‹ Le colonel de hussards; mélodrame en trois actes, à grand spectacleChapitre 32 sur 49 · SCÈNE XÏV · texte numérisé non relu

SCÈNE XÏV

Les mêmes, BERTHE, LE CLERC.

BERTHE

Madame!.... ma chère maîtresse, je vous revois enfin! STANISLAS, barrant le passage à Le Clerc, qui cherche à retenir

Ber^hc.

Si tu fais un pas de plus , tu es mort.

EUDOXIE, ouvrant les yeux et montrant Gusta^'o. Tiens , Berthe , regarde.

BERTHE

Votre enfant!

ROSINSKI , revenant de l'anéantissement que la scène précède fite lui a causé.

Eh quoi! cet enfant!.... mou petit Gustave?

EUDOXIE, avec un accent déchirant.

Est à moi.

GUSTAVE

Oui , voilà maman.

BERTHE

Je reconnais l'enfant de ma maîtresse , je le jure sur l'honneur , monsieur de Rosinski.

EUDOXIE

Le comte deRosinski ! mou cruel ennemi! — fuvonsi

ROSINSKI.

Arrêtez , où allez- vous ?

EUDOXIE

Est-ce donc un boulienr pour vous de contempler une femmc- »lont vous avez cause l'infortune?

ROSINSKI.

Qui êles-vous... qui ètes-vous donc?

EUDOS.IE.

N'eu ai-je pas dit assez pour vous faire connaître la malheureuse Eudoxle ?

* ROSINSKI.

Eudoxie ! . . . grand Dieu I {Tous ses traits se décomposent ; sa contenance est cliaii3;ée ; ce n'est plus le même lionmie.^ EUDOXIE, se rapprochant.

Oui, je suis cette Eudoxie dont vous avez si cruellement décliirc le cœur. Il n"v a pas cin([ ans encore , brillante de jeunesse et de quelques attraits, j'avais rencontré dans Alfred la seule ame qui put couiprendrc la mienne... je n'étais pas allée le chercher ; il me vit , il eut l'art de s'emparer de mon cœur; pleins de confiance, je crus à ses sermens; ma fidélité, mon attachement pour lui , ce gage de sa tendresse que le ciel m'avait accordé, me rendaient digne d'être sa compagne, et me promettait l'avenir le plus heureux; vous connûtes alors notre amour • me confondant avec ces f^nnies que suit lo déslionneur , vous jetâtes dans lame de mon époux les soupçons les /[>lus odieux : vous parvîntes à le détacher de sou Eudoxie, vous, le déterminâtes à former un Itvmen plus brillant. Restée seule dans la nature, j'élals trop sensible pour résister à tant de coups; ma pauvr.; tète n'v put suffire. La disparition de mon enfani, dent je pouvais me reprocher la perte, acheva d'égarer ma raison. Je devins la plus infortunée comme la plus à plaindre des femmes. Comte, regardez- mol, contemplez votre ouvrage , et tâchez de conserver la paix de lame que vous m'avez arrachée pour jamais. (^Moment de silence.)

ROSINSKI, ai^ec une voix étoujfce.

Je suis tin misérable!... tout espoir de pardon est donc perdu !.. Gustave, abandonneras-tu ton colonel?

GUSTAVE

Maman ! maman ! mon bon ami pleure. .. si tu savais comme il m'aime ! . . . pardonne lui .

Ei'uuME, .sa Ici^ant m>ec dignité.

M. de Kosinski , en sa faA'ein', je vous partîonne, mais laissez-moi quitter des lieux qui me font liorreurj laissez-moi sortir avec mon fils.

ROSINSKI.

Gustave?., et toi aussi... voudras-tu me quitter?..

GUSTAVE

Mon bon ami... *

EUDOXIE , l'entourant de ses bras.

Ali î uVssayez pas de me l'enlever songez.... oh! songez

que c'est le seul bien qui me reste; que sa vue seule peut désormais adoucir des maux qu'il ne vous est plus possible de réparer.

ROSINSKI . d'une voix terrible.

Qu'il ne m'est plus possiI)le de réparer ! vous ignorez donc que )'ai juré de tout sacrifier pour le boubeur de mou enfant adoptif! (// tire sa montre.) Huit beurcs, dans trois au plus, Alfred peut être l'époux de la comtesse, et sept lieues à faire. {// se jette sur les sonnettes. )

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