ACTE QUATRIÈME
CHARNY
Madame, puisque Votre Majesté me fait l'honneur de me demander conseil, je lui parlerai en toute franchise : il existe une coupable plus dangereuse, plus menaçante encore que M. de Rohan! Cette femme odieuse, madame de la Motte-Valois, disparue quand son témoignage peut tout vous rendre ! C'est donc à sa poursuite qu'il faut courir, en môme temps qu'à celle de sa complice, de cette fausse reine de France qui a compromis l'honneur, la majesté, la pudeur de la vraie !
Hélas ! où est-il le dévouement assez ardent pour essayer de faire jaillir un rayon dans cette nuit, une lumière dans ces ténèbres, une vérité dans ces mensonges ?
CHARNY
Ce dévouement n'attend qu'un mot, n'attend qu'un signe de Votre Majesté.
Quoi? Cette reine maudite, cette femme perdue, que l'opinion va juger, condamner peut-être, cette infortunée trouve un défenseur...
Un serviteur qui la vénère et qui lui offre tout ce qui reste de sang dans ses veines pour sécher une des larmes qu'elle lui a permis de contempler...
LA REINE, avec joie.
Monsieur de Charny, une reine n'a d'autre amour crue son roi, son peuple et ses enfants, et son cœur, assez vaste pour contenir tous ses sujets, est trop étroit pour n en renfermer qu'un seul.
CBAR5T.
Hélas! je lésais ! El c'est pour cela qu'il faut que je parte! c'est pour cela qu'il faut que je meure! Ah! pourquoi le couteau de cet homme n a-t-il pas fait son œuvre jusqu'au bout!
LA R?ISE, e^ié*.
Mourir... tous!... Non!... non!... je ne veux pas!
CHAR!? Y, mettant un gtwn en terre.
Ab ! ce mot Tant mille fois ma vie. Que Votre Majesté pardonne à l'impie qui a osé un seul instant douter de son Dieu!
Marie-Antoinette lai a tendu «ne num qu'il baiie. Le roi entre.