ACTE CINQUÏÈM
LE PORTUGAIS
Nous ne demandons pas mieux. Nous disons que vous avez encaissé pour notre association une somme de cent huit mille livres.
SAINT-LANDRY
Soit trente-six mille livres pour chacun de nous trois...
BEAUSIRE
De nous trois !... (soupirant.) Allons ! Il faut en passer par là... voici soixante-douze mille livres !
LE PORTUGAIS
Parfait !
SAINT-LANDRY
Vous êtes la perle des caissiers...
Je peux donc prendre congé de vous... Messieurs, à l'avantage...
LE PORTUGAIS, l'arrêtant.
Encore un mot... car cet argent ne nous est pas seulement destiné et nous sommes trop honnêtes pour en vou loir frustrer nos associés !
SAINT-LANDRY
Et comme ces messieurs nous ont accompagnés jusqu'ici...
BEAUSIRE, inquiet.
Ah ! ils sont ici...
SAINT-LANDRY
Les voici.
Ils entrent*
LE PORTUGAIS
Il est donc juste, n'est-ce pas, de payer leurs frais de voyage.
Leurs frais de.
Dame...
TOUS
BEAUSIRE
Oui... Enfin !... (soupirant.) Et à combien en fixez-vous le chiffre?
SAINT-LANDRY
11 me semble qu'en les évaluant à la même somme de trente-six mille livres.
BEAUSIRE, m récriant.
Mais, messieurs, que me reste ra-t-il ?
LE PORTUGAIS, souriant.
Précisément ce qui nous restait à nous-mêmes.
SAINT-LANDRY, de même.
Avant d'avoir eu le plaisir de vous joindre...
Tout en souriant, ils ont chacun braqué sur Beausire le canon d'un pistolet. 'OLIVA, effrayée.
' Oh !... non... non... Pas ça!... Fais ce que ces messieurs veulent, mon chéri... qu'importe du reste puisque je suis riche.
BEAUSIRE, tendant la dernière liasse, soupirant.
Allons! il est écrit que je ne pourrai jamais donner d'argent aux femmes ! Viens, Oliva !