‹ Le colonel de hussards; mélodrame en trois actes, à grand spectacleChapitre 3 sur 49 · SCÈNE PIIEMIÈHE · texte numérisé non relu

SCÈNE PIIEMIÈHE

PIERRE, POEESRA, sortant de chez Eudoxie.

PIERRE

Y a-t-il assez long-temps que tu me fais attendre ? Les garçons, les jeunes filles du village, et les hussards qui sont ici en cantonnement vont arriver pour faire Texercice, j'naurons pas Ttemps d'uous dire un petit mot d'amour.

POLESKA.

Nous allons nous marier , j'jjurons ])en Tmoment.

PIERRE

Puisque tu renvoies notre amour après la noce, dis-moi donc , Poleska , quVest donc que c'te jeune femme qui demeui'e là-dedans, et qui s'promène tois les matins en pleurant, soupirant , et en faisant de grands Iras 7

POLESKA.

Tu Tsais ben , nigaud , elle est fiille.

PIERRE

Folle î et (Vquoi?

J'rignorons.

POLESKA.

PIERRE

Ça n'est pas vrai, mamselle; vous portez du lait tous les malins dans la maison; la vieille Berllie , la gouvernante, vous a prise eu amiquié , elle est bavarde , vous êtes curieuse , et vous devez savoir...

POLESKA.

J'te dis qu non.

PIERRE

Vous avez des seci-ets pour moi , c'est l)on j j'ne voulons plus être votre mari.

POLESKA.

Oh! mou petit Pierre... tu m'promets d'ne rien dire.

PIERRE

Oui, oui.

Eh ben! écoute.

J'suis toute oreille.

POLESKA.

PIERRE

POLESKA.

Madame de Rosval, qui a un autre nom dont je n'me souviens pas , est d'venue folle , parce que son amant , d'après les conseils d'iui mauvais sujet, l'a abandonnée, elle et sou enfant. V'ià qu'tout-à-coup la vue de c t'eufant, qui lui rappelait sou infidèle, lui inspira tant de haine pour lui, que BerlliC;, touchée de pitié , lui proposa de s'en séparer pendant quelque tems ; la mère y consentit, et Berlhe s'embarqua avec le marmot dans une voiture publique. Mais v'îà que dans un bois qu'il fallait traverser, des voleurs tombent sur eux, ils saisissent le pauvre enfant qui avait déjà cinq ans, et la vieille, pendant qu'on l'entraîaait plus loin, le vit jeter dans un taillis épais. Elle s'évanouit ; mais le matin, après avoir rouvert les yeux, se trouvant à l'entrée du bols, elle n'eut rien de plus pressé que de retourner au buisson qu'elle avait remarque j ]uge de sa douleur quand elle ne trouva plus cpie des traces de sans... Berthe , désespérée, revint en tremblant chez sa maîtresse , qui , à peine loin d'son enfant , le r'dcmaudait k grands cris. Berlhe chercha lone-tems à lui cacher son malheur, mais une imprudence la mit au fait... Alors , sa tète qui

était déjà affaiblie , se perdit entièreracnt ; elle jeta des cris horribles , s'arracha les cheveux eu s'accusaut de la mort de son enfant, et Berlhe, au bout de deux ans, voyant que rien ne changeait son état , vint s'établir dans cette campagne, où , afin de dépister les curieux, elle la fit passer pour veuve, et où, depuis trois mois qu'elle est au milieu de nous , chacun la plaint , Taime et la respecte.

PIERRE

C'est-il une histoire ca ! J'en avons Tcœur gros [On en'

tend un son de trompette.) Mais j'enleuds les hussards, nos paysans sont avec eux... Vite , vite , à tou affaire; not'oncle le vieux Stanislas ne plaisante pas.

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