‹ Le collier de la reine: drame en cinq actes, treize tableauxChapitre 21 sur 187 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

BEAUSIRE

Mort de tous les diables de l'enfer, levez-vous et partez ! ou je brise ce fauteuil et tout ce qu'il y a dessus !

CAGLIOSTRO, très calme.

Vous ne m'aviez pas dit, mademoiselle, que M. Beausire avait de ces lunes rousses. Tudieu, quelle férocité !

BEAUSIRE, exaspéré, tirant sa colichemarde.

Encore un coup, levez-vous, ou je vous cloue sur le dossier.

CAGLIOSTRO, tirant une très légère épée.

En vérité, essayez donc!

OLIVA

Au secours !

CAGLIOSTRO, toujours assis, 1 épée en main.

Mon enfant, taisez vous, ou vous allez étourdir M. de Beausire et il se fera embrocher...

BEAUSIRE, déjà en garde, s'arrêtent.

M'embrocher? Vous avez dit m'embrocher?

CAGLIOSTRO

Comme un poulet, ou comme un dindon, à votre choix.

BEAUSIRE, rengainant son épée.

Alors, si vous en êtes sûr, avouez qu'il serait stupide à moi de risquer pareille alternative.

CAGLIOSTRO, rengainant aussi.

D'autant que si vous m'aviez laissé parler, j'aurais calmé votre courroux d'un seul mot.

BEAUSIRE

Lequel ?

CAGLIOSTRO, atec aplomb.

Je suis Fonde de mademoiselle...

Son oncle!... Elle ne m'a jamais dit qu'elle en eût un...

CAGLIOSTRO

C'est que j'étais dans le Nouveau Monde.

OLIVA , entrant dans l'idée.

Où monsieur était parti alors que j'étais si petite, petite, que j'en avais tout à fait perdu le souvenir.

BEAUSIRE

Ah bah ! mais alors, vous êtes un oncle d'Amérique.

CAGLIOSTRO

Vous l'avez deviné.

BEAUSIRE

Oh ! mais alors, cela change considérablement le point de vue... (inquiet.) A propos, êtes- vous revenu riche de là-bas?

CAGLIOSTRO

Riche à ne pas connaître ma fortune!... J'ai de l'or autant que j'en veux.

BEAUSIRE

Je le disais bien... cela change les choses du tout au tout... Mais j'y pense... Si vous êtes l'oncle de ma femme, vous êtes aussi le mien!... Dans mes bras, son oncle !...

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