SCÈNE XIV
ROSINSKI, ALFRED, STANISLAS.
ALFRED
Je suis bien aise de vous trouA'er aussi exact au rendez-vous. {^apercevaiit Stanislas^ Je n'ai pas de témoin.
ROSINSKI.
La loyauté du brave Stanislas vous est connue, et sa pré^ sence peut être nécessaire.
ALFRED
Rosinski, allons (^Profond silence.^
ROSINSKI , à Stajiislas.
Les pistolets.
STANISLAS
Les voici , mon colonel. {Il les rnojitre .) ROSINSKI , à Alfred.
Choisissez. ( Alfred en prend un , et fait quelques pas en arrière.) Un mot encore avant l'événement', il faut songer à
tout..... c est vous que j'ai choisi pour exécuter mes dernières volontés.
ALFRED
Moi
Me refuseriez- vous ?. . .
ALFRED
Mais enfin, le sort ne doit peut cire pas.. .. STANISLAS , avec fei-nieté.
Un militaire doit s'attendre à tout lorsqu'il va au feu.
ROSINSKI.
Je vous ai légué ce que j"ai de plus cher dans le monde 3 vous ne me refuserez pas , je Tespère ?
ALFRED
Parlez, monsieur.
ROSINSKI, ému.
Vous connaissez la tendresse qui m'attache à Gustave 5 longtems encore il aura besoin d'appui; si je meurs, puis-je mieux me faire remplacer près de lui que par vous; je vous conjure de lui servir de père.
ALFRED
Je vous le promets.
STANISLAS , entre ses dents.
Bien! {Il essuie ses yeux.) Braves gens ! braves gens !
ROSINSKI.
Je suis tranquille maintenant : colonel Radziwil , prenez vos distances ?
STANISLAS , à Alfred.
Colonel Radziwil , vous êtes l'offensé , c'est à vous de tirer le premier. [Alfred ajuste Rosinski ; Stanislas frappe dans sa main; il est prêt de frapper le troisième coup, lorsque Gustave paraît. )