SCÈNE XVI
GONDREVILLE se tenant un peu à l’écart et
examinant Élise. ÉLISE, l’air un peu étourdi
et portant la main à son front.
,1' \ ÉLISE. Y
Ah !... je suis tout étourdie... Ils diront ce qu’ils voudront, je suis sortie de table...,; un bruit, un tapage !... Ah ! que c’est mauvais du rhum... : il m’en ont pourtant fait prendre presque un demi-verre; et Monsieur Adolphe , qui voulait toujours boire avec moi à la santé de ma sœur, tandis que les autres buvaient à la santé de ma femme!... Et le régiment qui est rangé en bataille et qu’il v$ falloir passer, en revue après leidéjeûner-.i Mon Dieu ! comment sortir de là..., les officiers..., le réglniptit, si je pouvais mettre tout ce monde-là aux arrêts et m’en aller ! .. ( t
gondreville la saluant.
Monsieur, n’êtes-vous pas le colonel du douzième régiment de hussards?
élise.
Oui, Monsieur; on le dit.
GONDREVILLE
M. de Gondreville ?
élise.
Oui, Monsieur.
GOND RE VILlE.
Et vous êtes ici avec madame de Gondfêvtlle.... avant son mariage mademoiselle Hortense de Lussan?
élise.
Sans doute', ma meilleure amie, et ma femme. Est-cè que vous la connaissez?
coxhueviilh, froidement.
Oui, beaucoup. *
ÉLISE
Oh ! que c’est heureux ! voilà au [moins quelqu’un de raisonnable, et avec qui l’on peut s’entendre.
G O ND REVILLE.
Le rôle que vous jouez ici doit vous faire comprendre «e que je viens vous demander.... Monsieur peut choisir de l'épée ou du pistolet.
ÉLISE
Comment ! le pistolet ?
CONDREVILLE.
Je vois que Monsieur préfère le sabre..*. Eh bien! va pour le sabre.... Au fait, c’est notre arme.
ÉLISE
Ah ça! Monsieur, que signifie?
• CONDREVILLE.
Oh ! Jjoint de bruit , point d’explication ; je n aime pas le scandale : dans dix minutes je suis à vous. Je ne connais ici personne, et vous ferez bien de prendre un second.
Air : Fils imprudent! epoux rebelle!
Sans adieu ! l'honneur vous appelle ;
Un colonel doit en suivre la loi.
/lu rendez-vous soyez fidèle :
Vous m’y verrez , et mon sabre avec moi.
■ ÉLISE
Ah! rien n’tgale mou efl'roi !
comtviur,
Oui , ses atteintes sont certaines :
Ce fer a su venger jadis ' .
Ues injures de mon pays;
Ii saura bien venger les miennes !
( Il sort.)