ACTE DEUXIÈME
DUCORNEAU
Pas mal, merci !... Il y aura onze ans à Pâques qu'elle est trépassée... Mais vous me reconnaissez donc, maintenant, mon cousin le richard?...
BOSSANGE
Pardonnez-moi... les soucis des affaires... Mais vous disiez que vous aviez trouvé...
DUCORNEAU
Oui... Vous savez que j'ai l'honneur d'être chancelier de l'ambassade de Portugal... Or, depuis quatre mois le poste était vacant, quand brusquement, hier matin, il nous est tombé du ciel un ambassadeur...
BOSSANGE
Ah!
DUCORNEAU
Et quel ambassadeur ! Un des plus grands seigneurs de la chrétienté, M. le marquis de Souza. Ah !.. Il faut le voir pour savoir réellement ce que c'est que la noblesse ! Quelle majesté! quelle élégance dans ses moindres gestes!... On n'en fait plus comme cela!
BOSSANGE
Pardon ! Mais si grand seigneur que soit M. de Souza, je ne suppose pas que ce soit lui qui...
DUCORNEAU
Qui veuille acheter votre trésor?.. Non, c'est Sa Majesté Très Fidèle, sa souveraine.
BOSSANGE
La reine de Portugal !.. La seule à qui nous ne l'ayons
pas offert !... Quand aurai -je l'honneur de voir votre ambassadeur, mon cher cousin?
DUCORNEAU
Mais je ne le précède que de quelques instants; et tenez, je crois que je l'entends... Oui... le voici qui descend de son carrosse avec M. le premier secrétaire et M. le premier valet de chambre.
BOSSANGE, «'empressant de courir è la parte.
Mon cousin, mon cousin, si l'affaire se fait, votre couvert sera mis tous les dimanches. Non, ce n'est pas assez... Tous les dimanches et tous les jeudis !...