LOVE 1S AS STRONG AS DEATH
Sur le côté méridional, une inscription nous donne la clef de cette phrase touchante :
(1) « A la mémoire de Augustus Stout van Wickle. Par ses succès, il a fait l'hon-
neur, par ses dons il s'est souvenu de son Alma Mater, » Cette dernière inscription
a été composée par le Président actuel de l'Université, mour est fort comme la mort. » Cant. VILL. 6.
(2) « Fortis est ut mors dilectio. » « Lai
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A GIFT TO HONOR THE MEMORY or CARRIE MATHILDE DAVGHTER OF THE LATE NICHOLAS BROWN OF PROVIDEYCE FROM HER HVSBAND PAVL BAJNOTTI OF TVRIN ITALY (1)
Le Président de l'Université, — le Révérens William Herbert Perry Faunce, À. M., D. D., L. L. D., est absent. — Entre parenthèses, le
collège Brown étant de fondation baptiste
* ayant eu pour pères et pour protecteurs des sectateurs très ardents et très zélés de cette confession, la loi première de cette institution veut que la présidence à vie en soit toujours confiée à un ministre bapliste. Ainsi, le Président actuel a été longtemps Recteur de la fashionable église baptiste de la 5* Avenue, à New-York.
Et non-seulement le Président, mais les plus hauts fonctionnaires du l'Université, doivent, en vertu de la tradition, appartenir à cette secte. Et j'ai tout lieu de croire que les professeurs mêmes sont choisis, de préférence, parmi des chrétiens baptistes, Je ne dis pas que ce soit là une règle absolue. Je sais, en effet, des professeurs qui sont épiscopaliens, j'en sais qui sont catholiques, j'en sais, enfin, qui ne sont d'aucune dénomination, et qui ne s'en cachent pas. Mais enfin, l'administration du collège relevant uniquement de membres de la confession bapliste, il n'y a pas beaucoup de risque à affirmer qu'à tout le moins sa tendance doit être de recruter plutôt parmi les siens le corps enseignant. Autant le noter de suite, Brown est « sec{arian, » à la condition qu'on prenne ce mot dans le sens le plus large possible. Je veux simplement significe qu'elle a été marquée, dès son origine, d'un cachet religieux très déterminé, et une sorte de gratitude envers ses fondateurs porte les autorités actuelles à le lui conserver à peu près intact.
Il ne s'ensuit aucunement qu'on y fasse la moindre propagande confessionnelle. Bien au contraire. Les élèves, qui sont, cette année,
(1) Un don pour honorer la mémoire de Carrie Mathilde, fille de feu Nicolas Brown, de Providence, de la part de son mari, Paul Bainotli, de Turin, Italie,
au nombre de 1200, viennent de tous les points du pays et même de l'étranger (on y compte un chinois, quelques syriens et d'autres.) et se répartissent parmi les croyances les plus diverses. La religion catholique, pour une, y est très largement représentée. Or, je ne sache pas que la moindre pression soit exercée sur les esprits, soit dans un sens, soit dans l'autre. L'atmosphère n'est nullement, comme on pourrait le croire, saturée de « sectarianisme ». Oh ! que non ! Chacun est absolument libre de suivre sa croyance, et j'ajoute que si l'on voyait quelqu'un, qu'on saurait appartenir à telle confession, n'en pas observer les lois et les pratiques, on en serait assez mal impressionné,
. C'est, je crois, la remarque de M. Paul Bourget, que les collèges américains « imilent la vie ». — Et ceci est très vrai, en particulier au point de vue religieux. Dès leurs années de collège, les élèves ont placés dans un milieu tout à fait semblable à celui qu'ils trouveront à leur entrée dans le monde, dans la vie active, — milieu où les croyances les plus bigarrées voisinent, sans se pénétrer mutuellement.
