, avec bureaux et bibliothèque, où se trouvent les principaux livres et revues concernant chaque spéciaiité. Chaque département a son Seminary ouvert aux professeurs et aux élèves,
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période de ses missions aux gentils, de 44 à 64. C'est une discussion honnête de difficultés chronologiques. On veut connaître la date exacte des premiers voyages missionnaires de l'Apôtre, — J'entends un élève demander au maître si l'Epître dite de Jacques est de ce Jacques appelé « frère de Jésus? » — Le professeur ne se compromet pas dans la réponse. — Les élèves sont tous très appliqués. Ils tiennent à se munir de notions très exactes. On les initie à la « critique interne », — à ces variations de style, qui font découvrir divers auteurs, à tout le moins diverses rédactions dans un même ouvrage. La physionomie de Pierre et celle de Paul sont enlevées en touches aisées et sûres. M. le Professeur préfère, à ce qu'il appelle le « pétrinisme », l'universalisme de la doctrine paulinienne. Il dit que, dans le passage des Actes (XIV 11 et seqq.) où Barnabas et Paul se défendent si énergiquement d'être Jupiter et Mercure, il y a de la « théologie naturelle ».
Dans l'après-diné, visite à la Bibliothèque de l'Université, « College Library ». C'est un monument de style assez particulier, en brique relevée de pierre. Cela ne fait pas grande impression. Cela a l'air trapu, ramassé. C'est en forme de croix grecque, avec deux dômes octogones, superposés. Cela a fait « son temps », puisque c'est déjà « vieux » d’un peu plus d'un quart de siècle. Cela date, en effet, de 1875. Ça ne suffit plus aux besoins présents. Pour l'époque, c'était presque une merveille. Mais on est devenu difficile. Ce n'est plus ni assez grand, ni assez commode, ni assez luxueux. On y étouffe. Il y fait sombre. L'intéricur a été trop sacrifié au dehors. Pour toutes ces raisons, et d’autres encore, l'on songe à bâlir, très prochainement, un édifice spacieux et moderne, qui devra coûter au moins un million (1). Je me suis laissé dire que M. Carnegie, comme de juste, avait donné,
à cette fin, la jolie somme de deux cent cinquante mille dollars, On
(1) On a commencé, en juin, à jeter les fondements de ce nouvel ‘lifice.
trouvera facilement le reste. Et bientôt, le « College Hill » comptera un monument de plus, ne le cédant, sans doute, en rien, aux plus belles bibliothèques qu'il y ait aux États-Unis.
Sur les parois intérieures du dôme, je note les inscriptions sui-
vantes :
COLLEGIUM INSULÆ RHODIENSIS A. D. MDCCLXIV CONDITUM PROPTER LIBERALITATEM NICOLAI BROWN AB EJUS NOMINE APPELLATUM EST UNIVERSITAS BRUNENSIS A. D. MDCCCIV
« Le collège de l’île de Rhodes, fondé en l'an du Seigneur 1764, x cause de la libéralité de Nicolas Brown, fut appelé, de son nom, Université Brown, en l'an du Seigneur 1804 ».
JOHANNES CARTER BROWN NATUS A. D. MDCCXCVIL VIVUS HUJUS BIBLIOTHECÆ FAUTOR MORIENS ADHUC MEMOR HUNC LOCUM PECUNIAMQUE HUIC ÆDIFICIO STRUENDO
TESTAMENTO LEGAVIT
OBLT A. D. MDCCCLXXIV
« John Carter Brown, né l'an du Seigneur 1797, de son vivant favorisa cette bibliothèque, s'en souvenant encore en mourant, légua par testament ce terrain et de l'argent pour construire cet édifice. IL
mourut en l'an du Seigneur 1874. »
HOC ÆDIFICIUM VIRI EX COLLEGIO ACADEMICO DELECTI FACIENDUM CURAVERUNT A.D. MDCCCLXXV INCEPTUM A.D. MDCCCLXXVIL FINITUM EST
« Des hommes, choisis parmi le collège académique, se sont occupés de faire élever cet édifice, lequel a été commencé l'an du Seigneur 1875, et a été fini l'an du Seigneur 1877 ».