‹ Le combat spirituel [microforme]Chapitre 63 sur 184 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

accomplir; croyez du moins que le Sei- | gneur, par une secrète disposition de sa providence, ou en punition de vos péchés, ne veut pas que vous ayez le plaisir de faire cette bonne œuvre, mais qu'il aime mieux vous voir soumis à ses volontés et humilié sous sa main toute-puissaante.

Usez-en de mème lorsque vous êtes obligé, soit par l'ordre de votre père spirituel. ou par quelque autre raison, d'interrompre vos dévotions ordinaires, et même de vous retirer pour quelque temps de la sainte table. Ne vous laissez pas abattre par le chagrin, mais renoncez entièrement a votre propre volonté, et conformez-vous à celle de Dieu, en disant : Si Dieu, qui connaît le fond de mon âme, n'y voyait point de défauts, point d'ingratitude, je ne serais pas maintenant privé de la sainte communion. us son nom soit éternellement béni de la grâce qu’il me fait de me découvrir mon indignité. Je crois fermement, Seigneur, que dans toutes les afflictions que vous m’envoyez, vous ne désirez de moi autre chose, sinon qu’en les supportant avec patience et dans la vue de vous plaire, je vous offre un cœur toujours soumis à vos volontés, toujours prêt à vous recevoir, afin qu’y entrant vous le remplissiez de consolations spirituelles, et que vous le défendiez contre les puissances infernales, qui tâchent de le ruvir. Faites, à mon Créateur et mon Sauveur, faites de

moi ce qui sera agréable à vos yeux! Que | votre volonté soit maintenant et dans tous | les siècles mon appui et ma nourriture. Je !

ne vous demande qu’une seule chose, c'est | que mon âme, purifiée de tout ce qui vous déplait, et ornée de toutes les vertus, soit | en état non seulement de vous recevoir, | mais de faire ce qu'il vous plaira de lui | ordonner. |

Ceux qui auraient soin de bien prati- | quer tout ceci, s'ils se sentent portés à | entreprendre quelque bonne œuvre qui soit au-dessus de leurs forces, que ce désir | soit purement naturel ou qu’il vienne du | aemon, qui espère leur donner par là du dégoût pour la vertu, ou que Dieu le leur | inspire afin d’éprouver leur obéissance, | peuvent se promettre que ce leur seratou- | jours une occasion de faire quelque pro- | grès dans la voie du salut, et de servir Notre Seigneur de la manière qui lui est | la plus agréable, en quoi consiste la vraie | dévotion. |

Remarquez de plus que, lorsque, pour vous guérir d’une maladie, pour vous délivrer d’une fâcheuse incommodité, vous em- | ployez des moyens innocents, et dont les | saints mêmes se sont servis, vous devez | toujours éviter le trop grand empressement,et ne point désireravectrop d'ardeur | que les choses réussissent selon votre ; inclination. Soyez résigné à tout, et n'en- | visagez que la seule volonté de Dieu; car |

Ce

ou par d’autres beaucoup meilleurs qu'il a resolu de vous délivrer de vos maux ? Si vous agissez autrement, ce sera à votre préjudice, car peut-être n'obtiendrez-vous pas Ce que vous souhaitez passionnément ; et alors vous ne pourrez vous empêcher de retomber FPE à

même vous le Pourriez, votre patience

d'imperfections, qui la rendront moins agréable à Dieu, et qui en diminueront notablement le mérite.

Je veux enfin vous découvrir un artifice secret de notre amour-propre, qui en mille

TS

d'un ambitieux qui se plaint de n'avoir pu

Obtenir un honneur, une dignité auxquels !

| il aspirait ; car il n’a garde d'attribuer son Chagrin à la vanité; il l'attribue à d’autres | | | motifs dont on sait bien qu'il se mettrait peu en peine en d’autres occasions. Ainsi le

| malade qui a tant decompassion pour ceux

que savez-vous si c’est parces moyens-là |

impatience, où, quand |

sera toujours accompagnée de beaucoup |

uste déplaisir de voir que sa maladie est le châtiment de ses péchés, ou qu'elle in- :

Commode et fatigue extrêémement ceux | | : Qui sont auprès de lui. Il en est de même |

T Le L]

Lg +.

en me

Page 1