SCÈNE ni
DELPIERRE. DUBLIN.
DELE1MRE.
Ne jamais faire emprisonner personne, c’ost avec ce* belles ttoctrines-lh qu’on bo ruine cl qu’on ue devient pas régent de la
banque I ainsi donc, Dublin, il est arrêté?
Om, monsieur, mais... si vous me ccrmclticz une observation...
DELPJBRHE.
Quelfii est l’observation que... je permet* h mon 'premier commis ? r r
Etes-vous bien certain d'avoir pris le meilleur moyen d’assurer le paiement do celle créance et n'aiinil-U pas mieux valu, en ayant égard à la position de II. do Montgeron,.
DRLPIXBRB.
Monsieur Dublin, vous savez que je ne dois ma fortune qu’à nioi-mome; vous savez que je suis l'unique fondateur de la maifon Del pierre, que je ne la soutiens que d** mes propres ressources, que je n ai pa^ d'associés, pat do rommomlitairr-s, pas un seul commanditaire... Et que j’ai par cela tnêrao acquis le droit de n admettre personne h surveiller ma gestion, encore moins • discuter avec moi mes propres intérêts; ma volonté no s'inclina devant aucun Contrôle. Ja décid© et l’on exécute... Vous le savez, n'est-il pas vrai* eh bien! par exception et sans que ça tire h conséquence, ja consens h causer avec vous, ce iiutin, mon cher Dublin, et h ne pas vous laisser ignorer la cause do I arrestation de M. do Montgeron. Il / a deux motifs, trois molu^qut mont déterminé » le premier, c’ost que jo veux ûire p yô.
DUBLIN
En co cas, je pourrais me dispenser do vous interroger sur les doux autres...
DFLP1BTINB.
Lo second, c’evt que, décidément, je suis trop boa.
DUBLIN
Vous ôtes trop bon! vous, monsieur?
DRIiFIBBM.
Oui, Dublin, oui toute réflexion faite, je suis trop bon, et il parait quo ma bonté dégénère en faiblesse...
DUBLIN
l’armi vos motifs, je n’aurais pai deviné cetui-lh.
DKLPIBBBB.
Moi-môme, jo ne m’en étais pas encore aperçu, mais on me l’a dit...
DUBLIN
Àh ! on vous l’a dit? quo vous étiei trop bon en «(Taire*?
MLTIBMUU
Oui, on affaire? ! Il me revient do tons rAté? que je suis accosé do trop deduucour, d’un trop grand laisser aller...
DUBLIN
Jo ne m’en serais jamais douté.
DRLPtBRBB.
A la Banque, h la Bourse, dans lo monde, partout on répôto : M. Delpierro a un rnérilo supérieur en finances... un jour, il deviendra ministre...
DUBLIN
Ah! on croit...
DELP1RRHB.
Oui, je le sais, c’est l'opinion générale : il deviondro ministre, dit-on, mais on ajoute tout bas : quo je suis trop facile dans mes négociations, trop coulant, trop bon homme...
Je vous jure, Monsieur, que jo ne l’ai jamais entendu dire.
DELPIBABB.
Je lo crois bien ; ce n’est pas îl vous, mon commis, qu’on viendra rapporter du mal do moi ! mais cm propos-lh se répandent ; les envieux les répèb nt et ils pourraient nuire h mon crédit. Quel diable l je nVnlcnd* pas qu’on prenne ainsi l'habitude do m’a piloter bon homme ; de bon homme Cil bail homme jo finirai» par nôtre qu’un sot, et puisque je trouve enfin l’occasion do montrer qui je suis... une occasion éclatante... tenez, justement voilà mon troisième motif : uno occasion éclatante ; M, do Montgeron, M. le comte de Montgeron, je no lo connais pas, jo ne l'ai jamais vu 1 Poursuivi, il u a pas même daigne me faire une visite... mais il appartient h une famille puissante et dont l'e le vallon donnera du retentisse ujcnl à la mesure de rigueur que jo prends contre lui ! Et puis, s'il faut dire toute ma ponsce, et jo no vous la cacherai pas à vous, Dublin, dont je fais cas, dont je sais apprécier la sagesse, les ans judicieux, surtout lorsque vous m'écoute* Attentivement et sans me faire aucune objee-
tinn... Oui, jo le confesse, je ne nus pas fiché do tenir II. le comte de Montgeron entre quatre murs et de lui prouver qu’il ne suffit pas de porter un grand nom pour se permettre de brasier des affaires!... U ne «rail pas. mal de mettre un terme I cette manie d'industrie, à cette soif d’agiotage dont raeaaiours les nobles sont depuis quelque temps tourmentes. I)e quoi se mûlent-ils, ces messieurs T Est-ce qu'ils y comprennent quelque chose? Pourquoi marcher ainsi sur nos brisées? nous voit-on marcher sur les leurs? Pourquoi descendent-ils tous à la Bourse? Est-ce que je vais escalader leurs hôtels amoiriés, pour réclamer ma part de leurs titres, de leurs parchemins?
HBtH.
Vous oubliez que madame Dolpierre était de noble famille? delhirrr.
C’est irai, mais alors j’avais ma fortune b faire, et tous Ica moyens m'étaient bons I et d’ailleurs dans co temps-ll lo faubourg Saint- Germain savait garder son décorum, et nous nous gardions nos écus, quand nous en avions. Hais aujourd’hui pas une exploitation, pas une entreprise, une annonco où ne brillent en toutes lettres les noms et les qualités de quelque grand seigneur I Se forme-t-il une compagnie do chemin do fer, le direc leur est duc ou pour le moins marquis I Creuso-i-on un canal c’est un baron qu’on nommo trésorier !... Ici, lo vicomte un ici qui invente des ballons remorqueurs t Là, un prince, jo no sais plus lequel, qui veut faire uaviguar des bateaux inexpiosible.dans les montagnes do l’Auvergne. Hier c’était uno société de sages-femmes eu commandite, présidée par madame la duchess* i v #era q uc|, î uo autre folie 1 El parce qu’il aura
plu à M. de Montgeron de se lancer incognito dans une exploitation de houilles... car lui, je lui rends cette justice, il n’a pas recherche la publicité... parce qu'il n’aura pas fait honneur b ses lettres do change... il faudra que moi qui les ai escomptées a beaux deniers comptants, je n’use pas do mon recours contre lui... que j aie, commovous dites, des égards... morblou t Des égards je ne lui on dois pas jonc lui dois rien ! Cest lui qui me doit, qui me doit ccnt mille francs, et puisque jo le (tous enfin, M lo comte do Montgeron,il payera pour les autres.