ILest à peine besoin de dire que nous ne faisons pas, ici, de thèse, Car ce serait une question à étudier s'il ne vaudrait pas mieux, pour les étudiants catholiques, par exemple, qu'ils fussent placés dans une université catholique. Et l’on pent prévoir quelle serait, à cela, notre réponse. Mais, les universités catholiques n'abondent pas aux États-Unis. Et la plupart des jeunes gens de Providence ou des villes voisines, qui veulent suivre un ccurs supérieur, n'auraient pas les ressources suffisantes pour aller graduer à Washington, ou à Notre-Dame, dans l'Indiana. Me tenant donc dans l'ordre positif, et prenant les cho es telles qu'elles sont. je dis qu'ici, à Brown, les élèves se trouvent dans des conditions de liberté et de responsabilité personnelles absolues, en ce qui touche leur foi, spécialement. « Aetatem habent », suivant le mot de l'évangile, on les suppose parvenus à l'âge viril, on les traite en hommes. D'eutre part, ils rencontrent et coudoient des esprits et des cœurs épris de l'idéal religieux le plus diversement nuancé, et souvent le plus différent, sans que cela influe sur leurs bons rapports
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de camaraderie et de politesse. N'est-ce pas là comme l'apprentissage, l'image anticipée de la vie qui les attend, dans ces milieux si mélangés, que les États-Unis offrent sur tout leur territoire ?
Reprenons notre récit,
Le Président de l'Université est donc absent, en Californie, où il donne une série de conférences sur des questions philosophiques, L'on me conduit chez le premier Personnage après lui, ou le « dean ». Le « dean » remplit les fonctions de directeur ou de haut préfet de discipline générale. Je crois comprendre que c'est lui qui voit à tous les détails de l'administration, Pour ce qui concerne les choses de l'enseignement, tandis que le Président ne surveille que les grandes lignes. I sert comme de secrétaire irtime à ce dernier. 11 vient le second des cinq officiers qui composent le comité du pouvoir exécutif.
Le « dean » ici s'appelle M. Alexandre Meiklejohn. Il signe : PH. D. Docteur en philosophie. Nous verrons plus tard ce que ce titre signifie. C’est le plus haut degré que puisse conférer l'Université.
M. Meiklejohn, qui est encore jeune, m'introduit dans son cabinet particulier. 11 me laisse lui exposer en quelques mots l'obi:{ de ma visite, et m'accorde, le Plus gracieusement du n.urde, toutes les autorisations voulues ; il me rédige même une lettre de présentation aux professeurs et aux officiers des divers départements de l'Université, conçue dans les termes les plus obligeants. J'y lis ceci, entr'autres : (Mr. — is visiting the university lo write a description of il as a typical american colleye. » — Me voici donc muni d'un passe-port qui me donnera entrée partout, — aux salles de cours, de jeux, dans les bibliothèques, etc. *
M. le « dean » veut bien m'initier à quelques détails touchant l'administration financière de l'Université. Elle est aux mains d'un cmité, « board of trustees », qui compte des membres un peu partout aux États-Unis, jusqu'en Colorado, par exemple. Ce Bureau se recrute presque uniquement parmi les anciens gradués les plus marquants. Ainsi, le gouverneur actuel de l'Etat de New-York, l'honora-
ble Charles Evans Hughes, — qui est en même temps l’un des hommes les plus en vue du parti républicain, à tel point qu'on le désigne comme candidat à la Présidence, pour les prochaines élections. — en fait partie (r). Ces messieurs s'occupent d’abord de recueillir les fonds réguliers provenant de la pension des élèves et des recettes de l'enregistrement, « registration fee ». Et leur rôle consiste encore à provoquer la générosité d'anciens élèves qui se seraient cnrichis, ou de millionnaires facilement intéressés aux œuvres de l'éducation. Ce que l'Université a acquis, de ce dernier chef, est énorme, Tout dernièrement, par exemple, M. Carnegie lui faisait cadeau de deux cent cinquante mille dollars, 250.000, pour l'érection d'une bibliothèque qui devra coûter un million (2). Et l'on n'aura pas de peine, j'en suis sûr, à trouver le reste de la somme.
