SCENE IV
LE BARON', furieux.
Allons, je n’en doute plus à présent, il est iç»! Et toi, coquine, si tu ne me dis pas sur-le-champ où vous l’avez fourré, je te fais périr sous le bâton !
Il brandit son épée.
LA BARONNE
Le jeter par la fenêtre!... oh ! jamais!
LE BARON
Ah ! vous avouez donc enfin qu’il est dans la maison !
FLORINE
Il va si bien à madame ! Us semblent faits l’un pour l’autre !
LE BARON, abasourdi.
Comment, vipère! tu oses dire...
FLORIN'E
Oh î oui, monsieur le baron! et si vous pouviez le voir au cou de madame, vous seriez attendri !
LE BARON
Comment, à son cou? ah çà, est-ce que je rêve?... Allons, elles sont folles ou je suis idiot !
LA BARONNE
Oui, mon ami...
LE BARON
Hein?
LA BARONNE
Oui... Florine a raison. Si vous saviez la joie que je m’en promettais cette nuit... à la cour!... Toutes les femmes me l’eussent envié !
SCÈNK IV.
LE BARON
Pardieu, madame, que celles qui vous l’envient le prennent !
Ah! je le remplacerais bien difficilement! . . . C’était ime occasion !
LE BARON
Comment, une occasion !
FLORINEà
Oui... ils vont si bien ensemble!
LE BARON
Ensemble?...
LA BARONNE, ingénu ment.
A la cour, aucune femme ne s’en prive... Moi seule, jusqu’à ce jour...
LE BARON , exaspéré.
A la cour! chez le roi! OhÜ! mais j’irai seul, madame, et ce sera pour demander à Sa Majesté une lettre de cachet... Oui, le divorce... une séparation éternelle... un couvent...
0 ciel! un couvent... à mon âge!... M’en séparer!... moi qui avais espéré le voir briller aux yeux de tous... C’est affreux! mais je m’insurge! Vous êtes un tyran ! Et moi aussi je parlerai au roi ! Eh bien, oui, je l’avoue à présent : il est ici... mais vous ne le trouverez pas! (Avec désespoir.) Florine... cachons-le bien !
LE BARON
Ainsi vous l’avouez, perfide! éhontée!... Vous l'aimez donc bien follement?