SCÈNE VI
MADAME de gondreville, élise.
Madame de gondreville, a la cantonade.
Eh bien! Monsieur..^. le n* 3... comme vous voudrez.... Nous avons assez de peine pour avoir môme une mauvaise chambre.
ÉLISE
Oui , je m’aperçois que deux femmes seules en voyage ne te font pas obéir facilement.
Madame^ de gondreville.
Jç t’en avais prévenue, ma chère Élise, mais tu as voulu te dévouer.
ÉLISE
Pouvais-je te laisser partir seule , toi , ma compagne d’enfance, ma cousine et ma meilleure amie , lorsque tu vas, loin du monde et de Paris, rejoin !re un époux malheureux, exilé! d’ailleurs dep iis ton mariage ,e n ai nas encore vu monsieur de Gondreville , il faut que tu
me présentes à lui.... il s’ennuie dans sa solitude.....
mais' sois tranquille, nous voda : n us lui ferons cle la musique, des romans, de la tapisserie et de la politique, il se croira dans un salon de Pari». Mais, dis-moi, arrivons-nous bientôt? où sommes-nous?
Madame de gondreville.
Presqu’à moitié chemin à Joigny. Tu sais que
M de Gondreville, forcé de quitter Pans pour cette maudite affaire d’honneur, a été exilé a soixante lieues , et comme uous avons en Bourgogne une terre à peu près à cette distance....
élise.
Soixante lieues ! a ••
Madame de gondreville.
Ah! je conçois... te voilà bien loin de Pans.... de tes
adorateurs.-'., de M. Adolphe; car, tu as beau dire, il t’occupait un peu.
, , b LISE.
M. Adolphe ... nou.... je conviens que d’abord il m’amusait , et c’est beaucoup.. . surtout chez nia tante , madame deLussan, la maison de tout te Marais où peut-être on s’amuse le moius; mais ma tante, mes amis m’out dit tant de mal de M. Adolphe que je ne m’occupe plus de lui... je crois même que je J’#i oublié, et moi d’abord, si jamais je me marie, je ne veux choisir qq’un homme raisonnable..... si c’est possible.
Madame de cobdbevilli. 1 >
A la bonne bpu.rc... nous ne risquons rien 4 e pbercher: nous sommes en route.... Mais je ne m'aperçois pas qu’ou vous serve....
ÉLISE
Attends ; je vais sonner- ( Elle va à ta table et senne plusieurs fois-) \ .
‘ Madame de gondjieville.
C’est étonnant comme on arrivel’ ; *<
Et le plus agréable, c'est qu’il en est ainsi dans toutes les auberges... et partout cependant nous payons double.... ... ■ ».
Madame de condreville.
Oui... c’est toi qui tiens la bourse, et il me semble que tu y y «s^qu peu lestement.
ÉLISE
Nous n’en allons pas plus vite : jusqu’aux postillons qui s’endorment sur leurs chevaux! ils ont tous l’air de dire : Ce sont des femmes, il n’y a pas besoin de se presser.... et moi j’ai beau leur répéter avec cette voix que M. Adolphe trouvait si douce : « Postillon , mon cher ami , je vous prie de me faire l’amitié d’aller un