Fonds réguliers, legs, dotations, — le Bureau est chargé d'administrer cela, de répartir cela en salaires aux professeurs, d'en affecter telle ou telle part à l'érection de constructions nouvelles. Cela se fait froidement, méthodiquement, avec ce merveilleux sens des affaires, qui caractérise les Américains, qui est comme le génie de la race. Sans secousses, sans heurts, vont les choses, conduites avec une prudence à la fois calculatrice et progressive.
L'Université jouit d’une rente procurée par environ trois millions cinq cent mille dollars. Pour plus de précision, en avril 1907, les fonds de l'Université s'élevaient à 3,217, 521.31. Et ce chiffre formi-
@) M. Hughes n'est pas le seul homme politique célèbre qui soit sorli de Brown. Entre tant d'autres, je veux citer le nom de John Hay, liltérateur et diplqmate, qui fut tour à tour Chargé d'Affaires à Vienne, Secrétaire de Légation à Paris et à Madrid, Editeur du New-York Tribune, Ambassadeur en Angleterre, et enfin Secrétaire d'Etat dans les cabinets de Mac Kinley et de Roosevelt. Hay est mort en 1904, je crois. L'ouvrage le plus remarquable qu'il ait laissé, au point de vue de la langue, s'intitule: « Castillian Days ». Cet esprit distingué avait pourtant conservé, de son éducation première, un certain fanatisme à l'égard de la religion catholique. Et, précisément dans « jours castillañs », l'on trouve des appréciations du clergé espagnol qui étonnent par leur étroitesse. Cela dépare un ouvrage dont la valeur littéraire est incontestable.
(a) Cette bibliothèque s'appellera : « The John Hay Library. »
dable ne comprend pas les 500.000 dollars affectés exclusivement à l'entretien et à l'accroissement de la « John Carter Brown Library » ou « Americana ».
Quant à la richesse immobilière, elle est évaluée à dix ou onze millions de dollars, Jolie somme pour un collège, qui, à son origine, en 1764, n'avait même pas de quoi payer un salaire à son premier président, James Manning!
Et pourtant, avec quelle raison raisonnante l'on suppute ici ces millions ! Comme il en faudrait aux « trustees » bien davantage pour réaliser les créations et les embellissements dont ils rêvent !
Le « dean » me conduit dans le cabinet particulier du Président, contigu au sien, — très belle pièce, où je vois une horloge antique, et où l'on me signale, en particulier, deux vieilles gravures en couleur, très fines et très nettes (1), aux bordures un peu fanées, et d'autant plus exquises.
— La première représente Moses Brown, l'un des bienfaiteurs de l'université, — figure extrêmement caractéristique, nez long, mince, recourbé à la pointe, personnification du puritanisme. Et Saint- Gaudens, pour sa fameuse composition, « Le Puritain » dont je voyais la maquette originale, l'autre jour, au musée des Arts de New-York, Saint-Gaudens a-t-il eu sous les Ycux cette gravure de l'un des types les plus accentués de la primilive Amérique protestante ? Ce serait à croire, tant son œuvre porte de traits que je retrouve dans celle physionomie. Son « Puritain » toutefois a une rondeur, et comme une bonhomie graves, plus plaisantes à voir, que la sécheresse, j'allais dire les arêtre de cette figure ci (2).
(1) Qui donc a dit de la gravure que c’tait « un art perdu ?» Malheureusement !
Les procédés modernes, purement mécaniques, l'ont remplacée, je ne dis pas avec
la main, des images, que notre industrie, si per- * ne peut imiter pour le fini, le rendu, la conscience de l'exécution.
