‹ Le colonel Roquebrune; drame en 5 actes et 6 tableauxChapitre 8 sur 129 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

MOIGNEVILLE, ROUQUIN.

ROUQUIN, s' avançant vivement.

Monsieur le comte, notre homme est ici.

MOIGNEVILLE.

Depuis quand?

ROUQUIN

Depuis ce matin, dix heures... Arrivé par la diligence, lui dans l'intérieur, moi sur l'impériale.

MOIGNEVILLE.

Les renseignements qui nous le signalaient étaient exacts.

ROUQUIN

Minutieusement exacts.

MOIGNEVILLE.

Il a débarqué à Toulon.

ROUQUIN

Venant de l'île d'Elbe...

MOIGNEVILLE.

Sous le nom de Passerieu, capitaine au long cours.

Il a gagné Grenoble où il a vu le colonel Labédoyère. Puis il est allé à Besançon, où il a rencontré le général Goutard. Il est descendu à Reims, où il a passé deux heures à la caserne du 27e de ligne, colonel Bruneau. Avant-hier, il était à Lille où il a vu le comte Drouet d'Erlon. Pendant tout ce temps-là, il a admirablement soutenu son personnage de méridional et, si je n'avais pas su à qui j'avais affaire, j'aurais pu croire que je suivais un marin en retraite, voyageant pour les huiles ou le savon, et non point...

MOIGNEVILLE.

Le colonel Roquebrune, aide-de-camp de l'empereur. Et présentement où est-il?

ROUQUIN

Il regarde défiler les soldats sur la place d'armes, en fumant son cigare, avec un air si bonhomme qu'on le prendrait pour le plus paisible des bourgeois.

MOIGNEVILLE.

Pourquoi l'avez-vous quitté?

ROUQUIN

Parce qu'il a déposé son porte-manteau ici et

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