LA CHANSON DE LA PLUS BELLE FEMME
Je suis belle et forte, j'enfante sans souffrir et ma forme reste pure et lisse. C'est pour moi une calme et lente volupté de tenir mon enfant rose dans mes bras et de sentir sa petite bouche téter le bout de ynon sein solide, pendant que ses yeux rient et semblent répondre à mon sourire. C'est une volupté calme et lente qui vaut la volupté tumultueuse ressentie sous les caresses de l'amant.
Je sens mon sang monter à ma poitrine et devenir le lait tiède dont se nourrit et grandit mon enfant rose.
Deux de mes doigte blancs pressent le bout de mon sein solide afin qu'il ressorte et que mon enfant puisse, tout en me tétant, me regarder de ses yeux riants et répondre ainsi à mon sourire de ravissement.
Je suis ravie en sentant ma propre substance passer en lui ; je sens mon sang monter à ma poitrine et devenir le lait tiède qui servira à former le corps rose et excellent à baiser de mon enfant.
Je suis belle et forte; j'ai enfanté sans douleur et ma forme est restée pure et IJiese.
Mon amant trouve plus attirants mes seins solides depuis qu'ils ont nourri mon enfant rose ; je ne suis plus, dit-il, la fleur en bouton aux odeurs de verdure, 7nais désormais la fleur épanouie aux odeurs ambrées et capiteuses.
Mon enfant est assez grand pour jouer parmi les servantes et leur causer de na'ives terreurs par ses audaces prophétiques.
Je suis belle et forte, j'ai enfanté sans douleur un fils audacieux et je suis devenue plus attirante pour mon amant, à cause de ma forme opulente et lisse.
Je suis la plus belle des femmes et quand j'ai paru aux yeux des hommes, tous ont voidu m'avoir.
Ain,si de grandes discordes et de grands désastres. J'ai parfois pleuré au nom de ceux qui étaient tombés pour moi, car il y avait parmi eux de fiers regards et de hautes âmes que j'aurais bien aimés.
Et pourtant j'ai été heureuse quand le plus beau de tous, celui qui avait le regard le plus puissant, jjiitsqu'il était le dernier vainqueur, est venu me demander mon âme et mon coi'ps.
Je lui ai donné mon âme et mon corps, heureuse que le sort me l'ait choisi en ces combats où tant d'autres sont tombés, entre lesquels j'aurais peut-être hésité.
Quand je m'abandonne sur les coussins, courbant mes bras au-iessusde ma tête, l'attirance de mes clairs regards, de mes seins solides, de mes flancs neigeux, de mes lourdes hanches est toute puissante.
C'est pour cela que tant d'hommes ont été ravis, que tant d'hommes se sont tués.
Et celui qui m'a prise est tout entier possédé par l'attirance de mes yeux clairs qui reluiront en des poèmes éternels, est subjugué par l'abandon de mes