ACTE PREMIER
LE PORTUGAIS
C'est pourtant bien simple. Pour le moment, l'ambassade de Portugal est vacante. Il y a intérim. L'ambassadeur nouveau, M. de Souza, pour des raisons de famille, n'arrivera pas à Paris avant quelques mois.
SAINT-LANDRY
Eh bien?
LE PORTUGAIS
Eh bien... qui empêche que cet ambassadeur n'arrive plus tôt et ne s'installe?
BEAUSIRE
Vous voulez...
Et si cet ambassadeur a envie du collier pour sa souveraine, n'a-t-il pas le droit de l'acheter.
SAINT-LANDRY
Je comprends...
TOUS
Moi aussi.
LE PORTUGAIS
L hôtel n'est occupé que par un chancelier grotesque monsieur Ducorneau, qui parle la langue portugaise comme moi le syriaque. Dans toute chancellerie il y a une caisse! Nous la viderons comme à-compte entre les mains des joailliers. Pour le surplus, nous leur demandons leur correspondant à Lisbonne, et nous leur signons, scellons, estampillons autant de lettres de change qu'ils en veulent sur ce correspondant.
BBAUSIRK.
L'un d'eux vient les loucher en apportant le collier.
SAINT-LANDRY, d'un ton significatif.
Et pendant le voyage... un joaillier au ciel, et un million dans notre poche.