‹ Le colonel Roquebrune; drame en 5 actes et 6 tableauxChapitre 25 sur 129 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ancien conventionnel, au milieu de la fleur de l'aristocratie.

Tu ne dois pas t'y amuser tous les jours. Et quel homme est-ce, ce comte de Moigneville ? Vieux, jeune?

HENRI

Trente-cinq ans : de la poudre, la mise de l'ancien régime. Une grande froideur apparente, mais une terrible ardeur de volonté. Beaucoup d'intelligence, des manières séduisantes, et avec cela peu sympathique.

Quel est son emploi ?

HENRI

Ah! C'est ici que la difficulté commence. Il n'est rien et il peut tout. On ne le trouve en pied dans aucun ministère et il a accès dans tous. Il part, de temps en temps, en mission, sans qu'on sache où il va, et il reparaît, sans qu'on devine pourquoi il revient. Familier du pavillon Marsan, je le soupçonne d'être une des fortes têtes de la congrégation. Et il entrerait au conseil des ministres que je n'en serais pas surpris.

Et rien qui puisse le signaler à l'attention?

HENRI

Si, une petite cicatrice, au coin de la tempe droite. Un coup de sabre, dit-il, qu'il a reçu dans sa jeunesse, à la bataille de Civita-Castellana, quand il servait dans l'armée napolitaine, sous le comte de Damas.

30 LE COLO S El ROQUEBRUNE

HOODEB B U NE.

Mordieu! c'est l'homme qui m'attendait ici, ce matin.

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