> sais parfaitement que cette fameuse statue du « Puritain » a surtout été ‘€ par un modèle particulier, le deacon Samuel Chapin. Encore qu'elle porte le nom de ce dernier, il faut cependant ÿ voir moins un portrait qu'une synthèse,
— L'autre reproduit le seul bâtiment dont se composait originairement le collège. A côté, la petite maison modeste, en style « colonial », où logeait le président. Cela est en plein champ, comme posé au hasard, au milieu d'un terrain inculte. Cela s'élève sur une colline absolument déserte, En vérité; les commencements de cette institution ont été plus qu'humbles. Et quel amirable essor elle a pris en à peine un siècle et demi! Ses fondateurs ont-ils prévu, pour leur timide essai, un avenir aussi brillant ? Prévu que le haut plateau solitaire, où ; ils avaient bâti leur coliège, comme un phare perdu, serait, en aussi peu d'années, envahi presque tout entier, par une merveilleuse floraison d'édifices ? à |
Si l’ancienne maison du président a disparu, on a gardé, du moins, la massive et oblongue construction en brique qui constituait tout le
premier collège. On l'appelle « University Hall ». Elle s'érige au beau
milieu des terrains. Elle est devenue le centre, autour duquel ont
germé des monuments plus luxueux, lesquels, s'ils flattent sans doute davantage le regard, et l'éblouissent même, ne savent peut-être pas le
retenir aussi bien que cet unique témoin du passé.
D'autres souvenirs, que ceux qui se rattachent aux efforts des fon-
dateurs pour implanter, dans un milieu si nouveau, une institution
éducationnelle de premier ordre, le consacrent. Et il est peut-être
moins cher encore et moins vénérable, pour avoir seul abrité, pendant
des années, les premières générations d'étudiants, que pour avoir servi
d'asile, à une époque héroïque, aux troupes réunies de notre France
et de la jeune colonie américaine, en lutte contre l'Angleterre p‘ ur
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conquérir à jamais l'indépendance de ce pays. — La France n’a donc pas attendu le règne de Napoléon III pour inaugurer l'ère des nationa-
dans laquelle il a plu au sculpteur de rassembler ct de fondre les traits pris à des types divers, qu'une même mentalité animait.
L'exposition rétrospective de toute l'œuvre du Maître s'est tenue au « Metropolilan Art Museum en mars dernier. Tout New-York s'y est porté. J'ai eu le plaisir de la visiter longuement en compagnie d'un sculpteur français déjà célèbre, Pierre Foitu, dont le talent ne le cède en rien à celui de Saint-Gaudens.
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lités. Hélas ! La politique généreuse et désintéressée par laquelle, surtout au XIX:° et sous le Second Empire, elle a voulu favoriser l'émancipation des peuples, l'organisation des petits états en groupements plus ou moins homogènes et unifiés, a peut-être été, le plus souvent, à son grand désavantage (1). Reconnaissons toutefois que les États-Unis ne lui ont jamais donné lieu de regreller ce qu’elle a fait pour les aider à prendre conscience de leur vie nationale.
‘ne plaque de bronze, posée à l’angle sud-ouest de l’« University Hall », commémore ce souvenir historique :
G) V.dans « Histoire de la France contemporaine » par M. Gabriel Hanotaux (Tomel, ch. 1, pp. 5 et seqq.) de très belles considérations sur cette politique des nationalités, érigée en système par ce rêveur que fut Napoléon III, et sur ses conséquences pour la France.
THE RHODES iSLAND SOCIETY
OF THE SONS OF THE AMERI- CAN REVOLVTION COMMEMO- RATES BY THIS TABLET THE OCCVPATION OF THIS BVILD- ING BY THE PATRIOT FORCES, AND THEIR FRENCH ALLIES DVRING THE REVOLYTIONARY WAR. FOR SIX YEARS ALL AC= ADEMIC EXERCISES IN THIS VNIVERSITY WERE SYSPEND- ED, FACVLTY, STVDENTS AND