‹ Le collier de la reine: drame en cinq actes, treize tableauxChapitre 48 sur 187 · SCÈNE PREMIÈRE BŒHMER, BOSSANGE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE BŒHMER, BOSSANGE

Au lever du rideau, Boseange range des bijoux dans une boite. Bœhmer entre de droite, les lunettes sur le front, manches de lustrine, plume d'oie à l'oreille. Autant que possible, Bœhmer est maigre et long. Bossange gros et court.

BOSSANGE, levant la tête.

Qu'est-ce, mon cher Bœhmer?

BŒHMER

Parbleu, c'est une lettre du financier Baudart de Saint-

James, qui réclame le paiement des huit cent mille livres qu'il nous a prêtées pour l'achèvement de ce maudit collier et nous presse, puisque nous ne pouvons le vendre dans son ensemble, de le dépecer pour le rembourser.

BOSSANGE

Dépecer une pareille merveille!... Profanation.

BOBHMKR.

Mon cher associé, vous êtes un artiste, moi je suis un commerçant, et une merveille dont personne ne veut s'ap pelle un rossignol en terme de commerce. Vous avez vu que pas une reine, pas une cour d'Europe n'a été assez riche pour la payer... Comment serions-nous assez riches pour la garder?... Non! non!... Baudart a raison... Dépeçons! il n'y a plus que ce parti à prendre pour éviter la banqueroute!...

BOSSANGE

Bœhmer, je vous en prie! Attendez encore!

BOEHMER

Avez-vous un acheteur?

BOSSANGE

Eh bien, oui... Peut-être!...

BOEHMER

Bah!... Et qui cela?

La reine.

BOEHMER

Sa Majesté? Elle l'a refusé déjà deux fois.

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