‹ Le collier de la reine: drame en cinq actes, treize tableauxChapitre 68 sur 187 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

ANDRÉE

Et pour vous éloigner quand vous pouvez compter sur la faveur de Sa Majesté, vous devez avoir un motif grave.

CHARNY

Oui... Un motif impérieux qui me commande, qui m'ordonne de m'enfuir... Ah! Dieu! Si vous saviez, si vous pouviez savoir !

ANDRÉE

Quoi donc ?

CHARNY, essayant de se remettre.

Rien... rien... mademoiselle... excusez-moi.

ANDRÉE

Monsieur de Charny, je ne veux pas forcer vos secrets. Le privilège d'avoir su mériter la confiance de la reine ne saurait vous contraindre à m 'accorder la vôtre.

CHARNY, trèg ému.

Ah ! mademoiselle, si je pouvais parler, vous seriez la

première à qui j'OUVriraiS mon Cœur... (Se reprenant avec véhémence.) Et pourtant, non, non ! à vous, moins qu'à tout autre, j'ai le droit de trahir ce que je souffre.

ANDRÉE, à part.

A moi, moins qu'à tout autre.

CHARNY

Car je soutïre... Ah! cruellement!... Et cela depuis le premier jour où je vous ai vue... avec la reine !... (Mouvement d'Andrée.) Et c'est pour cela qu'il faut que je parte !

ANDRÉE

DU premier jour OÙ il m'a Vue... (Voyant Marie-Antoinette.) La

reine!

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