ACTE TROISIÈME
BEAUSIRE
Volontiers... Messieurs, aucun obstacle jusqu'ici n'a entravé notre admirable entreprise. Grâce à notre prudence, les- agents de M. de Crosne n'ont pas mis le nez dans nos affaires, et quand ils s'en aviseront, il sera trop tard puisque nous attendons cet après-midi les joailliers... et le collier qui doit faire notre fortune.
SAINT-LANDRY
A ce propos l'association demande que la caisse contenant les cent mille livres, caisse que voici (11 montre ia caisse.), ne soit pas située exclusivement dans les appartements privés de M. l'ambassadeur.
LE PORTUGAIS
Puisque c'est Ducorneau qui en a la clef.
SAINT-LANDRY
Oui, mais M. de Beausire a pris l'empreinte et vous en a fait fabriquer une autre.
BEAUSIRE, se récriant.
Faire faire une clef... moi! (À part.) J'en ai fait faire deux!
LE PORTUGAIS
C'est dans l'intérêt de l'association...
SAINT-LANDRY
D'accord; mais alors chacun de nous, ayant des droits égaux, réclame également une clef de la caisse.
LES ASSOCIÉS, moins Beausire.
Oui, oui.
LE PORTUGAIS
Je refuse.
l'araignée.
Pourquoi?
TOUS
Oui, pourquoi?
LE PORTUGAIS
Où se défie de moi... Pourquoi ne me déûerais-je pas des autres? Il me semble que si je puis être accusé de voler l'association, je puis suspecter l'association de vouloir me voler.