‹ Le colonel, comedievaudeville, en un acte, de mm. Eugene Scribe et G. Delavigne, representee pour la premiere fois sur le Theatre du Gymnase dramatique, le 29 janvier 1821Chapitre 5 sur 23 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

MADAME de gondreville, élise.

Madame de gondreville, a la cantonade.

Eh bien! Monsieur..^. le n* 3... comme vous voudrez.... Nous avons assez de peine pour avoir môme une mauvaise chambre.

ÉLISE

Oui , je m’aperçois que deux femmes seules en voyage ne te font pas obéir facilement.

Madame^ de gondreville.

Jç t’en avais prévenue, ma chère Élise, mais tu as voulu te dévouer.

ÉLISE

Pouvais-je te laisser partir seule , toi , ma compagne d’enfance, ma cousine et ma meilleure amie , lorsque tu vas, loin du monde et de Paris, rejoin !re un époux malheureux, exilé! d’ailleurs dep iis ton mariage ,e n ai nas encore vu monsieur de Gondreville , il faut que tu

me présentes à lui.... il s’ennuie dans sa solitude.....

mais' sois tranquille, nous voda : n us lui ferons cle la musique, des romans, de la tapisserie et de la politique, il se croira dans un salon de Pari». Mais, dis-moi, arrivons-nous bientôt? où sommes-nous?

Madame de gondreville.

Presqu’à moitié chemin à Joigny. Tu sais que

M de Gondreville, forcé de quitter Pans pour cette maudite affaire d’honneur, a été exilé a soixante lieues , et comme uous avons en Bourgogne une terre à peu près à cette distance....

élise.

Soixante lieues ! a ••

Madame de gondreville.

Ah! je conçois... te voilà bien loin de Pans.... de tes

adorateurs.-'., de M. Adolphe; car, tu as beau dire, il t’occupait un peu.

, , b LISE.

M. Adolphe ... nou.... je conviens que d’abord il m’amusait , et c’est beaucoup.. . surtout chez nia tante , madame deLussan, la maison de tout te Marais où peut-être on s’amuse le moius; mais ma tante, mes amis m’out dit tant de mal de M. Adolphe que je ne m’occupe plus de lui... je crois même que je J’#i oublié, et moi d’abord, si jamais je me marie, je ne veux choisir qq’un homme raisonnable..... si c’est possible.

Madame de cobdbevilli. 1 >

A la bonne bpu.rc... nous ne risquons rien 4 e pbercher: nous sommes en route.... Mais je ne m'aperçois pas qu’ou vous serve....

ÉLISE

Attends ; je vais sonner- ( Elle va à ta table et senne plusieurs fois-) \ .

‘ Madame de gondjieville.

C’est étonnant comme on arrivel’ ; *<

Et le plus agréable, c'est qu’il en est ainsi dans toutes les auberges... et partout cependant nous payons double.... ... ■ ».

Madame de condreville.

Oui... c’est toi qui tiens la bourse, et il me semble que tu y y «s^qu peu lestement.

ÉLISE

Nous n’en allons pas plus vite : jusqu’aux postillons qui s’endorment sur leurs chevaux! ils ont tous l’air de dire : Ce sont des femmes, il n’y a pas besoin de se presser.... et moi j’ai beau leur répéter avec cette voix que M. Adolphe trouvait si douce : « Postillon , mon cher ami , je vous prie de me faire l’amitié d’aller un

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