ACTE DEUXIÈME
GAMAIN, buvant.
Pristi ! Sire, vous avez là un chambertin royal !
LE ROI
A ta santé, Gamain !
«GAMAIN
A la vôtre, Sire, et à celle de votre dame. Je veux dire la reine, quoique...
LE ROI
Quoique... Achève Gamain*.. Est-ce que mon peuple n'est pas content de sa souveraine ?
GAMAIN
Oh ! Sire, on n'oublie pas les bontés de la reine pour les malheureux, l'hiver passé; mais dame! les Polignac lui coûtent gros, et à nous aussi. On disait à mon café, — le Café du Contrat Social, — que la duchesse Jules coûtait plus de vingt millions à la France, et dame! vingt millions, c'est beaucoup pour une duchesse, et môme pour deux.
LE ROI
On exagère à ton café, Gamain ; une souveraine doit payer ses serviteurs. Est-ce que tu ne payes pas tes apprentis?
GAMAIN
Oui, mais pas si cher que ça!... Allons, bon! voilà qu'on vient encore nous ennuyer!... Toujours vos ministres avec leurs niaiseries!
LE ROI
Non, c'est M. le comte de Provence.