SCÈNE II Les Mêmes, moins MADAME CAMPAN
ANDRÉE DE TAVERNEY, Têtue de noir.
LA REINE, gatment.
Que de cérémonies, Andrée... (surprise.) Mais pourquoi ces noirs atours ? Est-ce qu'il t'arrive malheur ?
ANDRÉE, très triste.
Un grand malheur, madame... Je vais quitter Votre
Tu pars. Où vas-tu donc ?
ANDRÉE
Je n'ai plus de famille, madame... Je n'ai rien à attendre des biens de la terre et je viens demander à Votre Majesté un congé pour m'occuper de mon salut.
Que signifie cette résolution de mauvaise tête, Andrée? La reine n'est-elle pas la mère de famille qui rend une famille à ceux qui n'en ont pas.
ANDRÉE
Madame, votre bonté me pénètre, mais elle ne saurait me dissuader. J'ai résolu de quitter la cour.
Et c'est à Taverney que tu veux aller?
ANDRÉE
Non, madame, c'est à l'abbaye de Saint-Denis.
Au couvent ! à ton âge ! à vingt ans ! Voyons, Andrée ! Je t'aimais! Je t'aime! Ne me quitte pas! Il est humiliant pour moi, sais-tu, de voir une créature aussi parfaite que toi m'abandonner.
ANDRÉE, arec une intention que ne peut saisir la reine.
L'humiliation n'atteint pas les fronts élevés comme est le vôtre, madame.
Je cherche vainement quelle chose a pu te blesser...