CHAPITRE IX
par de longs discours: l'admiration et Ja joie doivent remplir toute notre âme, et absorber toutes ses fonctions en sa présence : l’esprit admirera cet incompréhensible mystère, et le cœur s’épanouira de joie à la vue d’une si grande majesté cachée sous de si humbles espèces.
Ne désirons point qu'il se montre à nous d'une autre manière, et souvenons-nous qu'il a dit que bienheureux sont ceux qui ne l'ont pas vu et qui ont cru en lui.
Il faudra surtout être fidèle et constant dans nos exercices, et persévérer sans trouble et sans inquiétude dans la pratique des moyens les plus propres à faire avancer notre âme dans la pureté et l'humilité.
Tant que ces pratiques ne seront point abandonnées par nous, la grâce de la persévérance ne nous abandonnera point.
Il est impossible qu’ ne âme qui a goûté ce repos spirituel puisse retourner à la vie bruyante et agitée du monde, car ce serait pour elle un tourment insupportable.
A GRR PTERT À L'âme ne doit chercher de repos et de plaisir qu'en Dieu } © NE âme à qui rien ne plaît au monde { que les persécutions et ies mépris, qui n'aime et ne désire rien de tous
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| les biens qu'il peut donner, et qui ne craint
rien de tous les maux qu'il peut faire, qui
| fuit les uns comme le poison, et qui cher- : che les autres comme ses délices, est en | état de recevoir de grandes consolations de Dieu, pourvu que sa confiance soit
toute en lui, et qu’elle ne présume rien de res forces.
Le courage de saint Pierre était grand quand il disait hautement qu'il voulait mouriravec Jésus-Christ.
Cette volonté déterminée était en apparence fort bonne, mais elle avait un vice :
c'est que c'était sa volonté propre, et ce vice fut la cause de sa chute : tant il est vrai que nous ne saurions rien penser ni rien faire qui soit bon sans |: secours de la grâce de Dieu.
Tenons notre âme libre de toutes sortes de désirs; qu’elle soit tout entière à ce qu’elle fait, à ce qu’elle pense, sans souffrir que l’inquiétude de ce qu’elle fera ou pensera hors de l'instant de son action la tienne partagée.
Néanmoins il n’est défendu à personne de s'appliquer à ses affaires temporelles par une sollicitude prudente et eclairée, selon les besoins de son état. Ces choses, prises comme il faut, sont dans l’ordre de Dieu, et n’empêchent nullement la paix
intérieure et l'avancement spirituel.
Nous ne saurions rien faire de mieux, pour bien employer le temps présent, que
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