ACTE QUATRIÈME
Des bravades, moi? Pourquoi faire? Je suis bien assez exposé comme ça! Et puis ce n'est pas mon
genre.
Henri va prendre son bonnet de police et son manteau, près de la grille.
SCÈx^E VII
Les Mêmes, ROUQUIN.
ROUQUIN, paraissant.
Colonel, retenez M. de Rimbert et écoutez-moi vite, car si on me surprenait avec vous, mon affaire ne serait pas bonne...
Reste encore un instant, Henri...
Henri s'arrête au fond.
ROUQUIN, attirant Roquebrune à l'écart.
Xe laissez pas partir votre ami, accompagnez-le, ne le quittez pas d'un pouce, marchez dans son ombre...
Pourquoi donc !
ROUQUIN
Parce que, si vous sortez seul, vous êtes pris : la police vous attend à la porte...
Ah! ah! Mais la police, est-ce que vous n'en êtes pas?
ROUQUIN
De celle-là ? non ! Vous avez affaire à des scélérats : la clique des agents provocateurs et des as-
sommeurspublics... Moi, colonel, voilà quinze jours que je vous connais, et ça nie fait quelque chosede penser qu'un brave comme vous va passer par les mains de pareils brigands ! Si vous faites mine de résister, ils sont capables de vous abattre à coups de gourdin!
Et mon ami, ausFi, s'il cherche à me défendre?
BOUQUIN
C'est pourquoi on veut attendre que vous soyez séparé de lui.
Boa! Et si, trouvant l'occasion favorable, ils m'abordent tout de même, quand je sortirai avec Henri... L'enfant est brave, il me défend... Sans compter le danger qu'il court, le voilà suspect...
ROUQUIN
Colonel, croyez-moi, pas d'hésitation, attachezvous à M. de Rimbert, c'est votre seule chance de salut. Et puis, si l'on vous attaque, vous serez deux !
Pardieu ! c'est bien là ce que je crains 1 Henri...
HENRI, venant à Roquebrune.
Mon colonel...
J'ai encore affaire ici, pour un instant... Pars, comme il était convenu...
rouquin, bas.
Colonel, que faites-vous ? C'est vous perdre I
ROQUEBRUNE, bas.
Eh bien ! après? Si c'est ma fantaisie ! (a Henri.)