‹ Le collier de la reine: drame en cinq actes, treize tableauxChapitre 59 sur 187 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

MADAME DE POLIGNAC

C'est tout naturel... il est si beau!

MADAME DE COIGNY

Il parle si bien !

MADAME DE POLASTRON

Et il a de si beaux diamants!

LE COMTE D'ARTOIS

Que vous soyez de ses fidèles, vous, madame de Polignac, vous, madame de Chalons, vous, madame de Polastron, les prétresses de la mode, c'est un devoir auquel vous ne pouvez vous soustraire ! Mais devinez qui j'ai surpris avant-hier, la chaîne du fameux baquet enlacée autour du corps, les yeux hors de leurs orbites, la tête renversée, les bras, les jambes, les pieds battant la chamade sous les secousses du fluide? Je vous le donne en cent, en mille ! ou plutôt non, je gage que vous allez deviner... La personne la plus ennuyeuse de la Cour.

TOUS

Madame de Noailles.

LE COMTE D'ARTOIS

Touchante unanimité... Oui, ma sœur, madame de Noailles!... Madame l'Étiquette! pâmée, convulsée... (Avec homur.) et décolletée.

TOUS

Oh!

Ce devait être effrayant!

LE COMTE D'ARTOIS

Tellement ! que j'en ai pris la fuite, moi qui venais pour me soumettre au merveilleux traitement du docteur.

Ohl quand vous y retournerez, mon frère, emmenez-moi... J'en meurs d'envie.

LE COMTE

Avec plaisir, si le roi le permet, ma sœur; mais, malgré l'indulgence de Louis, je doute qu'il vous passe ce caprice !

Qui sait?... Il m'a bien permis de jouer le Barbier de

Se ville.

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