‹ Le collier de griffes; derniers vers inédits. Avant-propos de Guy-Charles Cros et préf. de Émile GautierChapitre 27 sur 66 · NOCTURNE · texte numérisé non relu

NOCTURNE

ELLK

Le rossignol se plaint dans la ramure noire.

Je t'ai donné mon corps, et mon âme, et ma gloire.

Les arbres élancés sont noirs sur le ciel vert.

Vois cette fleur qui meurt dans mon corsage ouverte

Le vent est parfumé ce soir comme de l'ambre.

Tu sais qu'on a trouvé ton poignard dans ma chambre.

Embrasse-moi. La lune a des teintes de sang.

Mon père est mort, dit-on, hier en me maudissant..

Là-haut le rossif/nol pleure et se désespère.

La duché qu'on entend, c'est le (jlas de mon père.

Les parfums de ce soir font ployer jnes genoux. Je sîiis lasse. Un instant, ami, reposons-nous.

Que je t'aime ! Au château vois-tu cette lumière ? C'est un cierge allumé près du lit de ma mère.

Ah ! les étoiles .'... — On dirait un sable d'or. Ne t'avais-je pas dit que mon père était mort ?

Levons-nous. Allons prés du lac. Je siiis plus forte. iVe t'avais-je pas dit que ma mère était morte?

Entends le bruit de l'eau.. C'est comme des chansons, C'est comme nos baisers, quand nous nous embrassons.

Je ne veux pas savoir, d'où tu nous vins, ni même Savoir quel est ton nom... Que m'importe? Je t'anne.

Le rossignol se tait au bruit de ce beffroi. Ma mère me disait que ton cœur était froid.

La lune fait pâlir le cierge à la fenêtre.

Mon père me disait que tu n'étais qu'un traître.

Ecoute ce (irillon. Vois donc ce ver luÎHant.

Aasez de cloches. xXsaezde cien/e. — Allotis-nom en.

J\ii pria des diamants autant qu'on voit d'étoiles. Partons. Sens le bon vent, qui va gonfler no^ voiless.

Viens. Qu'est-ce qui retient ta parole et tes pas?

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