‹ Le colonel, comedievaudeville, en un acte, de mm. Eugene Scribe et G. Delavigne, representee pour la premiere fois sur le Theatre du Gymnase dramatique, le 29 janvier 1821Chapitre 10 sur 23 · ENSEMBLE · texte numérisé non relu

ENSEMBLE

looLrn.

Bon ! bon ! il est ravi :

J espère Lui plaire ;

Oui , j'espère aujourd’hui M’eu faire uo ami.

ÉLISE

Oui, c'est indigne à lui...

Dieux ! quel caractère !

Pour jamais aujourd’hui 3e reuonce à lui.

ADOLPHE

Lorsque ja gagne Le jeu roe plaît beaucoup ,

Et le Champagne «

Est assez de mon goût: *

Mais li bien boire le ne mets point ma gloire :

Si je bois Par fois ,

C’est à mes amours....

Etj ’aime tous les jours.

ADOLPHE

ÉLISE

Bon ! bon ! il est ravi : etc. Oui , c’est indigne à lui ! etc.

ÉLISE

Mais, dites-moi, Monsieur, si votre exemple devenait contagieux , si les femmes voulaient imiter cette légèreté dont vous vous faites gloire, et changer à leur tour ?

ADOLPHE

Ah ! colonel ! des femmes c’est bien différent.

ÉLISE

Ainsi, Monsieur, vous faites des lois pour vous seul-

ADOLPHE

Je lesf ais pour vous comme pour moi ; qu’est - ce qu’il a donc le colonel?... Je vois que vous êtes fâché, parce que vous croyez que j’ai fait la cour à votre femme... hé bien T vous avez tort , et si j’osais je vous ferais un aveu... c’est que ça va me nuire dans votre esprit, et

peut-être me faire perdre l’estime que vous avez déjà pour moi.

ÉLISE

Rassurez -vous, Monsieur, mon opinion sur vous est fixée, et rien désormais ne pourrait m'en faire changer.

ADOLPHE

Ma foi , alors je ne risque rien... Eh bien ! colonel, je vous avoue que je suis amoureux amoureux à en perdre la tète !... Je sais ce que vous allez me dire, que cela ne convient pas à un militaire , que cela peut nuire à ses devoirs, à son avancement; ce n’est rien encore, et quand vous saurez quelle est la personne, vous vous fâcherez peut - être... mais, voyez -vous, moi, il m’est impossible ne rien cacher, et puisqu’il faut vous le dire , celle que j’adore c’est votre sœur.

ÉLISE

Comment, Monsieur !

ADOLPHE

Oh ! j’étais bien sûr qué cela vous fâcherait.

Non, Monsieur, non , je ne me fâche pas; je ne peux pas vous empêcher d’aimer ma sœur,

A D OLP B E.

Ah ! c’est tout ce que je vous demande.

ÉLISE

Comment! est-ce que vous croyez que de son côté....

ADOLPHE

Élise , du tout , au contraire je suis sûr que je lui ai déplu; je l’ai lu dans ses yeux, et j’en ai été en-, chanté. J’avais trop bonne opinion de son jugement et de sa raison pour croire qu’un étourdi pût lui plaire; mais enfin un étourdi peut devenir un homme de mérite, et c’est en vous , colonel , que je mets tout mon espoir ;

( aS )

dites seulement à votre sœur dç prendre patience , et d’attendre la première bataille : je ne lui en demande pas davantage.

Air de Préville et Taconnet.

En prononçant le nom d’Élise Tous deux gaîment nous chargeons l'enuemi :

Il est battu , 1a ville est prise,

El je suis blessé , Die» merci !

Qu’une blessure rend aimable !

Quel inte'rêc je lui vais inspirer !

Un bras de moins , je peux tout espérer !

El» ! qui sait meme , un boulet favorable Peut m’emporter, et me faire adorer.

buse à part. <■

Allons , il a du bon, et l’on aurait eu tort de le condamner sur les apparences. ( Haut. ) Monsieur Adolphe, je vous avais mal jugé, et pour m’en punir , je crois que je parlerai pour vous. • * . . .

adolphe ta serrant dans ses liras

Ah ! mon colonel !

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